Rapinoe, comme un symbole

FootballLa star américaine est celle qui a fait basculer la finale du Mondial contre les Pays-Bas dimanche (2-0).

Meilleure joueuse, meilleure buteuse et capitaine de l’équipe championne du monde, l’Américaine Megan Rapinoe aura marqué de son empreinte cette huitième édition de la Coupe du monde féminine.

Meilleure joueuse, meilleure buteuse et capitaine de l’équipe championne du monde, l’Américaine Megan Rapinoe aura marqué de son empreinte cette huitième édition de la Coupe du monde féminine. Image: Keystone

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Quand elle est entrée sur la pelouse du Groupama Stadium, 1 h 30 avant le début de la finale contre les Pays-Bas, Megan Rapinoe, la capitaine des États-Unis, a fait quelques pas puis ôté ses tongs pour poser ses deux pieds nus sur le terrain. On aurait dit qu’elle souhaitait marquer cette finale de son empreinte. C’était encore un peu tôt pour ça. Mais la Californienne de 34 ans a su être patiente et c’est à la 61e minute de jeu qu’elle a finalement laissé une trace dans l’histoire de ce match.

Les Américaines avaient pris l’habitude, depuis le début du tournoi, de marquer dans le premier quart d’heure. Mais elles ont vite compris dimanche après-midi que l’affaire allait être compliquée. Généreuses dans l’effort physique et tactique, les Hollandaises leur ont opposé une résistance héroïque. Il aura fallu l’intervention de la vidéo, puis de Rapinoe, pour que la partie se débloque en faveur des triples championnes du monde en titre. On jouait la 59e minute lorsque Van der Gragt déséquilibra l’intenable Morgan dans sa propre surface de réparation. Mme Frappart ne trouva rien à redire sur le moment, mais les images ne faisaient aucun doute et c’est après les avoir visionnées sur la touche que l’arbitre française siffla penalty en faveur des États-Unis. Rapinoe transforma deux minutes plus tard, et plus rien ensuite ne fut pareil.

Une nouvelle icône

D’abord parce que les Hollandaises ne furent jamais capables de mettre en danger les favorites du tournoi. Elles avaient un plan de jeu qui consistait à défendre puis opérer en contre-attaque, et elles l’ont merveilleusement bien appliqué. Mais quand il leur a fallu changer de philosophie et se porter aux avant-postes pour tenter d’égaliser, elles ont été confrontées à leurs limites ainsi qu’à l’expérience et la technique de leurs adversaires. Mais si rien ne fut pareil pour les États-Unis ensuite, c’est surtout parce que Lavelle a rapidement trouvé le moyen de doubler la mise (69e) et d’éteindre définitivement la dernière petite lueur d’espoir côté européen.

C’est finalement la meilleure équipe du tournoi qui a été sacrée, et par les pieds de la joueuse la plus charismatique. Avant d’être élue femme du match, Megan Rapinoe a été la plus acclamée lors de la présentation des équipes, et chacune de ses apparitions aux poteaux de corner a déclenché les applaudissements de la foule massée derrière elle. Le football féminin tient sa nouvelle icône. Car Mme Rapinoe ne rassemble pas seulement sur le terrain. C’est une battante en dehors aussi. Les médias la présentent souvent comme le porte-voix des minorités. Celle qui est en couple avec une quadruple championne olympique de basket (Sue Bird) n’est pas vraiment du genre à accepter les choses sans broncher. Elle s’est d’ailleurs révélée être une farouche opposante à Donald Trump, dont elle ne goûte guère les prises de position politiques. C’est pour cette raison, elle le lui a déjà fait savoir, qu’elle ne se rendra pas à la Maison-Blanche si le président l’y invite avec ses coéquipières.

Un autre match à remporter

Rapinoe pense qu’elle a mieux à faire. Notamment régler le conflit qui oppose la sélection américaine, dont elle est la capitaine, à sa propre Fédération. Les filles réclament le même montant de primes que celui perçu par leurs cousins footballeurs. L’affaire est entre les mains de la justice. Ce n’est pas gagné d’avance, mais Megan Rapinoe doit-elle se montrer inquiète pour autant? Après tout, s’il y a bien quelqu’un qui sait venir à bout des défenses les plus solides, c’est elle.

Créé: 07.07.2019, 21h36

Etats-Unis - Pays-Bas 2-2 (0-0)

Groupama Stadium, 58 000 spectateurs.

Arbitre: Mme Frappart.

Buts: 61e Rapinoe (1-0 pen.), 69e Lavelle (2-0).

États-Unis: Naeher; O’Hara (46e Krieger), Dahlkemper, Sauerbrunn, Dunn; Mewis, Ertz, Lavelle; Heath (87e Lloyd), Morgan, Rapinoe (79e Press). Sélectionneur: Ellis.

Pays-Bas: Van Veenendaal; Van Lunteren, Dekker (73e Van de Sanden), Van der Gragt, Bloodworth; Groenen, Spitse, Van de Donk; Beerensteyn, Miedema, Martens (71e Roord). Sélectionneur: Wiegman.

Avertissements: 10e Spitse, 41e Dahlkemper, 60e Van der Gragt.

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