«Servette doit redevenir un grand club et briller»

FootballÀ la veille de la reprise en Super League, dimanche contre Young Boys, le président Didier Fischer évoque autant le présent que l’avenir des Grenat néo-promus.

Didier Fischer,un président calme, déterminé et confiant…

Didier Fischer,un président calme, déterminé et confiant… Image: ERIC LAFARGUE

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L’infinie bienveillance avec laquelle tout le monde accueille le retour de Servette en Super League n’a d’égal que le formidable engouement qui a entouré la soirée du 10 mai, avec ce succès net sur Lausanne (3-1) synonyme de promotion officielle. Tout semblait écrit depuis quelques semaines déjà, mais quelque chose de doux et de fragile à la fois se dessine, comme l’idée d’un renouveau qui porte un club, meurtri trop longtemps, vers des horizons enfin sereins. À l’aube de la reprise, un jour nouveau se lève pour le Servette FC, néo-promu en Super League.


Lire aussi: Un nouveau départ pour Servette


S’il est une vérité, c’est bien celle-là: Servette est de retour dans l’élite. Mais elle s’accompagne d’une multitude de responsabilités, sportives, financières, émotionnelles, puisqu’elle doit effacer les turpitudes d’un passé trop récent pour être oublié. C’est de tout cela que Didier Fischer parle aujourd’hui, avant le Young Boys - Servette de dimanche au Stade de Suisse, qui marque symboliquement la récompense de ces quatre années passées à reconstruire. Le président du club est calme, déterminé, confiant.

Didier Fischer, que s’est-il passé depuis le 10 mai et la certitude de promotion?

Beaucoup de choses. À l’interne et à l’externe aussi. Commençons par l’interne. Les rôles de chacun ont été précisés, cela concerne autant le staff technique que le secteur administratif. Cela commence par notre centre de formation. Massimo Lombardo le dirige désormais officiellement, Adrian Ursea est de retour au club pour s’occuper des M21, avec Alexandre Alphonse à ses côtés. Il a été décidé que les M21 constitueraient un bloc avec la première équipe, qu’ils seraient sous la responsabilité de celle-ci. Trois fois par semaine, des jeunes s’entraîneront avec les pros, des M18 ou des M21, selon évaluation. Nous avons aussi renforcé le staff technique du groupe professionnel, avec l’engagement de Matthieu Degrange comme préparateur physique. Tout s’est vite mis en place. La cellule de recrutement comme la commission sportive ont défini les renforts pour cette saison.

Vous évoquiez des changements à l’externe?

C’est l’intérêt médiatique suscité par Servette au-delà de Genève. Beaucoup de médias suisses alémaniques viennent vers nous. Tous semblent heureux de nous revoir.

Ce succès suppose des responsabilités, non?

Les responsabilités, nous les prenons tous les jours et ce n’était pas uniquement de remonter. Servette doit redevenir un grand club et briller. L’objectif, c’est de faire briller cette étoile qui est sur le maillot, de montrer que Genève est capable de mener de beaux projets dont les Genevois peuvent être fiers et pas que des Genferei. Ensuite, les attentes des supporters, les résultats, c’est le boulot de l’entraîneur, de son staff, des joueurs. Au club d’offrir les conditions propices.

Justement: l’ambition de Servette cette saison, c’est le maintien? Et plus si entente?

S’il y a «plus si entente», c’est qu’il y aura déjà eu le maintien. Alors ça me va. Je veux surtout que le groupe ne s’interdise pas de créer une surprise cette saison. Il peut se passer beaucoup de choses sur le terrain, mais je ne veux surtout pas que l’on y entre en ayant peur de perdre. Ce n’est pas le style de Servette. Je veux voir un Servette sans complexes, ambitieux.

Le recrutement effectué est-il à la hauteur de l’exigence?

