Le FC Meyrin a pu caresser un doux rêve pendant une bonne heure

FOOTBALLTenant le choc contre Bâle en Coupe de Suisse, le club de 1re ligue a fini par craquer (0-3), mais il sort grandi.

Luca Zuffi et Bâle ont fini par passer en force, mais Fabrizio Zambrella et Meyrin les ont longtemps contrariés.

Luca Zuffi et Bâle ont fini par passer en force, mais Fabrizio Zambrella et Meyrin les ont longtemps contrariés. Image: KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

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Entre circulation routière déviée, grands axes interdits au trafic et routes secondaires complètement saturées, il fallait s’armer de patience samedi pour rejoindre le stade des Arbères. Non que des cohues sans fin se soient formées devant ses caisses. Mais le rendez-vous de Coupe a souffert des portes ouvertes au CERN voisin, drainant des dizaines de milliers de curieux venus percer sinon tenter de comprendre durant tout le week-end les secrets de la science, visitant notamment le Grand collisionneur d’hadrons, un accélérateur de particules construit dans un tunnel de près de 30 km de circonférence.

Ce but refusé par Nikolic

Pour ce qui est de la science du ballon, pas de big bang ni de théorie abstraite mais une frustration meyrinoise compréhensible au coup de sifflet final. Si Bâle a fini par s’imposer somme toute fort logiquement, le verdict ne raconte pas la physionomie d’un match qui aurait pu lui échapper. Tant l’écart séparant les deux protagonistes s’est longtemps estompé sur la pelouse, ce qui est tout à l’honneur des protégés de Jean-Philippe Lebeau. Mais le club des Arbères n’est jamais parvenu à inscrire ce but qui aurait dû tout changer. Un but que Nikolic refusa à Diallo (28e) et surtout Valente (47e).

Déçu mais réaliste

S’il s’est dit «fier» de ses joueurs, leur coach n’en était pas moins abattu, conscient de n’avoir fait qu’effleurer la surprise espérée. «Je suis déçu parce que notre objectif était de passer. Mais je suis aussi réaliste. Durant la semaine, les joueurs du FC Bâle n’ont rien d’autre à faire que de préparer à mettre leurs corps et leur tête à disposition du rendez-vous du samedi. Ce n’est bien sûr pas le cas d’une équipe comme la nôtre…» Meyrin, c’est un assemblage de vieux briscards, ayant goûté à l’élite helvétique, et d’espoirs, à l’instar du très prometteur Martins Cepa, causant les pires tourments à son vis-à-vis sur le flanc gauche. Preuve que le visiteur n’en menait pas large, l’agacement qui devait gagner son banc. «On sentait que Bâle n’était pas serein», souffle Lebeau.

Titulaires au repos

Mais le 0-0 de l’espoir, tenu à la mi-temps, allait se transformer en une inéluctable élimination. On ne défie pas impunément le FC Bâle et son effectif XXL - Marcel Koller ne s’est pas gêné pour laisser au repos plusieurs titulaires en vue de la réception des Russes de Krasnodar jeudi en Ligue Europa.

Invité épisodiquement à croiser Meyrin sur sa route, le club de Saint-Jacques a franchi la haie comme en 2004 (3-1) et en 2015 (4-0). Mais Kevin Bua, devant sa famille, s’est incliné devant la résistance offerte. «Meyrin n’a rien lâché, je n’en attendais pas moins de sa part. En Coupe, on sait ce qui peut se passer tant que le favori ne trouve pas l’ouverture», convenait le Genevois du FCB. Au-delà de l’aspect sportif, c’est le climat de fête et d’un bonheur communicatif qu’il convient de retenir – sur ce terrain-là, le club du président Salamolard l’a emporté.

Dans un deuxième tour de Coupe maudit pour les Genevois, Meyrin a ainsi rejoint le cercle des perdants, Servette, Lancy et OG, tous éliminés. Avec Chênois, Echallens et Bulle au menu, ses rendez-vous avec la réalité du championnat vont s’enchaîner à un rythme élevé. Et il n’y aura cette fois plus de bouchons, ou déjà moins. Circulez, il y a tout à voir.


Fabian Frei a consolé le gardien Fabio Monteiro

Longtemps, on n’a vu que lui, Fabio Monteiro (29 ans), dont les parades successives ont été monstrueuses. Si Meyrin a pu tutoyer l’exploit durant une heure, c’est d’abord à son portier qu’il le doit. Une fois, deux fois, dix fois peut-être, le No 30 a dit non. «Je m’en suis pas trop mal sorti, lâchait modestement l’intéressé. Il y avait la place pour faire autre chose, quelque chose de mieux encore, mais pour cela il aurait fallu marquer.» Quand Ademi a enfin percé la muraille (61e), on a vu Fabian Frei se pencher sur le gardien demeuré étendu au sol et, fait plutôt rare, lui glisser quelques mots à l’oreille. Que lui a-t-il alors susurré? «Il m’a dit que c’était dommage pour moi. Sur le moment, je n’ai pas su si je devais le prendre comme un compliment ou une provocation.» Pour un Meyrin héroïque, le début de la fin. «Le premier but nous a donné un coup au moral, convenait Monteiro. Dès que Bâle a accéléré, on a souffert au niveau du rythme.» N.JR

Créé: 15.09.2019, 18h41

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