Anthony Sauthier: «On ne va pas renier ce qui fait notre force»

FootballServette prépare en Valais son retour dans l’élite. Pour son capitaine, le club grenat devra s’appuyer sur ses qualités de jeu.

Anthony Sauthier, entouré ici par Sébastien Wüthrich et Timothé Cognat, et les Servettiens ont remis les crampons 
dans la bonne humeur: «En tant que capitaine, mon rôle est aussi de préserver l’esprit de famille.»

Anthony Sauthier, entouré ici par Sébastien Wüthrich et Timothé Cognat, et les Servettiens ont remis les crampons dans la bonne humeur: «En tant que capitaine, mon rôle est aussi de préserver l’esprit de famille.» Image: ÉRIC LAFARGUE

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

S’il fallait n’en trouver qu’un seul, ce serait sans doute lui. Anthony Sauthier incarne la renaissance du Servette FC, dont il est aussi le capitaine après avoir hérité du brassard de Tibert Pont. À 28 ans, le Valaisan de la Praille a connu bien des galères avant de savourer pleinement le renouveau grenat. En marge du camp de préparation que Servette effectue ces jours-ci en Valais, Sauthier évoque les perspectives qu’offre ce retour dans l’élite helvétique. Aux thermes de Val-d’Illiez, le défenseur s’est mis à table, sans jamais se dérober. Et ce qu’il dit traduit bien l’état d’esprit des protégés d’Alain Geiger avant la reprise.

À quoi ont ressemblé les vacances d’Anthony Sauthier?
Je ne suis pas parti, je me suis marié. Après les festivités liées à la cérémonie, on a juste coupé avec mon épouse trois jours en Sicile, à la plage, au soleil, pour décompresser. La vraie pause pour un footballeur, c’est durant l’hiver.

Après le mariage, vous avez aussi prolongé votre bail au SFC, avec lequel vous êtes désormais lié jusqu’en 2021. Quel signe peut-on y voir? Vous auriez pu partir?
Cela n’a jamais été mon intention. Depuis mon arrivée à Genève, en 2013, j’ai connu des hauts magnifiques mais également des années de galère. Je n’ai pas vécu tout cela pour partir au moment où le club retrouve sa place naturelle. Mon objectif a toujours été de jouer en Super League avec Servette. Voilà, c’est fait, on y est arrivé.

Une promotion, c’est beaucoup de fierté mais en même temps une immense responsabilité, avec la nécessité d’être à la hauteur.
À nous de descendre de notre petit nuage. La saison qui s’annonce sera forcément différente de celle que l’on vient de vivre. La Super League, c’est autre chose. Les équipes y sont mieux armées. Que ce soit en termes d’impact physique, de rythme ou de technique, tout est plus fort.

Dans ces conditions, quel Servette va-t-on retrouver dès le 21 juillet à Berne?
Un très bon Servette, qui va continuer à produire du beau jeu, ou au moins essayer. Forts de notre réputation, on ne va pas renier ce qui fait notre force. Même s’il faudra parfois trouver d’autres solutions, Servette ne peut être plus fort qu’en respectant son ADN historique en matière de jeu. Mais il ne faudra pas s’exciter et vouloir tout chambouler non plus si l’on devait connaître quelques ratés.

La saison dernière, Servette avait prouvé à plusieurs reprises qu’il possédait déjà le calibre de la Super League. Pourquoi faut-il dès lors des renforts?
Parce que c’est l’histoire du foot… Si l’on veut s’établir durablement en Super League, on a besoin de renforts qui constituent un vrai plus.

Le risque avec des renforts, c’est de perdre la cohésion qui caractérisait le groupe en Challenge League. Comment s’en prémunir?
Je connais nos dirigeants. Ils ne vont pas aller chercher n’importe qui, ou des pommes pourries qui pourraient mettre en danger l’équilibre du groupe en créant des fractures ou des clans. Vincent (ndlr: Sasso) vient de débarquer, mais on voit déjà que c’est un chic type. En tant que capitaine, mon rôle est aussi de faire en sorte que l’on préserve l’esprit de famille. Je sais que cette image, souvent galvaudée, peut faire sourire. Mais dans notre cas, cela correspond à la réalité.

