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Football«On a peur, on ne veut pas se retrouver en prison»

Depuis mardi matin et pour quelques heures au moins, il est possible d'organiser des matches de foot à Genève. En l'état, cela contribue surtout à alimenter la paranoïa générale.

L’incertitude et la crainte restent de mise sur les terrains de football genevois. Mardi en fin d’après-midi au Bois-des-Frères, des coaches attendent de rares juniors E pour l'entraînement.
L’incertitude et la crainte restent de mise sur les terrains de football genevois. Mardi en fin d’après-midi au Bois-des-Frères, des coaches attendent de rares juniors E pour l'entraînement.
Jean-Luc Auboeuf

Le tableau des prochains matches de l'Association cantonale genevoise de football ne ment pas: mardi soir, Aïre-le-Lignon est censé recevoir Chênois 2 pour une confrontation amicale. Le peut-il vraiment? Depuis mardi matin, oui. Impossible d'imaginer plus de mille personnes débarquer autour du Stade d'Aïre, l'Association suisse de football a levé temporairement son interdiction d'organiser des matches à travers le pays, donc pas de souci, la rencontre peut avoir lieu. Les règles changeront peut-être jeudi matin, date à laquelle l'ASF devrait dévoiler ses nouvelles consignes concernant le futur à court terme, mais avant cela les clubs genevois disposent d'une vraie fenêtre pour renouer avec la compétition, après le week-end blanc qui vient de s'achever.

La traçabilité qui inquiète

Ceci étant dit, la bonne question à poser n'est pas tant de savoir si les équipes du canton peuvent jouer, mais plutôt si elles le veulent. Et là, un réel cas de conscience apparaît. «Plus que quelques heures nous séparent du match de ce soir et on nage encore en plein inconnu, soupirait Nicole Stoeckli, présidente du FC Aïre-le-Lignon, mardi en milieu d'après-midi. Le communiqué de l'ASF est clair: l'organisateur du match en assume la responsabilité et les éventuelles conséquences. On a contacté l'ACGF pour en savoir plus, aucune réponse. On a essayé de joindre le canton, rien non plus. Tous deux croulent sous les demandes. Alors on a peur. Peur qu'il se passe quelque chose de dommageable et qu'on doive en payer le prix fort. On ne veut pas se retrouver en prison.»

Un communiqué de l'ACGF est venu quelque peu calmer les esprits en fin d'après-midi. Le message? Après concertation avec le Canton, tous les matches régionaux, d'entraînement ou de championnat, doivent être maintenus, moyennant une certaine prudence. Soit respecter les gestes de protection de base et abandonner les poignées de main. Tout le monde souffle un peu mieux.

Décharge personnelle

Reste que ce qui constituait de prime abord une bonne nouvelle, à savoir le retour du football sur les pelouses régionales, s'est donc très rapidement transformé en cadeau empoisonné, qui ne manque pas d'alimenter la paranoïa générale. Dans quelle mesure les clubs peuvent-ils être attaqués si un cas de transmission du Coronavirus a lieu durant un de leur match et que l'état de santé de la personne infectée s’aggrave sérieusement par la suite? À ce jour, personne n'en sait trop rien. Et cette question sans réponse a tendance à paralyser les équipes.

Devant la peur d'être incriminé pour négligence, une solution est timidement poussée en avant par certaines équipes: la décharge personnelle. «C'est simple, il suffit de signer une feuille. Ainsi, chacun devient responsable de ses actes et se présente au match en pleine connaissance des enjeux, avance Nicole Stoeckli. Chez nous, en tout cas, il s'agit d'une mesure envisagée.» Le système D, pour que le foot continue d'exister et en attendant d'y voir plus clair.

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