Servette doit apprendre à «tuer» ses matches

FootballTrois fois de suite, les Grenat ont mené à la marque avant de se faire rejoindre. La venue de Wil doit leur permettre de corriger le tir.

Pour Steve Rouiller, ici avec son capitaine Routis contre Kriens, Servette n’a plus le droit de laisser filer des points.

Pour Steve Rouiller, ici avec son capitaine Routis contre Kriens, Servette n’a plus le droit de laisser filer des points. Image: ÉRIC LAFARGUE

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À rembobiner le film de ses déboires, on va finir par croire que Servette aime les scénarios cauchemardesques, qu’il s’en nourrit même. Mais dans la réalité, ce n’est pas du cinoche! Dans le domaine des occasions manquées, le club grenat peut déjà revendiquer le titre de champion. À quoi tient son incapacité à pouvoir tenir un score à défaut de réussir à l’aggraver? Ses joueurs sont-ils à ce point contaminés par la peur de gagner qu’ils en oublient leurs fondamentaux?

Voilà trois sorties que l’intrigue épouse le même canevas désespérant: Servette ouvre la marque, se dirige vers une victoire sinon aisée du moins logique compte tenu du jeu produit jusque-là avant de s’égarer dans des chemins de traverse et de concéder l’égalisation. Donc de tout perdre, un nul équivalent, dans ces conditions, à une défaite. Cela s’était déjà produit à Schaffhouse et contre Kriens mais cela ne suffisait manifestement pas puisque c’est à nouveau arrivé à Rapperswil. Ce n’est donc plus du hasard.

Trois matches qui se sont chaque fois soldés par un désormais classique (mais trop frustrant) 1-1. Autant de désillusions qui ont déjà coûté six points. Sans ces pertes englouties, la comptabilité du candidat genevois à la montée serait à jour, Servette serait leader et la réception du FC Wil aurait constitué un véritable duel au sommet. Or ce sera au mieux un match du rachat dans le but de s’en rapprocher.

Quand la fébrilité s’invite

Alors, qu’est-ce qui cloche? Pourquoi Servette se met-il à cafouiller après avoir semble-t-il réussi – mais à tort – le plus dur? «C’est vrai que l’on devient plus fébrile lorsque l’on ouvre le score et qu’inconsciemment on recule, explique Steve Rouiller. On se met à douter un peu car on sait que l’on doit tenir. Et comme on a déjà plusieurs fois craqué, on voit tout de suite que l’on affiche moins d’assurance.»

Dans ces moments si particuliers où le destin bascule, que se passe-t-il dans les têtes? «Une certaine crispation s’installe, reconnaît notre interlocuteur. Il y a aussi un peu d’énervement, faute d’avoir su prendre nos distances. Car ce qui nous manque souvent, c’est ce deuxième but qui ne tombe pas. Tant que l’on ne parviendra pas à tuer les matches, le risque de se faire rejoindre existera…» Le Valaisan n’a pas tout faux. Servette n’en serait pas à maudire ses ratés et à payer le prix de ses étourderies si ses attaquants se montraient plus inspirés à la conclusion. «Quoi qu’il en soit, on doit apprendre à plus serrer les lignes, à afficher aussi plus de rigueur en communiquant peut-être mieux. Quand on prend un but, il y a toujours une raison.»

Taille patron

À 28 ans, Steve Rouiller s’est rapidement imposé comme le patron de la meilleure défense de Challenge League (avec celle de Wil). L’ancien joueur de Monthey, Sion, Chiasso et Lugano, qu’il a quitté cet été pour poser ses bagages au bout du lac, contrat de deux ans à la clé, y apporte toute son expérience. «D’un point de vue personnel, j’ai retrouvé le plaisir que j’avais perdu la saison passée à Lugano. J’essaie d’encadrer les plus jeunes. Ce qui est vrai c’est qu’avec notre jouerie, on devrait être mieux classé. Notre vraie place, c’est en haut.»

Aussi la venue de Wil tombe-t-elle peut-être à pic pour le démontrer. «À nous de réaliser le match parfait, de A à Z. À domicile, on doit être imbattable.» Au sortir d’un premier tour qui les a éloignés de leur objectif, les joueurs le savent aussi bien que leur coach: ils n’ont désormais plus d’excuses, tous sont conscients de quoi il en retourne. Dans l’entretien vérité paru cette semaine dans ces mêmes colonnes, Didier Fischer, le boss du SFC, avouait déjà son impatience, se réjouissant, affirmait-il, de «tailler un costard à Wil dimanche». Une offensive verbale qui doit maintenant se traduire sur la pelouse, autant en termes de style – il existe déjà par intermittence – que de résultats, trop inconstants jusque-là. Tant il apparaîtrait fort malvenu pour les supposés tailleurs de la Praille de prendre une (nouvelle) veste.

(TDG)

Créé: 05.10.2018, 20h17

Avant-match

Le match
Servette - Wil, dimanche, 16 h au Stade de Genève. Arbitre: M. Piccolo.

Six semaines sans victoire
Mine de rien, Servette n’a plus gagné depuis cinq matches (2-0 contre Winterthour le 24 août). C’est bien assez pour relever le niveau d’alerte. Alain Geiger le sait: le candidat genevois à la promotion ne peut plus s’autoriser d’abandonner des points stupidement. «On n’a plus le choix, on doit se jeter à fond dans la bataille.» Avant d’accueillir le leader, le technicien valaisan s’interdit de commettre le péché d’orgueil. «Les Saint-Gallois sont dans le coup, en pleine confiance. Il faudra les déstabiliser mentalement en les bousculant physiquement.»

Un dossier en stand-by
Qualifié par la Ligue, Koro Kone n’est toujours pas en mesure de pouvoir jouer, faute de disposer d’un permis de travail. Toujours en stand-by, le dossier de l’attaquant ivoirien se trouve dans une officine bernoise. Son cas pourrait être tranché la semaine prochaine, positivement croit savoir Servette. Qui sera également privé des blessés Lang et Souare, alors que Duah reprendra avec les M21. Le club meublera la pause internationale en disputant un match amical contre Lancy mardi.

Un visiteur qui ne renonce jamais
Le FC Wil a beau être le leader que personne n’attendait, il n’en occupe pas pour autant le premier rang pour rien. C’est surtout une équipe qui ne lâche jamais, ce dont Lausanne peut témoigner. Mené 2-0 à la Pontaise le week-end passé à l’entame du dernier quart d’heure, le visiteur saint-gallois a trouvé les ressources pour égaliser. Voilà Servette au moins prévenu. D’autant que Wil a déjà montré qu’il pouvait s’imposer à Genève, ce qu’il avait réussi à faire tant en septembre 2013 (0-1) qu’en août 2014 (1-2). Au bilan des confrontations, Servette mène 10 victoires (et 8 nuls) contre 6 défaites, la dernière le 3 août. Suffisant pour se rassurer? N.JR

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