Le Servette FC d’Alain Geiger ne sait toujours pas sur quel pied danser

FootballLes Genevois s’égarent à Schaffhouse après avoir fait tout juste (1-1). Il y a encore beaucoup trop d’imperfections.

A l’image de Boris Cespedes, les Servettiens ont fini par laisser les Schaffhousois mener le bal.

A l’image de Boris Cespedes, les Servettiens ont fini par laisser les Schaffhousois mener le bal. Image: ROGER ALBRECHT / FRESHFOCUS

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Le vilain tropisme enveloppe toujours Servette, comme si l’ombre et la lumière définissaient deux horizons indépassables, immuables, tendus vers le gris. Le gris, c’est la couleur du LIPO Park qui a laissé les Grenat dans ce sentiment trouble d’éternel recommencement. Les vieux démons du passé ressurgissent, ceux de la saison passée: l’inconstance, l’impossibilité de gérer les temps faibles autrement qu’en concédant un but, cette difficulté à savoir se mettre vraiment à l’abri durant les temps forts. Dans le car qui ramenait Servette de Schaffhouse, ce nul grisâtre dessinait un relief plat que la première demi-heure éclairée portait peut-être déjà en elle.

Pas de procès d’intention. Le projet grenat était réjouissant au début du match. Il est seulement incomplet dans la durée et c’est bien là le problème. Servette a commencé son match dans un système qui a fait mouche dès le début. Une défense à quatre, avec Busset à la place de Séverin. Un libero du milieu, Maccoppi. Deux No 8, Cognat et Cespedes. Deux milieux-ailiers, Stevanovic et Schalk. Un centre-avant, Chagas. Une forme de 4-3-3 avec le ballon, une sorte de 4-1-4-1 sans, mais avec une nette volonté de placer le bloc haut pour étouffer les Schaffhousois.

Première période sereine

Après une demi-heure de jeu, Alain Geiger pouvait bomber le torse. Schaffhouse ne touchait pas le ballon, Servette était largement supérieur et si cette volée fouettée lobée de Stevanovic avait mystifié Grasseler avec une belle dose de réussite, l’avantage au score était largement mérité. Routis et Chagas auraient même pu doubler la marque que personne n’aurait trouvé quelque chose à redire. Tiens: en dépit d’une fin de première période moins dominatrice, Servette pouvait regagner le vestiaire serein. C’est après que les choses se sont gâtées. C’est une autre équipe qui est revenue sur la pelouse synthétique, comme si, dès les premiers instants, elle était rongée par le doute. Pourquoi, comment? C’est toute la question.

La rocade

Après la pause, Servette avait modifié deux ou trois choses dans son alignement. Geiger voulait éviter les soucis qui pointaient déjà après la demi-heure: Stevanovic était replacé dans l’axe, devant, Chagas coulissait le plus souvent sur la droite pour la rocade. Le schéma hésitait entre un 4-4-2 ou autre, avec un Stevanovic qui reculait souvent pour tenter de porter le jeu. Dire que ces modifications ont décontenancé les Genevois serait un raccourci trop facile: le positionnement défensif de base n’avait pas été trop perturbé, pas suffisamment pour expliquer ce premier quart d’heure qui allait permettre à Schaffhouse non seulement de prendre confiance, mais d’égaliser.

Un match est fait de hauts et de bas et c’est justement la gestion de ces moments qui fait la différence. Pour l’aspect positif, Servette sait imprimer ses intentions dans ses temps forts. Pour le côté négatif, il gère très mal ses temps faibles, se laissant toujours surprendre. Le problème est sans doute moral aussi. Et c’est sur cela que Geiger va devoir travailler.

