Pasche: «On veut empêcher Servette de faire la fête»

FootballÀ la veille du derby, le message de l’ancien joueur grenat est clair: le LS est déterminé à conserver sa deuxième place.

Alexandre Pasche, face à son ancien club, veut faire un pas important vers les barrages. PATRICK MARTIN

Alexandre Pasche, face à son ancien club, veut faire un pas important vers les barrages. PATRICK MARTIN Image: PATRICK MARTIN

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Comme avant chaque grand événement, la tension monte jour après jour, du côté de la Pontaise. Et le derby au programme vendredi l’est assurément puisque l’enjeu sera de taille. Pour Servette, il sera synonyme de promotion s’il ne le perd pas. Pour le LS, il s’agira d’éviter la défaite afin de garder son destin entre ses mains. Du coup, il est facile de se dire qu’un partage des points satisferait tout le monde. Une hypothèse que réfute catégoriquement Alexandre Pasche (27 ans). Son équipe se déplacera à Genève avec un seul objectif en tête: gagner! Pour faire un pas sans doute décisif vers les barrages et retarder la consécration de Servette.

Vendredi, le LS sera presque au pied du mur. Un scénario que personne n’envisageait.

Ce n’est évidemment pas celui qu’on espérait en début de saison. Si on se retrouve dans cette situation aujourd’hui, c’est parce qu’on s’est tiré des balles dans le pied tout au long du parcours. Ces derniers temps, les conditions de jeu ne nous ont pas été favorables, mais je ne veux pas en faire une excuse: nous sommes les uniques responsables de notre situation.

Le point positif, c’est que vous maîtrisez encore votre destin.

Et c’est le plus important. Je préfère me retrouver à la place du LS qu’à celle d’Aarau. À nous de montrer l’orgueil et le cœur nécessaires pour conserver jusqu’au bout cette place de barragiste. Pour cela, il faudra réaliser un grand match contre un adversaire de qualité à Genève. Sur ce que montre l’équipe ces derniers temps, elle en est tout à fait capable.

De gros progrès qui ont été stoppés net à Aarau. Est-il facile d’oublier ce match?

Oui car les conditions étaient exceptionnelles. Comme Servette, Aarau s’est mieux adapté que nous à ce contexte très particulier. Sur cette pelouse enneigée, nous avons bien essayé de jouer plus long mais nos caractéristiques se prêtent moins bien à ce style de jeu que celles des joueurs d’Aarau. Mais deux minutes après la fin de la partie, chacun avait déjà tourné la page et se concentrait sur le derby de vendredi.

Face à la meilleure équipe du championnat, qui peut de surcroît fêter le titre en cas de succès, la tâche s’annonce compliquée, non?

Oui mais, j’insiste, nous avons les moyens de lutter à armes égales avec eux. Et puis je pense que la pression sera davantage sur les Servettiens qui voudront absolument fêter le titre devant leur public. Croyez-moi, le LS s’en ira à Genève avec l’intention de l’emporter et de l’empêcher de faire la fête dans une chaude ambiance et malgré un contexte hostile.

Mais un nul ne satisferait-il finalement pas tout le monde?

Aborder ce match avec cette idée dans nos têtes serait la pire des choses. Après notre défaite à Aarau, tout le monde nous croit morts, mais on a simplement grillé notre dernier joker.

Depuis trois semaines, le LS donne aussi enfin l’impression d’éprouver du plaisir sur le terrain. Vrai?

C’est le cas et ce nouvel état d’esprit n’a pas changé. Ces récents matches aboutis restent notre référence. Aarau n’est qu’une mauvaise parenthèse à oublier.

Pourquoi ne pas avoir adopté cette attitude plus tôt?

(Il marque une pause) Je ne sais pas. La relégation a changé beaucoup de choses avec les arrivées de nouveaux joueurs, d’un autre coach avec des idées, un système et une approche différents. Il a fallu du temps pour assimiler tout ça. Après un début de championnat où, sans bien jouer, on avait su profiter de la crainte que l’on inspirait à nos adversaires – avec en plus une certaine réussite sur les balles arrêtées – les choses se sont progressivement gâtées. Sans que nous trouvions la solution.

Cette métamorphose n’est-elle pas survenue un peu tard?

