Le choc lémanique, c’est aussi et surtout un duel grinçant de mauvaise foi

FootballPour marquer dignement le retour du derby lémanique, nous avons joué le match avant le match, sans retenue ou presque.


Vidéo: Aymeric Dejardin / Pascal Wassmer/Keystone

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Après une interminable attente de plus de trois ans – la dernière des 180 éditions disputées en championnat jusqu’à aujourd’hui s’était déroulée le 26 avril 2015 au Stade de Genève –, le derby lémanique est de retour. Enfin! Et quel derby, puisque les deux clubs occupent déjà le haut du classement et nourrissent l’ambition commune de reprendre, dès l’été prochain, leur place au sein de l’élite du football suisse. Un rang qu’ils n’auraient probablement jamais quitté ni l’un ni l’autre sans ces deux faillites qui ont plombé leurs histoires respectives au début de ce siècle.

Mais laissons le passé aux nostalgiques et concentrons-nous plutôt sur ce premier des quatre derbys lémaniques qui viendront pimenter, il faut l’espérer, cette longue marche du Servette FC et du Lausanne-Sport vers les deux premières places du classement de Challenge League. Restera ensuite à savoir laquelle des deux équipes sera directement promue et laquelle devra en passer par un barrage contre le 9e de la catégorie supérieure. On n’en est pas encore là, mais ce premier rendez-vous valdo-genevois nous donnera déjà une bonne indication sur ce que l’avenir proche nous réservera.

Pour marquer comme il se doit le retour de ce qui reste malgré tout un monument du football helvétique, nous avons choisi d’en parler d’une façon un peu particulière. Nous avons voulu jouer le match avant le match, en laissant notre «meilleure» mauvaise foi attiser les passions. Ou, estimeront les supporters les plus fervents des deux camps, en faisant enfin preuve d’un minimum d’objectivité. À vous de juger et que le meilleur gagne. À condition, bien sûr, que ce soit…


Vu de Genève

Pourquoi Servette va terrasser le LS

Par Daniel Visentini

1. Parce qu’Alain Geiger, c’est l’expérience à la barre

Un derby, c’est une affaire d’hommes. Et de meneurs d’hommes. Cela tombe bien pour Servette. Au compteur, Geiger a 112 sélections avec l’équipe de Suisse. Monstrueuse expérience internationale au service des Grenat. On ne peut s’empêcher de comparer avec Contini, son vis-à-vis du LS: 54 petites minutes disputées en Pologne en 2001 lors de sa seule sélection… Aucun doute: le bagage d’Alain Geiger est infiniment supérieur. Et tant pis si, en tant qu’entraîneur, il n’a pas encore un palmarès ébouriffant. C’est qu’il a tâtonné longtemps avant de comprendre qu’il lui fallait revenir à Genève. Pour tout déchirer, non mais!

2. Parce que le contingent grenat est incomparable

Avec 12 millions, le LS affiche un budget deux fois supérieur à celui de Servette? La bonne blague, cela ne suffira évidemment pas. Parce que sur le terrain, les Grenat sont intouchables, c’est bien connu. Surtout maintenant que Koro Koné est arrivé. Le buteur ivoirien affiche l’affolante moyenne de deux buts par match sous ses nouvelles couleurs. Lausanne peut trembler. On rajoute encore la maestria de Rouiller derrière, le calme d’un Maccoppi qui a eu la bonne idée de quitter le LS pour Servette, la vista et la technique de Wüthrich ou le talent de Stevanovic et tout ira comme sur des roulettes, c’est sûr.

3. Parce que le système de jeu des Genevois est illisible

On les entend déjà, ceux qui glosent sur un système de jeu surtout illisible pour les Grenat eux-mêmes. Rien du tout: c’est l’adversaire qui ne comprend rien aux schémas servettiens, ce 4-2-3-1 qui peut se moduler en 4-4-2 ou en 4-4-1-1 ou en 4-1-4-1, ce système qui permet de jouer tantôt avec un bloc bas, tantôt avec un pressing dans le camp adverse. Il y a bien eu deux couacs cette saison, à Wil et à Vaduz. Mais ça, c’était avant. Depuis, tout est rentré dans l’ordre. Et ces défaites étaient «ridicules», tellement Servette était supérieur, c’est le président Fischer qui l’a dit. C’est donc certain: Lausanne n’y verra que du feu.

4. Parce qu’un public fervent répondra présent, de bleu!

Non, le Stade de Genève ne sera pas plein. Ça, ce sera pour fêter la promotion dans quelques mois, tout est prévu. Mais en attendant, il y aura du monde à la Praille. Un vrai stade de foot, pas comme la Pontaise. Et puis, c’est les 30 ans de la Section Grenat, les plus fidèles supporters. Il y aura des animations, avant et pendant le match, de l’ambiance et des «grandes gueules» pour hurler. Les Vaudois, déboussolés, apeurés, ne sauront plus où donner de la tête.

5. Parce que l’histoire des derbies parle pour Servette

En toute humilité, puisque c’est la qualité première de tout Genevois, rappelons quelques chiffres. Il y a eu 180 derbies entre le SFC et le LS depuis 1933 (création de la Ligue nationale): 80 ont été remportés par les Grenat, il y a eu 55 nuls et Servette, magnanime, a consenti à s’incliner 45 fois seulement. Mieux: les quatre dernières confrontations directes en Challenge League se sont soldées par autant de brillants succès grenat. Même pas besoin d’évoquer le 2 juin 1999.


