Ce championnat de Challenge League semble voué à n’avoir ni queue ni tête

FootballAprès un tiers de la saison, quatre équipes pointent en tête, tandis que le dernier a battu le leader. Qu’est-ce que ça veut dire?

Lausanne et Servette, supposés être les deux cadors de la ligue, doivent partager la tête d’affiche avec Winterthour et Wil. Une homogénéité jamais vue dans cette ligue.

Lausanne et Servette, supposés être les deux cadors de la ligue, doivent partager la tête d’affiche avec Winterthour et Wil. Une homogénéité jamais vue dans cette ligue. Image: Lafargue

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Il fut un temps où tout était simple. En Challenge League, il y avait un ou deux favoris et ils assumaient leur statut en enquillant les succès avec le sentiment du devoir accompli. C’était Zurich il y a deux ans, puis Xamax la saison passée, Servette ayant trop vite lâché prise. Mais ça, c’était avant. Avant le championnat 2018-2019 qui, après douze journées, soit un tiers de l’exercice, place quatre équipes en tête du classement.

Pas de hiérarchie claire

Seule la différence de buts départage les leaders: Servette devance Lausanne, Winterthour et Wil, et tout ce beau monde totalise 21 points. Cela ne peut signifier que deux choses: soit la Challenge League a la chance extraordinaire d’être la plus relevée de son histoire; soit il s’agit a contrario d’un nivellement des valeurs, par le bas, puisque les favoris supposés (Lausanne et Servette) ne sont pas capables de s’élever à la hauteur de leurs ambitions. Rien n’est tout blanc ou tout noir: il faudra sans doute encore quelques journées pour qu’une hiérarchie se dégage. Mais l’impression reste trouble.

La stimulation des barrages

Pablo Iglesias, directeur sportif du LS, s’est penché sur la question. «Quand on voit Bâle, en Coupe, très peu souverain à Winterthour (0-1), ou Thoune devoir passer par les tirs au but pour éliminer Wil, on peut se dire que le niveau de la Challenge League n’est pas mauvais. Au-delà du contenu technique de chaque match, c’est un championnat difficile à gérer. Je pense effectivement que sur la durée, on y verra plus clair. J’espère que Lausanne et Servette se détacheront pour batailler ensemble. Mais un autre facteur me semble important: depuis cette saison, la deuxième place permet à nouveau de disputer un barrage contre l’avant-dernier de Super League. Lors des promotions de Zurich et de Xamax, une fois que ces deux équipes avaient pris plusieurs points d’avance, tout était terminé ou presque. Les autres équipes n’avaient plus rien à espérer, à part éviter la relégation. Cette saison, il existe sûrement une nouvelle forme d’émulation. Je remarque aussi qu’il y a davantage de joueurs issus de Super League, davantage de jeunes internationaux aussi. Le niveau de compétitivité est meilleur. Il faudra peut-être se reposer la question de la formule du championnat, et envisager d’élargir la Super League. Ce doit être la place de Lausanne et de Servette.»

C’est sûr, le barrage redistribue les cartes. C’est justement un soir de match retour contre Bellinzone, le 31 mai 2011, que Servette a retrouvé la Super League. On aurait aimé connaître le point de vue des Grenat sur le classement actuel. Mais Servette n’a pas souhaité répondre à nos questions, préférant ne pas commenter la situation pour le moment. La pression du leader, sans doute…

Mais il en est un qui a son mot à dire: Sébastien Fournier, ancienne figure de Servette et actuel directeur technique de l’Association cantonale genevoise.

«Le LS n’est pas folichon»

«J’ai plutôt tendance à penser que le niveau d’ensemble est un peu plus élevé, explique-t-il. Il n’a en tout cas pas baissé. Mais aucune locomotive ne se détache, c’est vrai. Quand on voit Aarau, avec ses renforts, occuper la dernière place et néanmoins battre le leader d’alors, Wil, on devine surtout le signe d’une ligue plus homogène que par le passé. Servette me semble bien armé. Il a dû commencer sa saison à l’extérieur, la pelouse de la Praille étant en réfection, mais il semble bien corriger le tir. Il y a des choses très intéressantes sur le plan du jeu, on l’a vu contre Lucerne en Coupe, malgré l’élimination aux tirs au but. Avec plus d’efficacité, les Grenat seraient détachés devant. Je serais curieux de voir ce que donnerait un Xamax - Servette actuellement. Lausanne m’inquiète plus avec son fond de jeu. Ce n’est pas folichon pour le moment, mais il y a un beau potentiel.»

Une seule certitude au final: les points valent cher.

(TDG)

Créé: 01.11.2018, 22h06

Winterthour et Wil vont craquer

Derrière Servette et Lausanne se tiennent donc en embuscade, avec le même nombre de points, Winterthour et Wil. Ces deux équipes peuvent-elles jouer les trouble-fêtes sur la longueur du championnat?

Il y a de part et d’autres des individualités intéressantes, mais ce contingent suffira-t-il pour durer et tenir tête aux Genevois et aux Vaudois, surtout si ces derniers atteignent une certaine régularité?
Alexandre Comisetti en doute. «Sur la longueur, cela me semble compliqué pour Winterthour ou Wil, assure le consultant de la RTS. Bien sûr, on ne distingue que par intermittence le fond de jeu qui est censé porter Servette et Lausanne. Mais cette inconstance montre justement qu’il existe encore une belle marge de progression. Les points perdus bêtement vont gentiment cesser quand les Genevois et les Vaudois auront évolué collectivement. Enfin, au niveau de la profondeur de banc, les deux équipes alémaniques ne possèdent pas les mêmes atouts.»

Marco Schällibaum, qui sillonne la Suisse en tant que recruteur pour le compte du FC Bâle, a déjà vu plusieurs fois Winterthour et Wil. Son verdict: «Winterthour pourra peut-être s’accrocher plus longtemps que Wil, mais ni l’un ni l’autre n’ont à disposition les qualités perceptibles dans les contingents de Servette et de Lausanne. Ils travaillent très bien, avec des budgets plus petits que les deux clubs romands. Mais sur la durée d’un championnat, les solutions de rechange à tous les postes feront la différence en faveur du SFC et du LS. Je peux me tromper, parce qu’en football, on ne sait jamais, mais je crois que Servette et Lausanne vont se détacher et que leurs concurrents ne pourront plus suivre.»
Des avis clairs et nets. Encore faut-il que les deux clubs lémaniques se montrent désormais à la hauteur de leurs ambitions en assumant sans plus trembler leurs statuts de grands favoris. Les Grenat reçoivent Schaffhouse dimanche, les Vaudois attendent Vaduz samedi.

D. V.

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