Pour le Servette de Kodro, plus ambitieux que jamais, c’est déjà l’heure de vérité

FootballDébut de la nouvelle saison ce samedi au Stade de Genève (19 h). Les Grenat, qui visent la promotion, attendent Chiasso. Faux départ interdit.

Meho Kodro a réuni ses onze titulaires autour de lui à la Praille, ce vendredi. Dernières consignes avant la reprise.

Meho Kodro a réuni ses onze titulaires autour de lui à la Praille, ce vendredi. Dernières consignes avant la reprise. Image: ERIC LAFARGUE

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Bien sûr, le championnat est long, c’est une course de fond qui s’inscrit moins dans la fulgurance que dans l’endurance. Bien sûr, il y aura encore beaucoup de matches après cette confrontation qui ouvre la saison ce samedi soir. Mais par expérience – la désastreuse entame il y a un an… – Servette sait bien qu’il n’a pas le droit à l’erreur contre Chiasso, au Stade de Genève, dès 19 heures.

Ce Servette qui vise la promotion n’a pas de temps à perdre, il lui faut prendre les bonnes habitudes dès le début, imprimer le bon rythme dès les premières notes. C’est donc déjà l’heure de vérité.

Meho Kodro en patron

Pour l’entraîneur des Grenat, cette saison est évidemment capitale. Il est arrivé en janvier pour remplacer Braizat et, dans la foulée, avec des Servettiens en état de grâce, il a aligné sept succès consécutifs. Avant une baisse de régime qui ne l’a jamais inquiété. Il savait pourquoi il était là: préparer durant ces cinq mois le Servette qui doit jouer aujourd’hui les premiers rôles. Kodro avait surtout hérité d’une équipe qu’il n’avait pas façonnée.

Cette fois, c’est autre chose. Il a mis sur pied la phase de préparation, il a construit un groupe et fait venir les joueurs qu’il voulait. C’est Kodro qui a fait de Wüthrich une priorité, idem pour Lang. C’est lui qui, après avoir déjà enrôlé le Colombien Fabry, a courtisé l’international slovène Dalibor Stevanovic. C’est toujours lui qui a donné son feu vert pour Willie ou Sarr. C’est enfin lui qui ne comptait plus sur Delley ou sur Pont, notamment.

Autrement dit: pas d’excuse, Kodro est en pleine responsabilité du groupe et connaît les objectifs à atteindre. Le départ de Nsame à YB le prive bien sûr du meilleur buteur de la ligue, mais en ex-joueur professionnel, Kodro devait bien se douter depuis plusieurs semaines de l’épilogue.

«Je suis conscient de mes responsabilités, je les assume, assure Meho Kodro. Je préfère cette saison qui commence à celle que nous avons terminée, où il n’y avait finalement que peu d’enjeu. L’équipe est prête. On peut toujours s’améliorer, mais elle est prête pour les échéances qui nous attendent.»

Une pression positive

C’est bien. Parce que Servette devra aussi s’accommoder, comme Kodro, de la petite dose de pression qui accompagne les ambitions. Vouloir la promotion, c’est logique, les Grenat ont raison de se fixer le seul objectif souhaitable. La Super League pour horizon, c’est autant une volonté sportive logique en vue des moyens, qu’une nécessité absolue pour la vie du club, qui pourrait alors garder plusieurs de ses meilleurs jeunes.

«La pression ne me fait pas peur, lance Kodro. Si on la canalise bien, c’est une énergie positive. La force de Servette, cette saison, ce sera l’équipe, le groupe. Les faiblesses? Personne n’est parfait, mais s’il devait exister des points faibles, je ne voudrais pas les relever…»

Marquer sans Nsame

Ce point faible, c’est peut-être la finition, maintenant que le buteur providentiel est à YB. Jean-Pierre Nsame, c’était 23 buts en dix mois seulement. C’est ce grand vide qu’il va falloir combler. Servette se cherche activement une nouvelle perle rare, il en a les moyens financiers avec les premiers deniers du transfert. Mais en attendant, Kodro a travaillé sur d’autres schémas.