L’avenir le dira, mais ce qui m’intéresse, c’est qu’elle est arrivée. Il ne sert à rien de ressasser le passé. Aujourd’hui, l’équipe est moins attentiste, plus conquérante et joueuse. Une approche qui lui convient bien et qui nous permettra, j’en suis convaincu, de conserver notre place de barragiste.

La situation actuelle a tout de même l’air de beaucoup vous contrarier.

Cette relégation a été une vraie souffrance. Il est toujours très pénible d’en vivre une, qui plus est avec le club de votre cœur. Mais c’est déjà vieux et le LS a de nouveaux défis plus importants auxquels penser. Depuis toujours, mon objectif a été de jouer au plus haut niveau. Rien n’a jamais été simple, les coups durs ont été nombreux, mais je me suis toujours battu pour me relever. Et cette fois encore, on fera tout pour que le LS puisse jouer ce barrage qu’il mérite de disputer.

Comme vous le dites,rien n’a été simple dans votre parcours alors que l’on vous prédisait un grand avenir il y a une dizaine d’années. Qu’est-ce que dirait l’Alex Pasche d’aujourd’hui au jeune prometteur que vous étiez?

D’être plus patient. C’est d’ailleurs ce que je répète souvent à mes plus jeunes coéquipiers quand je les vois un peu déçus parce qu’ils estiment parfois que leur temps de jeu n’est pas suffisant. Je ne veux pas qu’ils commettent la même erreur que moi. À savoir de vouloir tout, tout de suite. Il y a dix ans, j’avais la chance de jouer à YB, l’une des meilleures équipes du pays, et je ne me satisfaisais pas des quelques minutes de jeu que m’offrait le coach. Mon autre erreur a été de trop prendre à cœur ma situation sportive. Il faut éviter de se laisser polluer par l’environnement, se focaliser sur les paramètres que l’on peut maîtriser. Se mettre dans sa bulle. Car, suivant les événements, une carrière génère énormément de frustrations.

Les grandes attentes placées en vous ont-elles aussi pesé?

Je vois les choses un peu différemment. À 16 ans, j’avais l’étiquette d’un No 10 prometteur et on attendait de moi que je le devienne ensuite au plus haut niveau. Or l’être à 16 ans ou chez les pros en Super League, il y a un monde de différence. Ces espoirs ne correspondaient pas à la réalité. Il a fallu pas mal de temps pour que les gens acceptent que j’étais davantage un milieu relayeur ou récupérateur que créateur. Même si tous les parcours ne se ressemblent pas, je pense qu’il est préférable pour un jeune de commencer au plus haut niveau vers 20 ans que beaucoup plus jeune. Le regard que portent les gens sera peut-être moins exigeant.

(TDG)

Créé: 08.05.2019, 19h48

Dans le camp servettien

Avec tout le monde
Les Servettiens se sont entraînés sous une pluie battante ce mercredi matin à Balexert. L’ambiance, elle, est au beau fixe. Ménagés la veille, Wüthrich, Stevanovic et Imeri étaient de la partie, seuls Séverin et Lang manqueront à l’appel du derby, blessés.
Billetterie
La prélocation marche fort pour ce Servette-Lausanne de vendredi soir (20 h): plus de 11 000 places sont déjà prises. Il est fortement conseillé de se munir d’un billet avant le jour J. Et de ne pas attendre le dernier moment ensuite pour arriver au Stade de Genève. La route des Jeunes sera en effet fermée au trafic à hauteur du parking de l’Étoile et de Pont-Rouge vers 19 h, par mesure de sécurité pour l’arrivée des supporters Lausannois.
Les billets sont disponibles en ligne sur servettefc.ch et sur ticketcorner.ch. Les précieux sésames peuvent être achetés aussi aux points de vente habituels (Balexert, Praille, Manor, Coop City, offices de La Poste et à la Boutique grenat sur l’esplanade de la Praille). La mobilité douce est encouragée, le parking Migros Vibert est disponible.
Le mot de Geiger
«L’élan qui porte tout le groupe est très positif. Nous restons concentrés sur ce match, sans oublier nos vertus: le travail, la discipline. Il y aura du monde au stade, c’est très bien. Il n’y a aucune raison pour que cela nous mette sous pression. Au contraire. J’attends encore le retour du point médical sur l’état de certains, mais tout le monde veut jouer ce derby.»
Daniel Visentini

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