Des talents genevois saisissent l’opportunité offerte par Team Vaud

FootballL’équipe réserve du Lausanne-Sport a accueilli plusieurs joueurs du bout du lac à la recherche d’une nouvelle chance.

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Elias Pasche a 21 ans et vit à Chancy, à l’extrême limite du canton de Genève. Son parcours de footballeur? Onex, puis Lancy à sa majorité. Ses performances en juniors A Inter lui ont ouvert les portes de la première équipe lancéenne, en 1re ligue. Une adolescence à écumer les terrains genevois. Le maillot qu’il porte aujourd’hui? Celui du Lausanne-Sport. Ou plutôt de sa réserve, le Team Vaud M21, également en 1re ligue. L’attaquant du bout du lac a en effet intégré cet été l’académie lausannoise.

Anomalie? Peut-être. Sauf que Pasche complète une liste qui s’allonge depuis plus de deux ans. Les précurseurs ont été Sinclair Baddy Dega (qui appartient au contingent de la première équipe du LS), Loris Mettler (désormais à Étoile Carouge) et Giancarlo Negro (aujourd’hui à Lancy), tous trois dégottés en 2017. Cette saison, Ivann Strohbach (19 ans, prêté par Servette) et donc Elias Pasche leur ont succédé. La question peut se poser: Lausanne prospecte-t-il plus loin que la Versoix?

L’étau se resserre

«Non, ce sont des recrutements qui se font naturellement, au cas par cas», répond Thierry Cotting. Le Genevois, qui a notamment entraîné Carouge avant de prendre en charge l’académie servettienne entre 2011 et 2014 puis entre 2015 et 2017, dirige la formation de Team Vaud depuis près d’un an et demi. Le poste était occupé par Marc Hottiger lors de l’arrivée de la première vague venue de la Cité de Calvin. Mais concernant Strohbach et Pasche, Cotting a fait jouer ses réseaux. «Cet été, nous avons dû nous séparer de plusieurs éléments. En M21, l’étau se resserre, il faut des joueurs capables de passer ce palier. Du coup, nous cherchions deux attaquants. Nous avons donc pris Elias Pasche, que je connaissais bien.»

À ce niveau-là, en 1re ligue, il faut voir un peu plus loin que son propre canton. Surtout quand des talents que vous formez vous échappent. Lausanne a ainsi perdu le défenseur Bryan Okoh (16 ans), parti au Red Bull Salzbourg. Il a fallu le remplacer, d’où la piste Strohbach, dont l’avenir à Servette commençait à être bouché. «Nous avions besoin d’un profil comme celui d’Ivann, détaille Cotting. Nous pouvions ainsi lui proposer un projet intéressant, lui permettant de continuer sa formation.»

Une vitrine pour le joueur

L’intérêt est double. Pour Team Vaud, comme pour le joueur. Le cas par cas prévaut là aussi, mais chacun y trouve son compte. Pasche, qui se distingue par un parcours atypique, a saisi une belle opportunité: «Pour moi qui n’avais jamais été dans un centre de formation, c’était la possibilité de grimper un échelon, plaide-t-il. Le Team Vaud m’a ouvert une porte en me proposant cette nouvelle expérience.» À la clé, un contrat d’un an, avec la possibilité de prolonger une année en cas de bonne saison. «Je suis clair avec eux: en les prenant, nous leur offrons l’opportunité de démontrer leurs qualités pour aller chercher un futur contrat, confirme Cotting tout en leur mettant à disposition une structure professionnelle.»

Les autres cas sont particuliers. Mettler, Negro ou Strohbach ont vu leur avenir à Servette s’assombrir. Lausanne représente une deuxième chance. «Des fois, le timing n’est simplement pas le bon, explique Cotting, qui a connu les deux premiers au SFC, avant de superviser le troisième au LS. Et les jeunes ont beaucoup d’ambition. S’ils sentent que c’est bouché, ils doivent trouver une solution. En Suisse romande, le choix d’équipes M21 est restreint: Servette évolue en 2e ligue inter, Lausanne en 1re ligue et Sion en Promotion League. Alors ils sont aussi contraints de voir plus loin que leur région.»

Et il y a parfois du bon à aller voir ailleurs. «Personnellement, quand je suis arrivé à Lausanne, je me suis senti bien plus valorisé qu’à Servette à l’époque, confie Giancarlo Negro, qui avait disputé la Youth League en Grenat sans jamais atteindre l’équipe fanion. Le niveau d’entraînement et de suivi n’avait rien à voir.» Mais après deux ans à la Pontaise, il n’a pas non plus pu atteindre la première équipe. À 22 ans, il est revenu près de chez lui, à Lancy. Comme Mettler à Carouge. Seul Baddy Dega a eu droit à quelques minutes en Challenge League l’an dernier. Signe peut-être que Lausanne n’est pas la panacée pour autant. Un simple moyen de s’accrocher au rêve?

Créé: 08.11.2019, 16h31

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