Si Servette gagne «à la française», Alain Geiger n’est pas Didier Deschamps

FootballLes Genevois se sont imposés avec une possession de balle inférieure à celle d’Aarau. Le coach des Grenat explique la raison.

«Dominer n’est pas gagner». Cela s’est vérifié pour le Servette d’Alain Geiger, à Aarau, comme pour l’équipe de France de Didier Deschamps lors de la finale de la Coupe du monde.

«Dominer n’est pas gagner». Cela s’est vérifié pour le Servette d’Alain Geiger, à Aarau, comme pour l’équipe de France de Didier Deschamps lors de la finale de la Coupe du monde. Image: KEYSTONE

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Il n’a pas changé. Ou si peu. Pas suffisamment, dans tous les cas, pour qu’on le confonde physiquement avec le sélectionneur de l’équipe de France. Même s’il y a d’autres similitudes, Alain Geiger, lui aussi ancien capitaine et international, ne comprend pas la comparaison avec Didier Deschamps. À commencer pour ce qui concerne la tactique de son équipe…

Il n’empêche, samedi dernier à Aarau, l’adage «dominer n’est pas gagner» s’est encore vérifié. Comme ce fut souvent le cas en Russie. Repartis du Brügglifeld avec un succès précieux, les Genevois ont su amadouer Dame Chance. Comme les Français en finale. «Mais nous, on n’est pas champion du monde!» se marre un coach du Servette FC qui, plutôt que de parler de réussite, préfère mettre en avant la belle attitude de ses hommes, exemplaires d’abnégation.

«Lors d’une Coupe du monde où les matches sont rapprochés, cette tactique est compréhensible, remarque l’entraîneur valaisan. Mais en championnat, c’est différent. Ce n’est pas une vérité. Inutile, après une seule rencontre, de tirer des conclusions sur le fait qu’on avait ou pas la conservation du ballon. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment l’équipe se comporte quand l’adversaire domine et quelles sont les opportunités en contre. À la maison, ce sera le contraire.»

Et Alain Geiger de relever qu’avant d’inscrire le premier but en Argovie, Servette avait aussi monopolisé le cuir. «On a effectué douze passes plus efficaces que celles de notre adversaire, se souvient-il. On les a davantage perturbés qu’ils ne nous ont gênés, avant qu’Aarau, une fois mené, soit contraint de prendre le jeu à son compte. Il faut être fort avec ou sans ballon.»

C’est aussi un discours qu’a souvent tenu le sélectionneur de l’équipe de France. Comme Alain Geiger, Didier Deschamps est proche de ses hommes et favorise constamment le dialogue. «Chacun sa philosophie de jeu, poursuit l’entraîneur grenat. La mienne est de privilégier le ballon. Ce que j’aime, c’est une transition rapide vers l’attaque dès la récupération. Mais je suis toutefois conscient qu’on ne peut pas toujours le faire. J’ai aussi dirigé des formations, comme NE Xamax par exemple, qui luttaient contre la relégation. Maintenant, avec ce championnat à dix, où tu joues quatre tours, c’est parfois compliqué.»

Une philosophie à défendre

Durant sa belle carrière, l’ancien capitaine de l’équipe de Suisse et de Grasshopper a beaucoup apprécié jouer sous les ordres de Roy Hodgson et Christian Gross. «Je me suis beaucoup inspiré de ces deux grands hommes, mais aussi, dans un autre style, de Gilbert Gress ou de Peter Pazmandy.» A Genève, celui qui a remporté la Coupe de Suisse (1984) et le titre (1985) avec les Grenat va gentiment poser sa griffe. «Je n’ai pas envie de copier-coller le système appliqué l’an passé, renchérit-il. J’ai l’avantage de connaître l’histoire de Servette pour y avoir joué durant six ans (139 matches de 1981 à 1986). Je vais exploiter au maximum le groupe à disposition, en défendant la philosophie du club, en présentant du beau jeu.» Comme ce fut le cas d’ailleurs à Aarau…

«Certains de ceux qui ont vu le match ont même prétendu que c’était mieux que de la Super League», assure Alain Geiger, conscient que sa formation n’est pas très loin de l’élite du pays. «On pratique le même sport, sourit-il. Dans un championnat à 16 ou 18 équipes on aurait terminé à la 13e place l’an passé!»

Un autre match à Chiasso

À Chiasso, contre une équipe prétendue moins forte sur le papier, les Servettiens s’attendent forcément à un autre match. «C’est intéressant de s’imposer à l’extérieur avant d’aborder le deuxième adversaire, se réjouit le boss. C’est comme si on avait mis de la crème sur le gâteau avant d’y ajouter la cerise. Cela rassure tout le monde, autant la direction que l’équipe, sur le travail réalisé avant la reprise. Mais contrairement à Aarau, où il y avait 5000 spectateurs, l’ambiance sera différente au Tessin avec 500 personnes. Notre adversaire va essayer de nous endormir, c’est cela le danger. On va devoir jouer avec nos tripes et augmenter le rythme.»

Aux Genevois de changer en fonction du scénario. Et de jouer une nouvelle fois à la française.

(TDG)

Créé: 27.07.2018, 22h31

En direct du vestiaire

L’affiche
Servette a pris la direction du Tessin vendredi déjà. Les Genevois affronteront Chiasso ce samedi à 20 h au Stadio Riva IV.

L’effectif

Alain Geiger peut compter sur le même groupe de 18 joueurs qu’il avait déjà à disposition la semaine dernière à Aarau. Boris Cespedes, Alexis Antunes, Kwadwo Duah sont blessés, Alexandre Alphonse, Sally Sarr et Miroslav Stevanovic sont convalescents alors que Willie (en partance) n’a pas été convoqué.

Chiasso, cette bête noire

Depuis que Servette évolue en Challenge League (2015-2016), les Genevois n’ont battu qu’une seule fois Chiasso: le 2 octobre 2017 au Tessin (2-1). En huit confrontations, les Grenat ont perdu une fois (2-1, le 15 avril dernier au Stadio Riva IV) et partagé à six reprises l’enjeu. «On a analysé les raisons pour lesquelles Chiasso nous pose toujours des problèmes, explique Geiger. À nous d’être extrêmement prudents tout en étant malgré tout conquérants.» Comme à Aarau?

À la Praille à la fin d’août

Le Stade de Genève se refaisant une beauté, les Grenat sont contraints d’évoluer à l’extérieur lors des quatre premiers matches du championnat ainsi que lors du premier tour de la Coupe de Suisse, à Meilen le 18 août. Après Aarau et Chiasso, ils joueront encore à Wil (3 août à 20 h) et à Vaduz (12 août à 16 h) avant de retrouver leur pelouse flambant neuve le 31 août à 20 h pour la venue de Lausanne.

C.MA.

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