Quand Tim Traber marche droit, c’est tout Ge/Servette qui va de l’avant

Hockey sur glace: play-off, demi-finale acte IIILe Canado-Suisse se révèle en play-off. Derrière ses airs de bad boy se cache un homme calme et un vrai joueur d’équipe.

Tim Traber, c’est une «gueule de voyou» qui cache bien un homme tranquille et un joueur qui se sacrifie pour le groupe.

Tim Traber, c’est une «gueule de voyou» qui cache bien un homme tranquille et un joueur qui se sacrifie pour le groupe. Image: Eric Lafargue

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On ne va pas se mentir, comme dirait un animateur aussi adulé que détesté du PAF, nous faisions partie des (très nombreux) sceptiques. Lors de l’annonce de l’engagement de Tim Traber, c’est plutôt ce sentiment qui prédominait dans le microcosme du hockey suisse. Une fois de plus, Chris McSorley avait déniché un jeune hockeyeur inconnu en Suisse, évoluant dans les ligues mineures ou juniors nord-américaines et possédant un passeport rouge à croix blanche, synonyme de sésame pour la ligue nationale. Incrédulité, même, lorsque la fiche du bonhomme apparaît après quelques clics sur Internet.

Une chose saute aux yeux: sur le papier (ou plutôt l’écran en l’occurrence), Tim Traber n’a rien d’un poète. Le joueur cumule davantage de bagarres que de points depuis le début de sa carrière! Fallait-il pour autant le condamner d’emblée? Il faut dire que ses premiers pas sur les glaces européennes ne sont pas totalement convaincants. A l’été 2014, il ne convainc pas entièrement Chris McSorley qui l’envoie parfois à Martigny pour lui donner du temps de jeu. Ce qui avait fonctionné avec Jeremy Wick pouvait-il se reproduire?

Très utile sur la glace

Il est encore un peu tôt pour répondre à cette question. Le profil des joueurs est totalement différent. Il est certain que Tim Traber ne sera jamais un artiste comme peut l’être parfois Jeremy Wick. Reste qu’après une saison presque blanche en raison d’une blessure à un genou, celui que les médias ont immédiatement placé dans la catégorie des bad boy est en train de démontrer qu’il peut être bien utile sur la glace.

Buteur décisif contre Fribourg – «son goal lors de l’acte III est de ceux qui font basculer une série», souligne Chris McSorley – Tim Traber joue un rôle prépondérant au sein de la quatrième ligne offensive. «J’ai beaucoup de respect pour Tim, dit le coach. C’est un joueur unique dans notre équipe. Il ressemble au joueur que j’étais. Il franchit les étapes au même rythme que je le faisais moi-même.»

Né au Canada de parents zurichois fraîchement expatriés, Tim Traber a prononcé ses premiers mots en allemand, une langue qu’il parle couramment. Comme beaucoup de gosse, il choisit le hockey. «Pas pour la bagarre, dit-il. Mais parce que j’aime ce sport d’équipe. J’aime être l’une des composantes d’un ensemble. C’est ça qui fait la force d’une équipe, la cohésion et la complémentarité.»

Au fil de sa carrière, ce grand costaud (1,88 m/92 kilos) qui n’a pas froid aux yeux est vite confiné dans le rôle du bagarreur. «En Amérique du Nord, c’est l’une des facettes incontournables du jeu, explique-t-il. On ne le fait pas par plaisir mais par nécessité, pour aider l’équipe. En venant en Suisse, je savais que je n’aurais pas le même rôle puisqu’il est interdit, ici, de laisser tomber les gants. Ou alors, vous allez directement aux vestiaires et cela pénalise votre équipe plus que cela ne l’aide.»

Depuis deux mois, le Canado-Suisse marche droit. Il essaie d’envoyer du lourd sans tomber dans l’excès. Samedi, à Lugano, de l’aveu même de ses coéquipiers, il a réalisé un très gros match. «Je ne veux pas penser à ma performance mais à celle du groupe. Je ne suis rien sans les autres.» Tout juste lâchera-t-il qu’il était «assez content de son match».

Ce n’est pas un voyou

Qu’on se le dise à travers la ligue, Tim Traber n’est pas un voyou. Derrière le masque impressionnant du gros dur – son visage façon Shane McGowan (le chanteur irlandais du groupe The Pogues) des grandes années est trompeur – se dévoile un garçon très attachant. «Je suis très calme en dehors de la glace, dit-il. J’aime flâner en ville avec mes coéquipiers ou visiter de temps à autre les jolis coins de la Suisse. Sinon, je m’occupe volontiers en jouant de la guitare. Du rock? Non, plutôt de la country, du folk. Je veux aussi dire aux fans qu’il ne faut pas avoir peur de venir vers moi! Ma réputation semble retenir les gens.»

