«Zurich sait d’où il vient, personne ne va s’emballer»

FootballLudovic Magnin est à la tête de l’équipe actuellement la plus performante du pays. Il attend Servette de pied ferme dimanche.

Le FC Zurich de Ludovic Magnin brille cet automne. Mais après avoir vécu l’enfer, le Vaudois se méfie du paradis...

Le FC Zurich de Ludovic Magnin brille cet automne. Mais après avoir vécu l’enfer, le Vaudois se méfie du paradis... Image: Keystone

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Éloge de la patience. Le tumulte de la tempête s’est dissipé, il reste en mémoire le bruit sourd des grandes eaux, mais les flots n’ont pas tout emporté. Ludovic Magnin est plus que jamais à la tête de ce FC Zurich qui a sauvé sa peau à la dernière journée la saison passée, ce FCZ qui a commencé l’exercice 2019-2020 dans la douleur (cinq matches, deux points). Pour avoir vécu l’enfer, le Vaudois se méfie du paradis, il sait surtout à qui il le doit.

Si Zurich est cet automne la meilleure équipe du pays, c’est parce qu’Ancillo Canepa a gardé son sang-froid, sans céder à la panique. À quoi tient le succès, une réputation, un parcours? À ces décisions-là, peut-être. Servette vient taper dimanche à la porte d’un Zurich en pleine santé, qui reste sur cinq succès de suite. Une métamorphose saisissante que Magnin analyse et explique depuis sa voiture, avant l’entraînement matinal.

Ludovic, pourquoi parler comme ça, depuis la voiture, en allant à l’entraînement?

Parce que ma voiture, c’est un peu mon bureau. J’aime bien, j’ai le temps, presque 45 minutes avec les embouteillages du matin. Je peux penser à l’équipe, c’est sans doute en voiture que j’ai eu mes meilleures idées tactiques (rires). J’en profite aussi pour répondre aux questions de ceux qui s’intéressent à moi.

Justement: comment va-t-il, ce Ludovic Magnin qui enfile désormais les victoires comme des perles avec un Zurich qui cartonne enfin?

Je vais bien, merci. Cela confirme que le travail paie. Qu’il ne faut pas s’affoler dans les moments compliqués. J’ai la chance de collaborer avec une direction qui a su garder sa ligne, sans s’affoler parce que les résultats ne suivaient pas. Alors que tout le monde demandait ma tête, puisque c’est la mode dans le foot, la direction m’a toujours rassuré, je ne me suis jamais senti menacé. Le président Canepa a même dit la saison passée qu’il était prêt à continuer avec moi en Challenge League. Une déclaration forte. Les moments difficiles sont ingérables si tu n’as pas la confiance du club et du vestiaire.

Comment avez-vous vécu ces périodes de tempête, personnellement?

Je n’ai pas perdu les pédales. J’ai reçu des coups, oui, mais je n’ai pas changé de cap. Notre ligne, c’était d’intégrer nos meilleurs jeunes. Il ne fallait pas les juger après huit ou dix semaines, cela prend du temps. J’ai vécu beaucoup de choses en deux ans. En reprenant la première de Zurich, j’arrivais avec mes conceptions romantiques de formateur, un peu idéaliste, pour prôner le beau foot. Après, il y a la réalité et il faut s’y confronter, évoluer. Entre l’idée de possession et l’importance de verticaliser rapidement le jeu, il fallait trouver le bon équilibre.

Quel a été le déclic qui fait du Zurich d’aujourd’hui cette équipe qui gagne, alors que tout était si compliqué en début de saison et même avant?

Le succès ne vient pas de nulle part, comme on dit. Alors les défaites non plus. Il n’y a pas eu de grosse erreur. Mais plusieurs petites, sûrement, qui font que l’équipe à un moment a perdu ses repères ou une forme de hiérarchie, avec plusieurs changements dans le contingent. Rien n’est simple. Le déclic? Il fallait que tout se mette en place. J’ai aussi pu m’appuyer sur deux hommes essentiels: Alphonse Higl et Christian Kolodziej, mon adjoint et mon préparateur physique. Deux personnes que je connais de Stuttgart, qui apportent une solide expérience de Bundesliga. Mes deux meilleurs transferts de l’été, comme je dis souvent.

