Les footballeurs vivent plus que jamais loin de leurs attaches

FootballDe Gelson Fernandes à Maccoppi, en passant par Guillemenot, le récit de leurs cas particuliers.

Andrea Maccoppi donne la leçon à l'un de ses deux fils, Alessandro, 6 ans. Tout le reste de sa famille est en Italie, en Lonmbardie. Il ne peut plus aller les trouver et forcément pense en permanence à ses proches.

Andrea Maccoppi donne la leçon à l'un de ses deux fils, Alessandro, 6 ans. Tout le reste de sa famille est en Italie, en Lonmbardie. Il ne peut plus aller les trouver et forcément pense en permanence à ses proches. Image: LDD

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C’est un moment singulier et pluriel à la fois, qui fait vivre la même épreuve à tous, mais chacun chez soi. Pour les footballeurs professionnels, c’est le repos forcé, les ersatz d’entraînements, les footings en solitaire. C’est aussi pour certains l’éloignement des siens, eux qui profitaient souvent d’un ou deux jours de congé pour aller trouver leurs proches. L’éloignement parce qu’il le faut, parce que se protéger soi-même est encore le meilleur moyen de protéger les autres.

La planète foot s’est arrêtée de tourner, ce n’est pas bien grave en soi, mais elle laisse des cas particuliers, des tranches de vie, qui peuvent se raconter.

La quarantaine de Gelson

C’est par exemple Gelson Fernandes, seul à Francfort. Deux de ses coéquipiers de l’Eintracht, «avec qui j’étais en contact», lâche-t-il au téléphone, sont positifs au Covid-19. Toute la formation de Bundesliga a été placée en quarantaine, chacun dans son domicile, c’est le protocole. Gelson aurait dû partir avec femme et enfants en Valais…

«J’ai été testé, c’est négatif, je le sais depuis samedi, explique-t-il. Heureusement. C’est bizarre de se retrouver privé des siens, mais c’est mieux comme ça. Je passe du temps, par écrans interposés, pour rester en contact, je donne par exemple des cours à ma fille de dix ans. J’en profite aussi pour faire des choses pour lesquelles j’avais moins de temps. Comme préparer mon master en management du sport. Mais il faut être conscient d’une chose: ce qui se passe est grave. Et il faut que tout le monde respecte vraiment les mesures imposées par les autorités. En pensant à soi. En pensant à son prochain aussi. Ce virus, cela doit aussi être une leçon d’humilité. Or j’en vois trop qui n’observent pas la discipline indispensable et cela me choque.»

Le choix de Guillemenot

À Saint-Gall, Jérémy Guillemenot est également à son domicile. L’attaquant genevois d’une équipe leader et adulée a troqué les stades pleins et les entraînements collectifs pour un confinement, un footing quotidien en solo et des exercices individuels concoctés par le préparateur physique des Brodeurs. Il est sur place avec son amie. Mais le reste de sa famille est à Genève.

«Il faut rester solidaire et suivre les consignes, lance-t-il. En fait les seules fois où je sors, c’est pour la course et pour… les courses. Il y a deux semaines, je suis venu un week-end voir mes parents et mes sœurs à Genève. Mais j’ai décidé de rentrer à Saint-Gall, c’est un choix. Pour côtoyer le moins de monde possible, c’est mieux. Parce qu’on peut être porteur sans le savoir, sans symptômes, et transmettre ce virus à quelqu’un.»

L’émotion de Maccoppi

Rester à a maison. Garder le moral. Penser aux siens, même à distance, surtout à distance. C’est le lot de tous et en particulier d’Andrea Maccoppi. Le milieu de terrain servettien est à Genève avec sa femme et ses deux enfants. Il est Italien, né à Milan. «Mes parents vivent là-bas, explique-t-il. En fait toute ma famille est dans la zone rouge de Lombardie, les parents de ma femme sont à cinq kilomètres de Codogno, le foyer de départ sans doute du coronavirus en Italie. Ma femme devait partir pour des vaccinations avec les enfants en Lombardie, le jour où les premiers cas ont commencé à être détectés. Nous avons décidé qu’elle restait ici. Nous avons bien fait.»

Il garde bien sûr le contact virtuel avec tous ses proches, le papa, la maman, les grands-parents, les oncles et tantes, les cousins, via WhatsApp ou Skype. «Ma maman, qui travaille à la caisse d’un supermarché près de Milan, doit faire un test, parce qu’elle est un peu malade, explique Andrea. Mais elle me dit que tout va bien. Mon grand-père, lui, a fait une bronchite, il va mieux, mais il n’a pas fait de test. Tout cela est forcément inquiétant, même si je m’efforce de rester optimiste. Parce qu’il le faut. Parce que sinon, tout devient trop sombre.»

L’émotion se devine chez l’Italien avec ce que traverse son pays. «Oui, c’est vrai, cela me touche beaucoup, en pensant non seulement aux miens, mais à tous les Italiens», souffle-t-il. Ce qu’il ne dira pas, par humilité, c’est qu’en solidarité avec ce que vit son pays, il a effectué des dons à quatre hôpitaux italiens engagés dans la lutte contre le virus.

Le football? Plus personne n’y pense vraiment ces temps.

Créé: 24.03.2020, 17h39

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