Une forte bise décoiffe le Bol d’or, mais Alinghi en profite pour battre Ladycat

VoileIl a beaucoup soufflé sur les 560 concurrents durant toute la journée. Le record de 1994 a tenu pour neuf minutes.

L'équipage d'Alinghi vainqueur du 79e Bol d'or Mirabaud: Arnaud Psarofaghis, Caroline Jonet, Yves Detrey, Joao Cabecadas, Nicolas Charbonnier, Pierre-Yves Jorand, Nils Frei.

L'équipage d'Alinghi vainqueur du 79e Bol d'or Mirabaud: Arnaud Psarofaghis, Caroline Jonet, Yves Detrey, Joao Cabecadas, Nicolas Charbonnier, Pierre-Yves Jorand, Nils Frei. Image: Jutzi/MaxComm

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Un bateau de la famille Bertarelli peut en cacher un autre. Alinghi et Ladycat se livrent depuis plusieurs années une lutte presque «fratricide» sur le lac. L’an dernier, le D35 de Dona Bertarelli et son équipage de pros chevronnés s’étaient imposés avec quatre minutes d’avance sur Alinghi, barré par Ernesto, le frère. Depuis, les choses ont évolué et chacun a suivi une route différente.

Ladycat a transformé son catamaran qui, du coup, sortait de la jauge monotype D35 pour lui apporter une meilleure efficacité dans les airs souvent légers du Léman. La forte bise qui s’est installée le matin de ce 79e Bol d’or Mirabaud a peut-être contrarié les grandes ambitions de Ladycat qui pouvait en cas de victoire (la 3e en 5 ans) remporter définitivement le Trophée comme ce fut le cas en 2001 pour Alinghi, ce qui sera toujours possible encore l’an prochain.

En l’absence d’Ernesto Bertarelli, scotché aux Bermudes pour observer les duels de l’America’s Cup entre Oracle et Team New Zealand, la barre a été confiée à Arnaud Psarofaghis, pur talent lémanique dont l’expérience s’est révélée payante puisque Alinghi a marqué la course de son empreinte en tenant tête à son grand rival arrivé avec 1’34 de retard, laissant aussi à 8’23 le GC32 à foils Realteam (Jérôme Clerc), revenu à grande vitesse lors de la descente entre le milieu du lac et Genève. Arnaud Psarofaghis, Yves Detrey, Nils Frei, Caroline Jonet, Pierre-Yves Jorand et Nicolas Charbonnier et Joao Cabecadas ont réussi une performance remarquable dans des conditions parfois difficiles.

Jorand recordman du Bol

La deuxième victoire d’Alinghi dans le Bol d’or Mirabaud depuis 2013 en D35 porte à sept le nombre total de succès du team genevois en vingt ans. Ernesto Bertarelli absent, Pierre-Yves Jorand est le seul navigateur d’Alinghi à égaler le record de victoires détenu par Philippe Stern et Philippe Dürr depuis 1992.

«La force de notre équipe se résume à une multitude de petites choses, souligne Jorand. On s’appuie sur de fortes individualités qui ont du plaisir à naviguer ensemble pendant près de cent jours par année. Ce succès durement acquis nous fait du bien après la déception de la Genève-Rolle où nous perdons la course pour 30 centimètres derrière Swisscom. On a eu Ernesto au téléphone après l’arrivée. On lui dédie ce trophée car c’est lui qui est à la base de ce beau projet. Il n’aurait pas fallu dix kilomètres de plus car Ladycat et Realteam arrivaient très fort derrière nous. On a eu la confirmation que le D35 demeure un bateau extraordinaire dans les conditions parfois extrêmes du lac.»

Avaries et abandons

Yves Detrey, autre équipier «historique» du bateau vainqueur, est hilare en sirotant son demi de bière sur le ponton de la Nautique. «A la sortie de la barge du Bouveret où nous avons viré juste derrière Ladycat, nous avons pris tout de suite la tête sans jamais la quitter. Je suis hypercontent, car on a fait une course parfaite, sans tomber dans un piège. Bien sûr, poursuit le Vaudois, il y a toujours une part de réussite dans le Bol. C’était notre année. On n’a pas paniqué en étant derrière dans la montée. Je crois qu’on a appris de nos erreurs passées. Ladycat allait un peu plus vite au portant, mais ne naviguait pas sur le même mode que nous. C’était chaud jusqu’au bout»

A l’arrière, de nombreuses avaries ont ponctué la course: deux collisions entre des monocoques, des M2 en perdition victimes des rafales de vent, et de nombreux abandons tout au long d’une journée mémorable, et aussi festive jusque dans les derniers recoins de la Société nautique. (TDG)

Créé: 18.06.2017, 17h13

Arnaud Psarofaghis: un homme comblé

Qu’est-ce qui a fait la force d’Alinghi dans ce Bol d’or face à vos principaux adversaires Ladycat-Spindrift, Safram et tous les D35?

Notre victoire, la deuxième en D35 après celle de 2011, est le fruit d’un travail d’équipe de longue haleine. La communication fonctionne à merveille à bord. Je tiens aussi à féliciter tous les préparateurs du bateau qui, parfois dans l’ombre des navigateurs, contribuent au succès d’Alinghi depuis des années. Durant la course, nous avons fait du bon boulot de contrôle et de navigation durant une régate très rapide qui pouvait vite nous valoir des déceptions en cas d’erreurs dans le choix de nos options, notamment dans les transitions dans le Haut-Lac.

A quel moment s’est vraiment jouée la course et votre duel serré avec Ladycat-Spindrift, de Dona Bertarelli, et Yann Guichard?

Il y a eu plusieurs moments importants durant ces cinq heures de navigation, mais c’est au retour à l’entrée du Petit-Lac que nous avons choisi de rester assez haut pour passer la pointe sans avoir besoin d’empanner, ce qui n’a pas été le cas de Ladycat. On savait à ce moment que nous étions très proches du record, mais finalement on était un peu juste. Avec notre GC32, déjà à Madère pour les prochaines régates du championnat, je crois que nous aurions pu finir encore plus vite en vent arrière avec nos foils.

Ernesto Bertarelli, resté aux Bermudes pour la Coupe de l’America, vous a confié la barre du D35. Vous ne l’avez pas déçu…

Je le remercie de m’avoir fait confiance pour ce Bol d’or. C’était une grande responsabilité pour moi de barrer durant toute la régate. J’ai pu m’appuyer sur des équipiers extraordinaires. A la sortie du Bouveret, on a positionné le catamaran pour aller vite et grâce notamment à Nicolas Charbonnier, notre tacticien, toutes les options se sont révélées payantes. P.N.

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