Zurich semble inarrêtable, même pour ce Servette qui a su faire tomber YB et Bâle…

Zurich sait d’où il vient, personne ne va s’emballer, surtout pas moi. Je laisse cette euphorie à ceux qui suivent le club, les supporters, qui l’ont bien mérité pour avoir su nous soutenir dans les pires moments, en fin de saison passée. Je sais que j’ai fait des erreurs, que j’en ferai encore, j’essaie de les minimiser, c’est tout. Après, Servette… C’est une équipe technique, qui ressemble à Zurich. J’ai pris note de la suspension de Wüthrich, bien sûr que nous avons un plan de jeu. Mais je ne tiens pas à en parler ici, ce serait trop simple pour les Grenat. Chacun ses soucis. Moi, je dois me priver de Kramer et de Tosin par exemple, eux aussi suspendus.

Mais face à ce Servette qui vient de perdre à Lugano, Zurich est le grand favori à domicile, non?

La défaite à Lugano, oui… J’ai entendu çà et là que certains Servettiens se sont plaints du terrain gorgé d’eau, à la limite du praticable. Ça me fait rire. Parce que lors des victoires contre YB ou Bâle, personne ne relevait l’état de la pelouse du Stade de Genève. Pour le reste, on verra dimanche. Servette est une belle équipe, très forte pour un néo-promu. Les Grenat aiment jouer. Nous aussi. Ce sera un beau match.

Ludovic, vous êtes à Zurich, le club de Köbi Kuhn, qui vient de nous quitter. On ne vous a pas entendu évoquer vos pensées sur sa disparition…

Je n’en ai pas parlé parce que cela relève de la sphère privée. Je trouve même désolante la manière dont certains se sont immédiatement profilés pour évoquer sa mémoire. Passons. Je pense à lui souvent. Je parle avec lui dans mon cœur, je n’ai pas besoin d’en faire étalage.


Servette avec deux attaquants au Letzigrund

Nécessité fait loi. Avec Sébastien Wüthrich qui manque à l’appel (suspendu), Alain Geiger s’est creusé les méninges. Le seul profil qui ressemble trait pour trait au No10 habituel est le jeune Azevedo (pas encore 18ans). La pépite intégrera définitivement la première équipe en janvier, pas de raison de prendre des risques avant. Alors?

Alors Servette s’en va à Zurich pour y évoluer avec deux attaquants. Simple. L’un de ces deux-là pourrait être Schalk. Le Néerlandais avait lutté pour gagner sa place de titulaire, il avait saisi sa chance, mais s’était assis ensuite en tribune durant deux matches, suspendu, après son match et son but à Tourbillon, mis à l’index pour un problème majeur. «Une bêtise», regrette-t-il encore. Qui l’oblige à regagner la confiance de Geiger.

«C’est le jeu, j’avais saisi ma chance, d’autres l’ont fait après mon geste que je regrette, explique-t-il. C’est la concurrence. Je dois à nouveau me battre.» Servette devrait s’aligner dans une sorte de 4-4-2, sans doute un peu à plat au début, mais qui peut évoluer en losange si nécessaire. «Nous devrons nous montrer plus combatifs qu’à Lugano», avertit déjà Schalk. Intensité, le mot est à la mode. Il se conjugue depuis quelques semaines avec un jeu volontairement plus vertical pour les Grenat. Qui acceptent de prendre le risque de perdre plus tôt le ballon: pour le récupérer plus haut dans le camp adverse et aussi pour plus peser sur la défense.

«C’est pour cela que l’intensité est importante, explique Schalk. Le faire contre Bâle ou YB, c’est bien. Mais nous devons aussi apprendre à peser contre des équipes plus compactes et sur la durée, pas par intermittence.» D.V.

Créé: 06.12.2019, 21h25

Zurich – Servette, dimanche, 16h

Les absents Servette est privé de Wüthrich, suspendu, ainsi que de Gonçalves et Sauthier, blessés. Zurich devra composer sans Kramer et Tosin, suspendus.

Le contexte Zurich, quatrième, est en pleine forme et reste sur une impressionnante série de cinq succès consécutifs; c’est la meilleure équipe du moment en Super League. Servette, cinquième, avait entamé une belle série lui aussi en battant YB, Lucerne et Bâle, mais a chuté à Lugano dimanche passé, battu 1-0. Six points séparent les deux équipes au classement, les Grenat ne veulent pas se laisser distancer plus encore.

Le mot de Geiger «Méfions-nous de l’apport des latéraux zurichois, avec Pa Modou et Rüegg. Soyons prêts à nous battre, dans l’intensité physique, sur chaque ballon. Les équipes qui sont devant nous au classement le font mieux que nous. Notre objectif sera de contenir leurs assauts, sans oublier de porter le danger dans leur camp. Nous jouerons avec deux attaquants, en l’absence de Wüthrich, cela nous aidera pour porter le danger devant. Après, il faudra se montrer efficace devant la cage adverse.»

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