Vu de Lausanne

Pourquoi le LS va terrasser Servette

Par André Boschetti

1. Parce que Giorgio Contini est un entraîneur moderne

Pour retrouver cette Super League qu’il n’aurait jamais dû quitter, le LS a choisi un entraîneur aux idées qui ne sentent pas la naphtaline. Et l’ambitieux Giorgio Contini représente à merveille cette jeune et prometteuse génération de techniciens suisses qui prônent un football moderne, sans complexe et porté vers le but adverse. Le coach lausannois a, de surcroît – et contrairement à Alain Geiger – une parfaite connaissance de cette Challenge League qu’il a déjà quittée en vainqueur avec le modeste FC Vaduz, en 2014.

2. Parce que la qualité individuelle est du côté lausannois

Quel joueur du contingent servettien serait aujourd’hui titulaire au LS? La réponse tient en cinq lettres: aucun! Même si plusieurs éléments, et pas des moindres, sont absents côté lausannois, le groupe est assez riche pour ne pas avoir à en souffrir. Avec Castella, Brandao, Cabral et Rapp, le LS possède une colonne vertébrale digne de la Super League. Et puis, le Genevois Maxime Dominguez a trouvé à Lausanne le bon contexte pour justifier les gros espoirs que tous les techniciens suisses voyaient en lui. Nul doute qu’il se fera un malin plaisir de marquer face à son club formateur. Juste pour qu’on le regrette un peu plus encore.

3. Parce que le LS possède une défense imperméable

Une grande équipe se construit depuis derrière. Giorgio Contini a fait sienne cette vérité mille fois confirmée. En deux mois, il a su ériger une arrière-garde impénétrable. Avec Nganga, Brandao et Flo, le LS peut compter avec trois joueurs d’expérience dans un secteur de jeu où cette qualité est primordiale. Un contexte idéal qui permet à Noah Loosli de progresser à une vitesse impressionnante. Le jeune défenseur central se montre non seulement intraitable depuis le début de la saison, mais il est également redoutable en phase offensive. Grâce, aussi, à l’extraordinaire patte gauche du Norvégien Per-Egil Flo – quelle belle trouvaille! – Loosli a déjà marqué à deux reprises – contre Vaduz et Chiasso – lors des cinq premières journées, avant de passer tout près du triplé face à Rapperswil.

4. Parce que jouer à la Praille sera un atout pour Lausanne

Le LS n’a égaré que quatre points jusque-là. Deux nuls qui ont un seul et même principal responsable: le terrain. Le bourbier de la Pontaise contre Kriens et l’exécrable synthétique de Schaffhouse. Heureusement pour les Lausannois, la pelouse de la Praille est à la fois hybride et flambant neuve. Elle va donc avantager l’équipe la plus habile avec le ballon. Donc le LS.

5. Parce que l’histoire n’a jamais marqué le moindre but

Les statistiques ne parlent pas en faveur du LS? Et alors… Ce derby se joue au présent, pas au passé. Dans quelque domaine que ce soit, la nostalgie des succès d’autrefois n’a jamais été bonne conseillère. De plus, la pression du résultat sera davantage sur les frêles épaules de Servettiens qui joueront avec la peur de compter cinq unités de retard. Alors que l’été n’est pas encore terminé. (TDG)

Créé: 30.08.2018, 21h05

Les dernières nouvelles du vestiaire



Les absents
Schalk, incertain, pourrait bien faire l’impasse sur le derby, afin d’être parfaitement remis après la pause internationale qui suivra. Willie est toujours blessé. Antunes, Cespedes et Sarr sont de retour, à disposition. Wüthrich, entré lors de la victoire contre Winterthour, a faim de terrain.

Alain Geiger
«Il faut de l’audace dans ce genre de match. Le mot d’ordre est simple: de l’engagement et de la lucidité. Il faudra emballer la rencontre et avoir la lucidité de faire les choses justes, avec les bonnes idées. Servette est le challenger, mais joue à domicile: il faut bousculer ce Lausanne très bien organisé.» D.V.

Les dernières nouvelles du vestiaire



Les absents
Manière, Tejeda, Monteiro, Margiotta
et Kukuruzovic n’ont pas été convoqués. Touché à une cuisse il y a quinze jours, l’attaquant italien a pu reprendre l’entraînement collectif cette semaine mais, pour Contini, il manque encore de rythme. Quant à la nouvelle recrue, Stjepan Kukuruzovic, il a assisté à la naissance de sa première fille dans la nuit de mercredi à jeudi. Il n’a donc pas encore pu s’entraîner avec l’équipe. Il sera présent dans les tribunes à Genève.

Giorgio Contini
«Pour un entraîneur, ce genre de semaine est tranquille car on n’a pas besoin de motiver ses joueurs. On se réjouit tous de jouer ce derby.»

Michel Avanzini face à Olivier Custodio. Le 26 avril 2015, date du dernier derby lémanique, Servette s’était imposé 4-2. (Image: Martial Trezzini)

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