Au Lancy FC, les bons comptes ne font pas les bons amis…

Football L’ancienne et la nouvelle direction ne sont pas d’accord sur l’ampleur d’un dépassement de budget. La Cour des comptes alertée

Lancy en Coupe contre Lausanne. Barroca (en vert à droite) ou Mendes (en rose à gauche) ne seront plus là au second tour.

Lancy en Coupe contre Lausanne. Barroca (en vert à droite) ou Mendes (en rose à gauche) ne seront plus là au second tour. Image: PIERRE ABENSUR

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Le début d’incendie semble circonscrit. Mais le feu couvant encore, il suppose de prendre toutes les mesures pour éviter sa propagation. C’est la mission des deux coprésidents du Lancy FC, Didier Henriod et Christophe Hayoz. Ils pensaient reprendre un budget équilibré le 23 novembre, lors de leur intronisation. La réalité les a aussitôt rattrapés: selon eux, au rythme adopté par la précédente direction, le club était sur le point de creuser un trou d’environ 250 000 francs dans le budget global de 1,4 million.

Vilain tropisme pour le plus grand club de Suisse, qui plus est subventionné annuellement à hauteur de 750 000 francs par la Ville de Lancy (700 000 francs dès cette année).

«Nabila Mezzanotte, la présidente sortante, nous avait annoncé un petit déficit, de l’ordre de 40 000 francs maximum, explique Christophe Hayoz. Mais il manque en fait 250 000 francs. C’est beaucoup plus violent. Alors nous avons bossé comme des fous ces deux derniers mois. Notamment en décembre. Cet héritage, c’est comme si on avait reçu un calendrier de l’Avent, mais quand on ouvrait les cases, ce n’était pas des chocolats que l’on trouvait…»

L’ex-présidente conteste

De son côté, l’ex-présidente conteste l’ampleur du problème. Nabila Mezzanotte s’est retirée en novembre, mais sans mettre en péril le club, selon elle. «Ces chiffres sont impossibles, lance-t-elle. Cela voudrait dire que la fiduciaire nous aurait menti. En revanche, j’ai toujours dit qu’il fallait trouver 80 000 francs pour boucler la saison. Tout en utilisant une réserve de 100 000 francs que j’ai constituée.» Au total, à l’en croire, le dépassement de budget n’excéderait donc pas les 180 000 francs, dont 100 000 francs seraient couverts par le biais d’une réserve de fonds.

«Un trou de 250 000 francs au total? interroge l’ex-présidente. En aucun cas. Personnellement, je m’étais engagée à rester jusqu’à la fin de la saison, j’avais des sponsors qui auraient mis ces 80 000 francs manquants. Forcément, les comptes ne sont pas définitifs au 15 novembre, ils ne le sont dans aucun club. Mais mes successeurs voulaient reprendre tout de suite le club. Ils se targuaient d’avoir tous les sponsors nécessaires…»

Réduire les coûts

Les deux présidents désormais en place ne veulent pas polémiquer sur le passé. Ils évoquent cette situation financière délicate et ont pris le problème à bras-le-corps. «Deux solutions: primo, générer des recettes, mais il est compliqué de trouver des sponsors dans cette situation et aussi rapidement en cours de saison, explique Didier Henriod; ou, deuzio, faire des économies. C’est sur ce second point que nous nous sommes concentrés.»

L’une des raisons principales de ce dépassement de budget? Les efforts financiers consentis pour la première équipe du club. «Cela correspond à l’évolution normale du club, estime Nabila Mezzanotte. J’assume cette ambition sportive, encore une fois, j’avais des gens derrière moi pour couvrir cet effort, j’aurais rendu le club avec des comptes propres en juin.» Il n’en demeure pas moins que la situation actuelle a obligé les nouveaux dirigeants à prendre rapidement des mesures. Il a fallu revoir les prestations «offertes» à la première équipe. Une baisse de 15% a touché les joueurs et le staff lancéen. «Alors oui, la 1re est en tête du classement, relève Hayoz. Mais tu es mal à l’aise lorsqu’il faut aller voir le staff et les joueurs à Noël pour leur expliquer la situation et leur dire qu’il va falloir baisser les salaires… Or nous n’avions pas le choix.»

Des joueurs partent…

Tout cela a déjà eu des conséquences directes, qui ont frappé de plein fouet la première équipe du club. Jean-Michel Aeby a porté son contingent en tête du groupe 1 de 1re ligue, à égalité avec Yverdon. Malgré cela, l’entraîneur genevois va devoir compter avec les départs de certains joueurs clés, comme Daclinat et Barroca (à Nyon) ou Lahiouel (à Bavois).

«Il a bien fallu trouver des solutions, nous avons pu faire venir certains joueurs pour pallier ces départs importants, précise Aeby. Ce n’est pas simple, mais ceux qui sont restés sont là pour aller jusqu’au bout, autrement dit se qualifier pour les finales de promotion. Cela demeure l’objectif.»

Parallèlement, la situation comptable ne manquant pas d’attirer l’attention, les deux présidents actuels ont immédiatement joué la transparence. Ils ont informé notamment le 19 décembre la Ville de Lancy, particulièrement Frédéric Renevey, actuel conseiller administratif en charge des Sports. Mais ce dernier avait pris les devants en alertant la Cour des comptes (lire ci-contre), tout comme le président d’honneur Bernard de Rovinelli.

A l’équilibre en juin?

Où en est-on aujourd’hui? «L’objectif est de boucler la saison à l’équilibre, assure Didier Henriod. Le club possède une réserve de près de 100 000 francs qui sera utilisée, des économies ont déjà été opérées avec la première équipe. Et puis, à moyen terme, nous espérons générer plus que les quelque 60 000 francs en provenance de divers sponsors. Etant donné le climat parfois délétère qui a pu régner par le passé, certains soutiens n’ont pas renouvelé leur aide. Il faudra regagner leur confiance. D’autres mesures sont à l’étude pour augmenter les recettes. Sportivement, nous gardons les ambitions de promotion, mais sans faire de folies.»

Le championnat reprend le 4 mars pour Aeby et les siens, contre Naters. Souhaitons le calme et l’apaisement pour un club qui vit sa fusion (Lancy Sport et Grand-Lancy) depuis cinq ans avec des hauts et des bas.

(TDG)

Créé: 21.02.2017, 21h48

La Ville de Lancy est attentive

Actuel conseiller administratif de la Ville de Lancy, en charge notamment des Sports, Frédéric Renevey a toujours un œil sur le Lancy FC, un club qui reçoit une importante subvention de sa Municipalité (700 000 francs cette année). Surtout quand des bruits fourmillent, faisant état d’un dépassement de budget.



«Plusieurs bruits circulaient, en effet, explique-t-il. Je voulais en avoir le cœur net. J’ai demandé à la Cour des comptes de pratiquer un audit l’automne passé. Elle est à bout touchant, elle fera des recommandations, sur la base desquelles nous pouvons de notre côté avoir des exigences. Peut-être y a-t-il eu une petite folie des grandeurs autour de la première équipe cette dernière saison. Mais la sonnette d’alarme a été tirée rapidement par les nouveaux dirigeants, qui sont venus me voir. Sans minimiser la situation, je ne suis pas d’une inquiétude folle. Des mesures ont été prises et je recevrai bientôt le rapport de la Cour des comptes.»

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