Beaucoup de travail

Bien sûr, avec les blessures de Sauthier, Wüthrich, Lang, Imeri ainsi que les suspensions d’Alphonse et de Mfuyi, les solutions de rechange étaient délicates. Mais le potentiel grenat a néanmoins pu s’exprimer pendant presque toute une mi-temps avant de s’étioler. Le mal est donc ailleurs. Et il va vite falloir trouver le bon remède. Parce que Servette n’a pas le luxe du temps. Il est déjà à six points d’un Wil qui étonne, toujours à cinq longueurs de Lausanne. «J’ai toujours affirmé qu’il faudrait du moment pour tout mettre en place, sans doute 18 matches», assure Alain Geiger sans s’emporter, depuis qu’il est arrivé. Un tour complet, aller-retour, pour y voir plus clair? Le potentiel servettien, qui peut s’exprimer contre Lucerne en Coupe, à neuf contre Lausanne, ou durant 30 minutes en déclassant Schaffhouse, indique que c’est du gâchis, que la qualité est là pour être performant tout de suite. Les difficultés récurrentes pour inscrire la performance collective dans la durée rappellent toutefois la fragilité qui affleure et qui laisse Servette avec ce début de saison mitigé, pour ne pas dire manqué. Il y a encore beaucoup de travail, c’est la seule certitude.


Ce qu’on veut voir mardi…

Servette accueille Kriens mardi soir au Stade de Genève (20 heures). Face au néopromu, il faut le résultat et la manière. Et plein d’ingrédients que l’on aimerait voir.

Les retours de Sauthier, Alphonse et Imeri donneront des opportunités. Celui espéré de Wüthrich aussi. Si Servette peut briller sans No 10, dans la sorte de 4-3-3 aperçu à Schaffhouse, il est sans doute plus en place quand un meneur de jeu est positionné dans l’axe. Au LIPO Park, avec la blessure de Wüthrich et la suspension d’Alphonse, on aurait pu penser qu’Antunes aurait sa chance. Il est resté sur le banc. Contre Kriens, il faudra quelqu’un à ce poste.

Il faut espérer aussi que Servette réglera son problème sur le flanc gauche. C’est sur ce côté-là que Gonçalves a déboulé trop facilement pour le 1-1 à l’heure de jeu, même si Busset avait été préféré à Séverin. Alex Schalk? Il est de retour après une blessure mais, comme contre Lucerne, il n’apporte pas tout ce qu’on attend de lui. Il était bien sûr excentré sur la gauche, à Schaffhouse, mais bien trop discret. Cela concerne aussi Sauthier, dont le début de saison est timide (Sarr l’a en revanche parfaitement remplacé, avec d’autres qualités), et Follonier. Il a souvent sa chance. Il ne la prend jamais. Le Valaisan prêté par Lucerne s’enferme systématiquement dans ses mauvais choix: un autre souci à régler. Un peu comme Chagas, qui se démène devant sans l’efficacité voulue. L’ombre de Koro Kone, qui attend toujours son permis de travail, plane. La preuve que Servette doit encore s’améliorer à tous les niveaux. D.V. (TDG)

Créé: 24.09.2018, 08h16

Schaffhouse 1(0) Servette 1 (1)

LIPO Park,
1064 spectateurs.
Arbitre:
M. Jancevski.
Buts:
15e Stevanovic 0-1; 61e Gonçalves 1-1.
Schaffhouse:
Grasseler; Gonçalves, Mendy, Mevlja, Qollaku; Pugliese; Paulinho, Castroman (90e Dindamba), Del Toro, Tranquilli (75e Nikci); Barry (69e Gül).
Servette:
Frick: Sarr, Routis, Rouiller, Busset (86e Séverin); Maccoppi; Cespedes, Cognat; Stevanovic, Schalk (66e Follonier); Chagas (88e Souare).
Avertissements:
36e Cespedes (jeu dur), 52e Mevlja (coup de coude), 78e Gonçalves (réclamation).
Notes:
Servette sans Alphonse et Mfuyi, suspendus, ni Lang, Sauthier, Imeri et Wüthrich, blessés.

Articles en relation

Servette tenu en échec à Schaffhouse

Football Les Genevois ont laissé échapper la victoire après une bonne première mi-temps (1-1). Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Grève des travailleurs du bâtiment
Plus...