«Oui, sans Jean-Pierre devant, c’est forcément différent, explique le technicien. Avant, Servette ne dépendait que d’un seul joueur pour marquer ses buts. C’est appréciable, mais c’est toujours un peu dangereux. Personnellement, je préfère voir toutes ces réussites réparties sur deux ou trois joueurs, en impliquant les milieux de terrain, les latéraux, en mesurant les équilibres.»

Il faut voir comment cette mayonnaise-là prendra. Comment les Grenat s’y prendront pour débloquer des situations complexes dans les trente derniers mètres, sans Nsame en point d’ancrage. Avec une défense qui devra être intraitable tout le long de la saison, c’est de cette efficacité offensive que dépend le succès.


Steven Lang: être efficace, quel que soit le schéma

A Schaffhouse, lors de la deuxième phase du championnat, il avait cartonné, enquillant les buts avec insouciance. Steven Lang est désormais à Servette et la logique voudrait qu’il soit le successeur tout désigné de Nsame. Sauf que bien des choses sont différentes.

Le 4-4-2 de Murat Yakin laissait Lang seul devant avec Demeshaj. Le 4-2-3-1 de Kodro l’exile sur le côté gauche, avec un travail défensif à assumer.

«C’est un autre système de jeu, oui, sourit-il. A moi de m’adapter. Je suis désormais plus excentré, donc moins prêt du but adverse, mais peu importe: je dois tout de même être décisif, même si ce n’est plus vraiment le même rôle qui m’attend.»

Les regards qui se tournent vers lui, cette petite pression qui doit un peu peser sur ses épaules? «Servette joue encore mieux au ballon que Schaffhouse, assure-t-il. Je suis là pour cela. Quant à la pression, je suis le premier à être exigeant avec moi-même. Je suis là pour montrer de quoi je suis capable.»

Et sans idée de revanche par rapport à son premier passage au Servette FC, il y a quatre ans. «Il y avait d’autres soucis qui existaient dans le club, à l’époque, rappelle-t-il. Et puis la deuxième partie de saison, j’avais un début de pubalgie. Mais maintenant, tout va bien. Nous sommes tous impatients de jouer ce premier match.»

Lang sur le côté gauche, Vitkieviez à droite, Wüthrich en No 10 au milieu, juste derrière Alphonse: c’est l’association de ces quatre joueurs offensifs qui doit faire oublier Nsame. Pas de grands gabarits, des joueurs mobiles, rapides. «J’ai voulu des joueurs vifs, capables de prendre des espaces, intelligents dans le jeu et polyvalents aussi», précise Meho Kodro.

Avec un Servette qui aura souvent la possession du ballon, il faudra que les Grenat retrouvent la fraîcheur des premières transitions de l’ère Kodro, quand ils alignaient les succès sans sourciller. D.V. (TDG)

Créé: 21.07.2017, 22h54

Dribbles

Le match Servette - Chiasso, ce samedi au Stade de Genève, coup d’envoi à 19 heures.

Les absents Servette fera sans Stevanovic et Hasanovic, blessés. Chiasso composera sans Delli Cari, suspendu.

Le contexte Premier match de la saison. Servette doit immédiatement inscrire ses ambitions de promotion dans les faits, sur le terrain. Chiasso, de son côté, est encore sous enquête de la SFL pour la saison passée (salaires de juin impayés pour plusieurs joueurs). Les soucis financiers guettent toujours les Tessinois, qui ont un budget de 1,5 million (5 pour Servette). De plus, Chiasso a fait peau neuve avec des jeunes pas «chers»: 16 arrivées pour 18 départs.

Vaincre le signe indien
La saison passée, bien que supérieur dans tous les secteurs de jeu, Servette n’a jamais battu Chiasso: quatre matches, quatre nuls.

Le dernier entraînement C’est à la Praille que les Servettiens ont effectué leur dernier entraînement avant la reprise. Meho Kodro a regroupé les onze titulaires pour leur parler, avant une petite opposition tactique. Accent mis sur le placement du collectif et sur la transition défense-attaque rapide.

La piste Bosetti?
En stand-by depuis un moment, la piste Bosetti semble s’éteindre. Le départ de Nsame ne favorisera a priori pas une reprise des négociations avec le Niçois. «Je ne pense pas», a confirmé le président Fischer.

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