A 18 ans, Denis Zakaria vit son rêve. Avec de la Suisse dans les idées

Euro 2016Le milieu de terrain genevois est à l'Euro pour apprendre. Comment vit-il cela? Rencontre exclusive.

Denis Zakaria: «Sincèrement, je ne savais pas qu’une telle cohésion pouvait exister autour du maillot suisse. Même sur le banc, c’est comme si j’étais sur le terrain.»

Denis Zakaria: «Sincèrement, je ne savais pas qu’une telle cohésion pouvait exister autour du maillot suisse. Même sur le banc, c’est comme si j’étais sur le terrain.» Image: KENZO TRIBOUILLARD AFP

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Follement impérieuse, sa destinée file à toute allure, lumineuse comme ce sourire permanent qu’il promène généreusement. Il y a deux ans, un ado de 16 ans regardait le Mondial de la Suisse à la télé, dans la joie ou l’agacement, mais toujours dans l’enthousiasme. Pour être talentueux, il avait sans doute un peu plus de foot dans la tête que les gamins de son âge: on mesure mal le sacrifice de ses 16 ans pour s’ouvrir au rêve, à une carrière qui convoque tant d’appelés pour si peu d’élus.

Deux ans, à cet âge, c’est une vie. «Mais même pas en rêve je n’aurais imaginé à ce moment me retrouver aujourd’hui en équipe de Suisse, à l’Euro», glisse-t-il. Dans les loges du Stade de la Mosson, où on le retrouve pour un entretien privé, Denis Zakaria a maintenant 18 ans et si tout s’est furieusement accéléré pour lui, il garde les pieds sur terre. Entre les images rageantes de l’élimination suisse en 8es de finale contre l’Argentine et cet Euro 2016, il a quitté les M18 pour la première de Servette. Et si Kevin Cooper n’a pas su voir son potentiel en le laissant sur la touche, d’autres ont tôt fait de sauter sur l’occasion, comme Young Boys. Il ne lui a fallu que la dernière saison pour s’imposer à Berne et attirer le regard de Vladimir Petkovic.

On connaît la suite, la sélection dans le groupe élargi et la confirmation: il est à l’Euro! Que se passe-t-il dans la tête d’un jeune de 18 ans, promis à un bel avenir, qui se retrouve soudainement en phase finale d’une compétition internationale? Comment vit-il tout cela? Il en parle sans détour, simplement, chaleureusement. Un bol de fraîcheur.

Denis, cet Euro est une aventure un peu incroyable: comment la traversez-vous jusque-là?

Franchement, super bien. J’ai été très bien intégré, par tous. En fait, je vis un peu un rêve.

Qu’est-ce qui vous impressionne le plus?

Euh… tout! Les infrastructures mises à disposition, le professionnalisme dans les moindres détails. Et puis la sécurité. Les escortes de police, la présence des forces de l’ordre, c’est un peu bizarre et très impressionnant. Qu’apprend-on quand on débarque en sélection?

Eh bien, on se confronte au niveau européen, ça fait grandir. Je vois des coéquipiers qui possèdent une grande expérience. Je mesure aussi ce que cela signifie, dans une sélection, d’être solidaire au quotidien et l’importance que cela revêt. C’est grand!

Vous êtes remplaçant: même si cela peut se comprendre, est-ce parfois compliqué à vivre?

Pour n’importe quel joueur de foot, la place sur le banc n’est jamais agréable. Cela dit, c’est déjà exceptionnel pour moi de me retrouver ici. C’est l’Euro, l’équipe de Suisse… Alors oui, j’ai parfois des fourmis dans les jambes. Mais je ne vais pas bouder, hein! Et puis être dans les 23 présents en France, cela procure d’autres sensations. Sincèrement, je ne savais pas qu’une telle cohésion pouvait exister autour du maillot suisse. Même sur le banc, c’est comme si j’étais sur le terrain. C’est un sentiment nouveau à vivre pour moi. Mais c’est bon!

Mais il y a forcément cette envie d’avoir sa chance, sur le terrain…

Bien sûr, c’est normal. J’attends, j’espère ce moment où le coach me dira: «Chauffe-toi!» Mais si cet instant ne vient pas, je serai là pour aider le groupe par mon état d’esprit positif et ma bonne humeur.

Quels sont les internationaux qui vous impressionnent le plus?

Yann Sommer, un gardien fabuleux. Xherdan Shaqiri bien sûr, avec qui j’ai passé une soirée à Montpellier, également en compagnie de Steve von Bergen, Admir Mehmedi et François Moubandje. Et puis Granit Xhaka. La classe! Nous évoluons dans le même secteur au milieu, c’est un exemple pour moi. Je suis déjà heureux de m’entraîner avec lui, il est très cool, on parle comme si on se connaissait depuis longtemps. C’est une super-personne. De manière générale, le niveau est énorme. Cela change des M21, c’est le cran au-dessus.

Quels sont vos rapports avec Vladimir Petkovic: vous parle-t-il parfois?

Pas beaucoup. De temps en temps, il vient, juste pour le contact. Mais bon, c’est l’Euro, il n’a pas à en faire plus que cela, il a du travail. Je vis cela très bien. (TDG)

Créé: 22.06.2016, 09h22

Le roi de la PlayStation, c’est lui!

Un Euro, ce sont des matches, des voyages, des entraînements, des séances tactiques. Mais c’est aussi pas mal de temps libre pour les joueurs. Et il faut bien tromper l’ennui, parfois. «Je passe du temps dans la salle de jeu, avec les coéquipiers, explique Denis Zakaria. On joue au ping-pong, aux fléchettes, au billard. Et aussi au poker, au Texas Hold’em. Mais je fais attention, cela peut vite devenir dangereux…»

Ce n’est pas tout: le Genevois peut aussi donner la leçon! «On joue souvent à la PlayStation avec Breel Embolo, sourit-il. A différents jeux. Mais à FIFA, bien sûr. Et je suis pas mal… Disons même qu’à la dernière séance, je l’ai juste laminé (éclats de rire).» Rayon de soleil de la sélection, l’ami Denis emmagasine de l’expérience. Un seul bémol qui n’en est pas vraiment un? «La famille me manque un peu, admet-il. Mais il y a FaceTime ou Skype. Et puis je suis tellement heureux d’être ici que cela compense.»

Comme il est parti, Denis Zakaria aura sans doute d’autres tournois pour apprécier. En étant sur le terrain, peut-être bien: tiens, un duo Xhaka-Zakaria dans l’axe au milieu, cela aurait belle allure, mais le Genevois de 19?ans devra encore franchir des échelons…

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