Anthony Sauthier: «On doit envoyer un signal fort en pensant à la saison prochaine»

FootballCapitaine d’un Servette en crise, le défenseur compte sur la venue de Schaffhouse et de NE Xamax pour retrouver de la vie.

Anthony Sauthier, dans son rôle de capitaine, montre du caractère et de l’orgueil: «On va mettre le bleu de travail et aller au charbon pour redonner le sourire aux fans.»

Anthony Sauthier, dans son rôle de capitaine, montre du caractère et de l’orgueil: «On va mettre le bleu de travail et aller au charbon pour redonner le sourire aux fans.» Image: ÉRIC LAFARGUE

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Il n’est pas du genre, comme Christian Constantin à Sion, à faire trembler les murs. Il n’y a pas eu de gros éclats de voix dans le vestiaire mais Didier Fischer, président du Servette FC, a su, semble-t-il, trouver les bons mots pour secouer le cocotier. «Il a tapé du poing sur la table, c’est vrai, mais avec beaucoup de respect et de calme. Son discours a été bon.» Capitaine des Grenat, Anthony Sauthier n’a pas été surpris par la réaction d’un patron qui a surtout visé «certains anciens» qui ne font pas honneur à leur profession, à l’histoire du club ni à la couleur du maillot. «Il a été très franc dans ses propos rappelant quels sont nos devoirs, confie-t-il. C’est le moment de tous se remettre en question. Ceux qui baissent la tête doivent la relever, il est important de bien terminer la saison.» Question de mentalité et de respect. Après les deux dernières rencontres à Rapperswil et à Chiasso, qui se sont soldées par deux mortifiants revers, les joueurs ont renvoyé l’image calamiteuse d’une formation en roue libre. Celle d’un groupe peu concerné par ces enjeux pour beurre.

Aucun droit à l’erreur

Par son attitude sur le terrain, le défenseur valaisan (27 ans) a été toutefois, lors de ces deux dernières sorties, l’un des rares «tauliers» de l’équipe à échapper à la critique. «Ceux qui sont là depuis longtemps le savent, on n’a pas le droit à l’erreur à Genève, on a l’habitude, sourit celui qui mouille son tricot depuis 2013. À vrai dire, je comprends que les gens soient fâchés, je le suis tout autant. Peut-être bien qu’inconsciemment, dès qu’on a commencé à perdre des plumes alors que Xamax enchaînait les succès, on a pris un coup derrière la tête.»

Entraîneur par intérim, Bojan Dimic, qui était l’adjoint de Meho Kodro avant l’éviction du Bosnien le 8 mars, assume lui aussi une part de responsabilité. «Quand un président prend la peine de venir s’exprimer devant l’équipe, c’est que nous aussi, au niveau du staff, on n’a pas fait tout juste, admet le coach actuel. On est aussi très affecté par ce qui se passe. Maintenant, si après son discours rien ne se passe, cela va devenir très compliqué, il reste tout de même huit rencontres à disputer!»

À l’instar de quelques-uns de ses coéquipiers qui ont pris conscience de la situation, Anthony Sauthier traverse un «moment compliqué», mais il assure que dans cette spirale négative, il y a encore de la vie. «On compte sur ce match de jeudi au Stade de Genève contre Schaffhouse pour prouver à tout le monde que nous ne sommes pas morts, s’exclame le latéral droit. Mais pour envoyer ce signal fort en pensant à la saison prochaine, il s’agit de changer de mentalité et de repartir au combat.» Or comment se motiver quand on sait que l’objectif de promotion, qui était la seule ambition, ne peut plus être atteint? «Il faut sensibiliser les joueurs là où on peut collectivement ou individuellement le faire, relance Dimic. Il y a peut-être le futur entraîneur du Servette FC présent dans les tribunes et des gars en fin de contrat. Et puis mince, peu importe l’adversaire, ce sont des professionnels qui doivent se comporter comme tels!»

Pour viser une deuxième place, à quoi bon? «Chacun doit se fixer des buts différents, relance le capitaine. Outre des attaquants qui vont chercher à améliorer leur compteur personnel, il y a d’autres moyens pour se motiver. Comme rester, par exemple, la meilleure défense du championnat. Et malgré tout, préserver aussi ce deuxième rang!»

Autant dire que les venues de Schaffhouse (ce jeudi) et de Neuchâtel Xamax (lundi) tombent bien pour piquer l’amour-propre des Grenat. «Il est vrai que, qu’on le veuille ou non, la motivation sera plus grande que de se déplacer à Wohlen ou Chiasso, surtout s’il y a un peu de monde, renchérit le Valaisan. On va mettre le bleu de travail et aller au charbon pour redonner le sourire aux fans. On va tout faire, dans tous les cas, pour éviter que les Neuchâtelois fêtent le titre chez nous, à la Praille.»

Servette à sa vraie place

Encore sous contrat avec Servette jusqu’en 2020, Anthony Sauthier a toujours l’ambition d’évoluer un jour en Super League avec les Genevois. «Si j’ai signé ici, c’est pour vivre une promotion avec les Grenat et remettre ce club à sa vraie place, rappelle ce défenseur qui, pour la petite histoire, intéresse certaines formations à l’étage au-dessus. S’il y a d’autres clubs qui veulent s’attacher mes services, je l’ignore, ­moi je continue de travailler sereinement avec le SFC.» À ses camarades d’en prendre de la graine, de montrer eux aussi du caractère et de l’orgueil, comme lui. Et si avant d’entrer sur le terrain, ce jeudi soir, le Valaisan faisait trembler les murs de la Praille? (TDG)

Créé: 18.04.2018, 21h45

En direct des vestiaires

L’affiche
Avant la visite de Neuchâtel Xamax lundi, Servette (2e/49 points) reçoit Schaffhouse (3e/48) ce jeudi à 20 h au Stade de Genève.
L’effectif
Boris Cespedes, Alexandre Alphonse, Mychell Chagas, Nathan, Paolo De Ceglie, William Le Pogam, Robin Busset sont blessés. Dalibor Stevanovic est suspendu. David Gonzalez et Alexis Antunes sont de retour au jeu. Tim Ribeiro (19 ans) devrait commencer le match en défense. Bojan Dimic dispose d’un contingent de 16 joueurs.
La satisfaction
Il y a, tout de même, un Servettien qui a atteint son objectif. Le jeune Kastriot Imeri (17 ans) a intégré plus vite que prévu la première équipe des Grenat. «J’ai travaillé dur pour atteindre ce niveau», remarque le milieu de terrain, qui a aussi découvert comment des pros devaient supporter une crise. «Je regarde les plus vieux pour voir comment ils vivent cette situation tout en continuant à jouer mon jeu», remarque ce garçon irréprochable.
La phrase
de Bojan Dimic (coach): «On n’a pas rattrapé Xamax, qui était notre objectif, mais si on termine 2e, ce sera déjà une meilleure saison que celle de l’an passé…» C.MA.

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Challenge League

Challenge League

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.