Alors qu’un néopromu fait du seul maintien son traditionnel objectif, tant Didier Fischer, votre président, qu’Alain Geiger ne craignent pas d’afficher des ambitions plus élevées. Vous les suivez?
Oui, pourquoi devrait-on se contenter du maintien? On peut jouer autre chose que ça. Servette, c’est un nom qui compte en Suisse, et même au-delà. Après des années de purgatoire en LNB, Bâle avait fini par atteindre les sommets. Cela pourrait nous donner des idées.

À Genève, le retour de Servette dans l’élite crée de nouvelles attentes, suscitant même un engouement inhabituel. L’avez-vous ressenti?
Très clairement. On sent que le regard des gens a changé. Dans la rue, devant les terrasses des cafés, on est même souvent reconnus, ce qui n’était pas le cas auparavant. On sent que les Genevois, qui avaient des difficultés à s’identifier au club, sont à nouveau fiers de Servette. Ils n’en parlent plus en mal.

Grâce au sauvetage de NE Xamax, on retrouvera trois clubs romands sur la ligne de départ.
C’est génial pour le foot romand et le public, avec notamment le retour du derby du Rhône. Même les Valaisans sont contents de la promotion de Servette. À nous de perpétuer l’histoire.

À un mois de la reprise, quel est le message du capitaine?
Quelque chose de beau, de grand est en train de se mettre en place. À moi de montrer l’exemple, de ne jamais me plaindre, peu importent les circonstances ou les difficultés. Si le capitaine lâchait, qu’en penseraient les autres joueurs?

On ne peut pas vous quitter sans évoquer l’une de vos spécialités, ces buts venus d’ailleurs, faisant le buzz sur la Toile. Qu’allez-vous nous «inventer» en Super League?
Peut-être une volée semblable à celle réussie contre Zurich, mais encore plus stratosphérique… Et puis non, si je reste muet et n’offre aucun assist mais que Servette, en échange, se retrouve dans le haut du tableau, cela m’irait aussi très bien.


Avec YB et Sion, deux entrées copieuses au menu

Servette voulait du lourd, le voici servi. Le 21 juillet, à l’heure des trois coups de la saison 2019-2020, un champion (de Super League) recevra un autre champion (de Challenge League). Agendé à 16 h, ce YB – Servette permettra aux visiteurs de jauger ce qui se fait de mieux en Suisse; un rendez-vous durant lequel les Grenat n’auront rien à perdre. À tout prendre, mieux vaut affronter des Bernois qui cherchent encore possiblement leurs marques (et sont peut-être déjà focalisés sur les barrages de la Ligue des champions) qu’une équipe en pleine bourre. En cas d’exploit, Servette lancerait idéalement sa saison en frappant un grand coup. En cas de défaite, ses joueurs prendraient simplement conscience de ce qui les sépare du top.

Lors de son ultime passage dans la capitale, Servette, entraîné alors par Sébastien Fournier (qui avait remplacé Joao Alves en début d’exercice), s’était imposé 2-0 le 7 avril 2013 grâce à des buts signés Vitkieviez et Karanovic.

Le derby du Rhône et les très chaudes retrouvailles avec le FC Sion interviendront dès la deuxième journée, avec la réception du club valaisan à la Praille le 27 juillet à partir de 19 h. Un derby qui arrive très tôt dans la saison pour Servette, ce que l’on peut regretter, tant Genève est vidée de ses habitants à cette période-là de l’été, coïncidant de surcroît avec le week-end du Paléo. Des considérations qui auront sûrement une incidence sur l’affluence. La rencontre étant classée à hauts risques, voilà qui ne déplaira sans doute pas aux forces de l’ordre. La dernière confrontation officielle entre les meilleurs frères ennemis remonte au printemps 2013 et s’était soldée par un large succès genevois (4-0 devant 10 600 spectateurs). Après avoir reçu Lucerne une semaine plus tard, les Genevois s’en iront défier Bâle le 10 août. C’est dire que le néopromu, avec quatre gros matches en moins de 20 jours, va au-devant d’une entrée en matière plutôt gratinée. Exactement ce qu’il recherchait… N.JR

Première journée de Super League.
20 juillet (19 h): Thoune - Xamax, Sion - Bâle.
21 juillet (16 h): YB - Servette, Saint-Gall - Lucerne, Zurich - Lugano.

Créé: 21.06.2019, 07h51

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.