La commission sportive s’est penchée sur cette question en amont, bien sûr. En Super League, il faut être fort défensivement, être capable de transitions rapides, pouvoir jouer sans ballon plus qu’avant. Nous avons donc renforcé les lignes arrières (ndlr: Sasso et Gonçalves) et le milieu devant la défense (ndlr: Ondoua). Le reste sera du bonus. J’ai confiance en cette équipe.

Le reste, c’est un attaquant de plus qu’Alain Geiger demande avec insistance?

Le sujet est à l’étude, nous examinons les opportunités, tout en sachant que pour un poste de buteur, la fin du mercato offre toujours des possibilités. Ne pas se précipiter offre un avantage: nous allons rapidement être fixés sur les qualités du groupe actuel. Si tout va bien, alors l’envie de renforcer le secteur offensif n’en sera que plus grande et nous le ferons. Mais s’il y a des soucis derrière ou au milieu, nous pourrons encore réagir sur ces secteurs. Je sais bien qu’Alain Geiger aimerait encore un attaquant. Mais je n’ai jamais entendu un entraîneur dire stop et ne plus vouloir de renforts…


Toutes les loges ont trouvé preneur

Signe de l’enthousiasme et de la confiance qui grossissent à nouveau autour de Servette, toutes les loges du Stade de Genève ont trouvé preneur pour la saison 2019-2020. «Elles sont toutes vendues, confirme Didier Fischer. Les 32 loges. Cela représente 40 000 francs en moyenne par loge pour la saison.» Soit, au total, près de 1,3 million. La campagne d’abonnements a également porté ses fruits. En Challenge League, Servette pouvait compter sur 1300 abonnés. Pour son retour dans l’élite, le club espère dépasser les 3000 abonnés.

Le président Fischer évoquait un budget de 12 millions, qui pouvait grossir encore avec l’arrivée de nouveaux partenaires. Qu’en est-il? «Nous restons sur les 12 millions annoncés, garantis, explique-t-il. Mais nous pouvons commencer à créer de la réserve, qui peut être utile selon les circonstances. Nous avons le bonheur d’avoir plus de partenaires que budgété, c’est très bien, mais nous nous en tiendrons à ce qui a été prévu, par prudence, pour s’éviter tout problème. Mais j’en profite pour tous les remercier, le public aussi. Il y a une vraie mobilisation, c’est la reconnaissance du travail effectué depuis quatre ans maintenant.»

La cerise sur le gâteau, c’est aussi ce qu’il a aperçu en ville de Genève. «Je marchais au centre-ville et j’ai vu successivement trois personnes qui portaient le maillot du Servette FC, raconte-t-il. Cela fait plaisir, ce sont aussi les signes de l’intérêt que l’on nous porte. L’image du club, sa perception, a changé. Nous allons tout mettre en œuvre pour que les Genevois s’identifient de plus en plus à ce club.»

Associé aux travaux d’embellissement du Stade de Genève, opérés par la Fondation du stade, ce renouveau grenat s’inscrit dans la lignée du succès sportif et de l’euphorie de la promotion. Servette est prêt pour relever un nouveau défi, s’établir solidement en Super League. D.V.

Créé: 20.07.2019, 07h13

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Le statu quo

Président de la Fondation 1890, qui chapeaute le Servette FC, le GSHC et aussi le rugby ou la section féminine du foot grenat, président du SFC, viticulteur d’un domaine à Peissy, Didier Fischer est très occupé. «Il faut mettre les énergies aux bons endroits, souffle-t-il. Il y a des conseils d’administration dans tous les clubs ou sociétés, je ne suis pas opérationnel sur tous les sujets.»
Il n’empêche: pourrait-il se désengager du poste de président du SFC, en restant le superviseur à la tête de la Fondation 1890, apex de la pyramide, comme on a pu l’entendre? «Les discussions et les réflexions font partie de la vie d’un club, mais non, tranche-t-il. Il n’y a pas de changement à l’ordre du jour. Le cas échéant, je vous avertirai.»
D.V.

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