Dominguez: «Le talent ne suffit pas, je l’ai compris maintenant»

Derby SFC-LS J-1Le Genevois du LS a mangé son pain noir depuis son départ de Servette en 2015. Confession avant le choc de vendredi.

Avant le derby de vendredi, Maxime Dominguez évoque son parcours tortueux.

Avant le derby de vendredi, Maxime Dominguez évoque son parcours tortueux. Image: MARIUS AFFOLTER

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

La prise de conscience est un signe d’intelligence. Elle suppose un regard sur soi sans complaisance, une mise en abyme de ses propres certitudes, d’un mode de fonctionnement. Prélude d’une table rase pour un nouveau départ, le mea culpa balaie tout et ce cheminement-là, douloureux, sculpte une nouvelle destinée. C’est ce processus qu’a traversé Maxime Dominguez.

À la veille d’un derby sulfureux, le Genevois du LS, formé au Servette FC, n’est pas seulement le trait d’union entre les frères ennemis. À 22 ans, il est le symbole d’un parcours tortueux, d’un jeune No 10 bourré de talent, lumineux, qui voulait tout, tout de suite. Et qui a mesuré tout le décalage entre ses impatiences et la réalité du terrain. C’est un Maxime tout neuf, grandi, mature qui parle aujourd’hui, lui qui est décisif avec Lausanne cette saison à chaque fois que Contini lui fait confiance.

Maxime, ces dernières saisons ont été très compliquées pour vous, tant à Zurich qu’à Lausanne jusqu’à aujourd’hui. Avez-vous claqué la porte de Servette trop tôt, en 2015, à 19 ans?
Je ne sais pas. Je regrette la manière, sans doute, oui. Mais je chauffais le banc du Servette de Cooper, je n’avais pas de perspectives, cette position m’avait coûté ma place avec les M18 suisses. Et il y a eu cette proposition du FC Zurich. Je pensais intégrer la première tout de suite. Je suis passé par six mois avec les M21 du club avant de retrouver le groupe pro. Mais Meier était parti et ensuite Forte m’a fait comprendre que je devais faire mes valises, que je n’avais pas le profil qu’il recherchait. Oui, c’était compliqué, ça s’est mal passé.

À Lausanne aussi, cela n’a pas été simple dès 2016…
Lausanne, c’était une belle opportunité après Zurich. Je savais qu’il y avait beaucoup de concurrence au milieu. J’ai là aussi connu un détour avec les M21, en 1re ligue. Où j’ai fait mes preuves. Bien sûr, je voulais plus de temps de jeu, avec la première équipe. Mais ensuite j’ai été blessé et opéré du genou en décembre 2017. Ce n’est que maintenant que je me sens vraiment bien. Physiquement, mentalement.

Maxime, vous parlez beaucoup de temps de jeu qui faisait toujours défaut, à Servette, à Zurich, à Lausanne: n’êtes-vous pas trop gourmand?
Peut-être, c’est vrai. Tout ne s’est pas passé comme je l’avais imaginé. Toutes ces années m’ont appris beaucoup de choses. J’ai mangé mon pain noir. Mais j’ai grandi. Le talent seul ne suffit pas. Je ne l’ai jamais vraiment cru, mais je l’ai compris maintenant. Il y a eu une vraie prise de conscience.

Comment ce processus s’est-il enclenché?
Il faut regarder les choses en face, se demander pourquoi cela ne fonctionne pas comme prévu. Peut-être que j’avais tendance à me reposer sur mes lauriers, sur une forme de facilité. Or il faut bosser, dur, se remettre toujours en question. Faire plus d’efforts: du travail spécifique, de la musculation, du gainage. Je ne suis plus un enfant, je ne dois plus réagir en enfant. J’ai appris à faire mon autocritique pour voir chez moi ce qui n’allait pas, ce qui pouvait être amélioré, plutôt que de rejeter mes propres problèmes sur les autres.

Qui est à l’origine de cette prise de conscience?
Ma famille. Nous avons toujours beaucoup discuté. Et puis il y a le rôle particulier qu’a joué mon frère Ludovic. Il a 27 ans, il s’est installé avec moi à Lausanne, en colocation, il suivait des études sur place. Il m’a soutenu dans ce parcours. Mieux manger, faire attention à tous les détails, être professionnel à tous les niveaux: il m’a beaucoup aidé.

Et le nouveau Maxime est désormais là, prêt à briller avec Lausanne, contre Servette, au Stade de Genève, vendredi soir…
Oui. Revenir à Genève pour ce match-là, après tout ce que j’ai vécu, c’est quelque chose de spécial. Je n’oublierai jamais Servette, mais je me donnerai à 100% pour Lausanne, bien sûr. Pas de cadeaux, comme on dit. Le LS est clairement favori, en tête du classement, seule équipe invaincue, et nous venons pour gagner. Même si je sais que Servette sera notre principal rival cette saison et que rien ne sera simple vendredi soir. (TDG)

Créé: 30.08.2018, 07h14

Bio express

Naissance: le 1er février 1996 à Genève, 22 ans.

Poste: milieu de terrain axial offensif, gaucher.

Formation junior: au Servette FC.

Parcours pro: Servette, Zurich (dès février 2015), Lausanne (dès juillet 2016).

Sélections suisses: convoqué dès les M16 et jusqu’en M20 avec la Suisse.

Articles en relation

Avec Koro Kone devant, Servette tient peut-être son arme fatale

Derby SFC-LS J-2 Premier match en grenat, deux buts pour un succès 2-0: le buteur ivoirien a fait fort. Mais c’est vendredi soir qu’il doit confirmer. Plus...

Didier Fischer: «Servette a fait son autocritique»

Football Rencontre avec le président des Grenat, qui jouent leur premier match à domicile de la saison ce vendredi contre Winterthour. Plus...

Dominguez quitte Servette pour Zurich

Football A 19 ans, il va découvrir la Super League. C’est un prêt de 18 mois, avec option d’achat. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Papyrus: les régularisés gagnent plus et vont mieux que les illégaux
Plus...