«À Thoune, on a les qualités pour soulever la Coupe»

FootballAncien joueur du Servette FC, Miguel Rodrigues est titulaire dans l’Oberland. Avant la finale de la Coupe, le défenseur y croit.

Miguel Rodrigues, parti tenter sa chance à Thoune voici deux ans, s’épanouit dans l’Oberland.

Miguel Rodrigues, parti tenter sa chance à Thoune voici deux ans, s’épanouit dans l’Oberland. Image: Keystone

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Au FC Bâle depuis 2016 déjà après une seule saison passée à Zurich, qu’il avait rejoint suite à son départ de Servette, Kevin Bua ne sera pas le seul Genevois à espérer soulever la Coupe de Suisse dimanche à Berne (coup d’envoi à 14 h). Parmi les Romands qui composent l’effectif du FC Thoune, l’autre finaliste, on retrouvera Miguel Rodrigues, parti tenter sa chance dans l’Oberland voici deux ans, après avoir porté jusque-là la tunique grenat.

À 22 ans, l’ancien défenseur de la Praille, qui s’est imposé depuis comme un titulaire indiscutable en Super League, ne regrette pas un choix qui avait fait grincer quelques dents à l’époque.

L’intéressé s’en explique: «J’étais heureux à Genève, mais quand Thoune m’a offert la chance de jouer en Super League, je n’ai pas hésité. Ses dirigeants, le directeur sportif (ndlr: Andres Gerber) et l’entraîneur (ndlr: Marc Schneider) m’ont fait sentir que j’étais important dans leur projet. Je savais que j’avais les qualités pour m’imposer. À Servette, je ne sentais pas trop la confiance de M. Kodro, le coach en place à l’époque. Je voyais davantage mon avenir à Thoune.»

Un nouveau statut

Après une première saison quasi blanche gâchée par un genou à problèmes (lire encadré), le No 4 de la Stockhorn Arena a désormais changé de dimension. «J’ai acquis un nouveau statut. À Genève, on m’avait catalogué. J’étais le gars qui avait du talent mais qui peinait à s’imposer. Tandis que là… Personne ne vient à Thoune pour l’argent mais pour progresser. En cela, c’est le club idéal.»

Invité surprise après avoir déjoué les pronostics en demi-finale (victoire 1-0 à Lucerne), Thoune disputera seulement la deuxième finale de son histoire, soixante-quatre ans après la première, perdue 3-1 contre le grand FC La Chaux-de-Fonds. «Pour le club, reprend Rodrigues, c’est quelque chose d’historique. Cela récompense aussi la philosophie et les valeurs que Thoune dégage.»

Ces dernières semaines, la préparation de la finale elle-même a quelque peu été perturbée par les soucis rencontrés en championnat. «Compte tenu de notre mauvaise passe prolongée, cela n’était pas évident à gérer. On était à la fois proche de l’Europe et de la place de barragiste. On en a beaucoup parlé entre nous, personne n’a paniqué non plus. Lutter, c’est dans notre ADN. On en a l’habitude. On pratique un football de combat et de sacrifices. Il ne faut pas penser à ta gueule. Tout le monde défend et tout le monde attaque…»

Ce n’est d’ailleurs que depuis samedi passé, et le succès fêté à domicile contre Lugano (1-0) assurant le maintien, que Thoune a vraiment pu se projeter sur son rendez-vous du 19 mai. «On savoure plus maintenant que l’on se sait hors de danger.»

Contre Bâle, qui peut encore sauver sa saison en soulevant une treizième Coupe de Suisse, les coéquipiers de Rodrigues ne partiront bien sûr pas favoris. Et alors? «On sera l’outsider comme on l’a toujours été cette saison. Ce que l’on doit faire, on l’a déjà réalisé en battant Bâle en championnat (ndlr: 4-2 le 10 novembre)… Nous en tout cas, on y croit à fond. Les qualités pour soulever la Coupe, on les a. Après, c’est dans la tête, au niveau mental, que cela va se jouer aussi.»

Et c’est bien cette étrange force tranquille émanant du «petit» FC Thoune que le riche FC Bâle doit sans doute le plus craindre. Afin de mettre tous les atouts de son côté, Marcel Koller, le coach du Parc Saint-Jacques, a d’ailleurs largement fait tourner son effectif cette semaine en championnat, en alignant une équipe «B» mercredi contre Lucerne pour laisser neuf titulaires au repos.

Toute sa famille à Berne

Pour le Genevois Rodrigues, qui s’est engagé jusqu’en juin 2021 – l’option pour une saison supplémentaire vient d’être levée – le rendez-vous final du Stade de Suisse représentera déjà une apothéose, qu’il vivra devant toute sa famille réunie et sa compagne, Kelly. «J’ai acheté tous les billets que je pouvais, rigole-t-il. Dimanche, toute la ville de Thoune va se vider pour venir nous soutenir. Même des fans d’YB seront présents pour nous encourager.»

Pour l’ancien joueur du SFC, seul l’apprentissage du dialecte local, l’imprononçable Bärndütsch, freine encore sa totale intégration. «Il y a quand même des limites à la compréhension. Je préfère le langage du foot!»

Créé: 16.05.2019, 19h56

Privé de football durant 873 jours

Où en serait Rodrigues si les blessures n’avaient pas trop régulièrement freiné sa progression? Sans être fragile, le défenseur genevois a multiplié les coups d’arrêt dans son début de carrière. En août 2014 déjà, une première déchirure des ligaments croisés du genou dans un match à Chiasso l’avait éloigné des pelouses pendant près d’une année. À peine Miguel était-il de retour que son satané genou gauche l’avait à nouveau «lâché» pour une nouvelle absence de 348 jours. Mais l’homme n’en avait pas fini avec ses galères. Dès son arrivée à Thoune, en juillet 2017, le voici qui devait se blesser à nouveau au même endroit. Sa première saison dans l’Oberland se limitera à vingt-sept minutes jouées contre GC, au printemps 2018. Depuis, son articulation ne le fait plus souffrir du tout. Miguel Rodrigues touche du bois. «Aujourd’hui, dit-il, j’ai oublié mon genou. Dans ma tête, je n’y pense plus, je joue libéré.» Afin de rattraper le temps perdu, un total de 873 jours d’indisponibilité l’ayant empêché d’exercer son métier de footballeur. N.JR

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