Il connaît bien la musique le No 21 des Aigles. Et quand Maxim Lapierre fait son show, il lui répond avec son plus beau sourire édenté. A quoi bon filer une rouste à la peste luganaise? Il serait presque plus nuisible à son équipe lorsqu’il est sur la glace que sur le banc des pénalités… «Nous ne devons pas nous focaliser sur les artistes de Lugano, dit-il. Nous avons montré que si nous appliquons notre système avec rigueur, si nous ne négligeons aucun petit détail, nous serons difficiles à manœuvrer et à battre.»


Slater OK, Rod K.-O.

Deux charges, deux poids, deux mesures. Démesure de la sanction et démesure de l’injustice. Ge/Servette a vécu une journée contrastée ce lundi lors de l’annonce des sanctions infligée à deux de ses joueurs.

Premier cas: il concerne Jim Slater. Lors de l’acte I (mardi) des demi-finales, l’Américain a chargé Julien Vauclair contre la bande. Sur le coup, les arbitres ont estimé que le joueur genevois avait levé le coude, non pas à la santé du PSO (Personal Security Officer) Stéphane Auger, mais à la tête du malheureux Vauclair, commotionné après cette action. Le fautif a été renvoyé au vestiaire sans broncher. Mercredi, la Ligue annonce l’ouverture d’une procédure ordinaire et la suspension à titre provisionnel de Slater pour un match. Samedi à Lugano, il ne joue pas. Ce lundi, il est «blanchi» et n’est sanctionné d’aucune rencontre supplémentaire. Les images ne permettent pas d’inculper ou de disculper Slater. Du coup, s’il peut s’estimer heureux d’en rester à un match de suspension, il peut aussi estimer avoir été floué puisqu’il a été suspendu sans preuve…

Noah Rod, lui, a été moins épargné que Slater. Il a écopé d’une suspension globale de quatre matches. Il lui en reste trois à purger pour une charge à la tête d’Ulmer. Là encore, le manque de cohérence de la Ligue est flagrant. Les images sont claires: la charge n’est pas correcte, certes, mais le point d’impact premier n’est pas la tête mais bien les bras du Luganais qui voit arriver son adversaire… Rappelons que dans le cas de la charge de Julien Sprunger sur Rubin, c’est l’absence de preuve sur les images (d’un choc direct à la tête) qui avait incité le PSO à absoudre le Fribourgeois. Là, le Luganais n’est pas blessé. Il n’est pas touché directement à la tête. Mais le fautif est sanctionné. Deux poids, deux mesures? Même pas. Incompétence démesurée des décideurs? Sans doute. Le club a décidé de faire appel (sans effet suspensif). A suivre donc… G.SZ (TDG)

Créé: 21.03.2016, 19h29

La cote* de la «Tribune de Genève»

Ge/Servette: 55%

Lugano: 45%

* Sur l’issue de la série

Power-play

L’affiche Ge/Servette reçoit Lugano à 19h45 aux Vernets à l’occasion de l’acte III des demi-finales des play-off.

Equipe Retour annoncé de Damien Riat, absent depuis le 28 février et le match contre Fribourg-Gottéron. Malade samedi, Daniel Rubin revient aussi au jeu. Jeremy Wick va mieux mais n’entre pas (encore) en matière. Bays et Almond sont blessés. Juraj Simek, malade, est très incertain.

Surnuméraire Avec le retour de Jim Slater, quel étranger sera relégué en tribune? Un retour à la situation qui a prévalu depuis le début des play-off est probable: Tom Pyatt pourrait être surnuméraire.

Pettersson sur la touche Du côté de Lugano, Fredrik Pettersson est toujours annoncé blessé. Julien Vauclair (commotion) également.

Chaud l’ambiance Le club espère que le public répondra davantage présent que lors de l’acte I (6667 spectateurs pour une capacité maximale de 7135 places). Il reste d’ailleurs des places. Une animation dans l’ensemble de la patinoire est prévue avant le coup d’envoi. Ge/Servette enjoint les spectateurs à rejoindre leur siège à 19h30 pour suivre les instructions du speaker pour saluer l’entrée des Aigles. G.SZ

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