Le destin de la Premier League lié au vote des Britanniques

Football Nombre de joueurs de l’UE évoluant dans l’élite ne remplissent pas les critères de visa. Le championnat risque de perdre gros.

Le Belge Marouane Fellaini (Manchester United) et le Français N’Golo Kante (Leicester): deux étrangers qui réussissent outre-Manche.

Le Belge Marouane Fellaini (Manchester United) et le Français N’Golo Kante (Leicester): deux étrangers qui réussissent outre-Manche. Image: AP

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Vous imaginez une Premier League sans les Français Dimitri Payet, Eliaqium Mangala, N’Golo Kante, Anthony Martial et Morgan Schneiderlin, ou encore sans les Espagnols David de Gea, César Azpilicueta et Hector Bellerín? Ce serait aujourd’hui le cas si le Royaume-­Uni n’était pas membre de l’Union européenne. A l’heure actuelle, les footballeurs détenteurs d’une nationalité de l’UE sont autorisés à évoluer au Royaume­-Uni sans avoir à obtenir un visa de travail, comme n’importe quel travailleur européen. En cas de Brexit, la donne sera changée: ils devront a priori respecter les très strictes règles destinées aux travailleurs non européens.

Critères pas remplis

Si elles étaient appliquées à partir d’aujourd’hui, les joueurs des dix pays de l’UE qui figurent au-delà de la 50e place du classement FIFA (la Bulgarie, Chypre, l’Estonie, la Finlande, Gibraltar, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte et la Slovénie) ne seraient plus autorisés à être transférés en Angleterre.

Les joueurs issus des nations mieux classées ne seraient pas pour autant tirés d’affaire: pour obtenir un visa, ils devraient avoir disputé entre 30% et 75% des matches de leur équipe nationale au cours des deux années précédant leur transfert.

D’après le récent décompte réalisé par le groupe de médias public BBC, 332 des 401 joueurs européens opérant cette saison en Premier League, tant dans l’antichambre de l’élite anglaise qu’en première division écossaise, ne remplissent pas les critères destinés aux non-Européens! Parmi eux, 122 des 168 joueurs européens de Premier League (sur un total de 450 joueurs), 157 des 180 joueurs de deuxième division et la totalité des 53 joueurs basés en Ecosse.

Aston Villa, Newcastle, tous deux relégués, et Watford, le club d’Almen Abdi et de Valon Behrami, n’auraient pas reçu l’autorisation d’acheter onze de leurs joueurs, les deux clubs de Manchester, Liverpool et Arsenal cinq des leurs…

Selon Rory Miller, professeur d’études de football à l’Université de Liverpool, le renforcement des critères d’obtention des visas est éminemment stratégique. «La fédération agit dans l’intérêt de l’équipe d’Angleterre», dit-il. En limitant le nombre d’étrangers, elle permet à un plus grand nombre de joueurs anglais d’accéder au plus haut niveau, ce qui est censé bénéficier à l’équipe nationale.

Equilibre sportif menacé

Mais les conséquences ne seraient pas uniquement positives. «Réduire le nombre de joueurs de bon niveau en Premier League diminuera la valeur de sa marque, particulièrement auprès du public étranger, rappelle le professeur. Les responsables de la ligue, qui visent à maximiser les revenus des droits de retransmission à la télévision pour le compte des clubs, ne seront donc pas très contents. Les supporters verront également d’un mauvais œil que l’on empêche leurs clubs d’acquérir certains des meilleurs joueurs européens.»

Une telle restriction sur l’embauche de joueurs européens influera également sur l’équilibre sportif déjà brinquebalant de la ligue. «Les grosses écuries domineront encore plus le championnat car elles pourront mettre plus d’argent sur la table pour arracher les rares joueurs autorisés à jouer dans le pays», assure ainsi Stefan Szymanski, professeur de management sportif à l’Université américaine du Michigan et auteur de nombreux livres sur l’économie du ballon rond.

Les fans de la Premier League peuvent pour le moment souffler: les règles actuelles resteront en effet en vigueur pendant deux ans. Le gouvernement, la ligue et la fédération auront donc jusqu’au début de la saison 2018-2019 pour s’entendre sur la politique à suivre: protéger la Premier League en accordant un statut spécial à ses vedettes ou la soumettre aux mêmes règles que les autres industries nationales.

(TDG)

Créé: 14.06.2016, 21h54

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