Quand Servette se fâche, il renverse des montagnes

FootballBâle menait 2-0 à la pause? Rien d’insurmontable pour les Grenat, qui égalisent.

Stevanovic a fait parler sa classe dimanche à Bâle. Le Bosnien a signé l’égalisation,
du pied gauche cette fois, à 3 minutes de la fin du temps réglementaire.

Stevanovic a fait parler sa classe dimanche à Bâle. Le Bosnien a signé l’égalisation, du pied gauche cette fois, à 3 minutes de la fin du temps réglementaire. Image: ERIC LAFARGUE

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L’anomalie s’est invitée sur le terrain comme une promesse. À ne pas reconnaître Servette, égaré à la pause, mené 2-0 sans avoir joué, on se disait bien qu’une réaction devait arriver. Mais à voir ce Bâle sérieux, solide, efficace regagner le vestiaire, à considérer les forces en présence, on pouvait aussi penser que malgré toutes les bonnes volontés servettiennes, cela paraissait compliqué ce dimanche. Après tout, perdre à Bâle, pour un néopromu qui tutoie les favoris, ce n’était pas si grave. Et puis non, cela ne pouvait pas être aussi simple.

C’est là que l’anomalie se niche. Le Bâle de Marcel Koller compte sans doute bien des blessés dans ses rangs, de Bua à Kuzmanovic en passant par Van Wolfswinkel ou Zuffi, mais enfin, sur le terrain, il y avait notamment Stocker, Frei, Widmer ou Cömert, autant d’internationaux suisses, sans parler de Cabral ou d’Alderete. Eh bien ce sont ces joueurs-là qui ont perdu leurs moyens après la pause. Cela dit deux choses: la fébrilité du grand FCB, colosse aux pieds d’argile et, surtout, tout le crédit qu’il faut porter à Servette pour avoir su inverser la tendance.

Servette méconnaissable

Parce que tout s’est inversé. L’anomalie enveloppait aussi Servette en première période, quand rien n’allait, quand les Grenat se montraient incapables de se libérer. Se sont-ils tous dit, en entrant sur la pelouse du Parc Saint-Jacques, que l’occasion était belle, ce sentiment et cette envie virant alors à l’obsession? Le fait est que rien ne fonctionnait.

Un but à la 7e minute, une tête de Stocker seul à six mètres sur un centre de Campo, pointait déjà le doigt sur les problèmes (où était Iapichino?, où était Sasso?). Le second, avec Frei perforant plein axe, rajoutait un peu de dépit à ces vingt minutes en enfer. Servette était venu pour gagner, s’était persuadé que c’était légitime et possible. Il était mené 2-0, méconnaissable.

Cela peut arriver. Mais s’il faut mesurer un caractère à la capacité de réaction, alors ce Servette qui avait un genou à terre est une force de la nature. Parce que sinon, tout le reste n’aurait pas existé. Voilà donc des Grenat menés 2-0 à Bâle et qui n’ont aucun attaquant nominatif sur le banc de touche, puisque juste avant ce match, Kyei a rejoint Park et Schalk à l’infirmerie, touché au genou (ménisque). C’est ce Servette-là qui a refait surface.

Nouvelle mentalité

Repositionnement: le 4-4-2 trop bas qui glisse en 4-2-3-1 avec Tasar à gauche et Cognat dans l’axe, haut. Nouvelle mentalité: plus de hargne et d’agressivité, enfin, notamment grâce à l’entrée d’Imeri pour Cespedes. Rapidité: plus de volonté de trouver la verticalité, pour bousculer ces Bâlois à leur tour dans leurs petits souliers.

Le reste a fait le bonheur de la belle délégation de supporters qui avait fait le déplacement. Ce penalty obtenu par Kone et transformé sans trembler par Imeri. Et le petit chef-d’œuvre qui a suivi, du magicien «Micha» (lire ci-dessous).

Servette reste à trois points de Bâle. Mais il est reparti du Parc Saint-Jacques avec un doux sentiment qu’il saura cultiver, puisqu’il ressemble presque à une victoire. On n’en est plus à une anomalie près.


Le bijou de «Micha» Stevanovic

Dominer et revenir à 2-1 à la 75e est une chose. Mais trouver une deuxième fois l’ouverture face à un Bâle qui croyait tenir sa première victoire en 2020 à domicile en est une autre.

Servette n’a pas ménagé ses efforts, dominant des Bâlois qui n’existaient qu’en contre (parfois dangereux, c’est vrai aussi). Mais il a fallu un exploit personnel. Et dans ces cas, les regards se tournent vers «Micha» Stevanovic. Quand il ne distille pas le caviar pour ses coéquipiers (comme contre Zurich), il s’en sert une louche lui-même.

Passe d’Ondoua vers le magicien, premier contrôle orienté du pied droit, un deuxième pour s’ouvrir une fenêtre de tir et là, silence. On déguste. Le ballon, enroulé du pied gauche, file dans le petit filet d’un Omlin impassible. Tout était trop parfait, le portier bâlois savait déjà, au départ du tir, qu’il irait le chercher au fond des filets. C’était la 87e minute, le temps des braves. Mais ne le dites pas à Stevanovic: dans son humilité maladive et touchante, il est sans doute persuadé d’avoir raté son match.

Nicolas, lui, a apprécié. Il est venu à Bâle avec son père et des amis. Ce but, le jeune Nicolas en parle sur le chemin du retour, avec admiration, prêt à revivre la pureté de la frappe une fois à la maison. Avec une manette de PlayStation à la main. «Un tir enroulé magnifique, lance-t-il. Avec la manette, c’est R1 et Rond.» Simple!

Sur la pelouse, Stevanovic a fêté cette égalisation avec le banc. Parce que la force de Servette, c’est le groupe tout entier et qu’il n’est pas du genre, mais alors pas du tout, à tirer la couverture à lui.

Créé: 24.02.2020, 07h03

Bâle2(2) Servette2(0)

Parc Saint-Jacques, 20265 spectateurs.

Arbitre: M. Jaccottet.

Buts: 7e Stocker 1-0; 20e Frei 2-0; 75e Imeri 2-1 (pen.); 87e Stevanovic 2-2.

Bâle: Omlin; Widmer, Cömert, Alderete, Riveros; Xhaka; Stocker, Frei, Campo (73e Bunjaku), Petretta (81e Pululu); Cabral.

Servette: Frick; Sauthier, Rouiller, Sasso, Iapichino (75e Alves); Stevanovic, Cespedes (59e Imeri), Ondoua, Cognat; Tasar (89e Routis), Kone.

Avertissements:
2e Petretta (jeu dangereux), 28e Sauthier (jeu dur), 39e Iapichino (antijeu), 54e Stocker (jeu dur), 59e Imeri (jeu dur), 68e Alderete (jeu dur), 74e Cömert (jeu dur), 78e Ondoua (jeu dur).

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