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FootballPour Etoile Carouge, l’avenir demeure incertain

L’Assemblée générale du 25 mars ayant été annulée, deux groupes prétendent encore à la succession du président Michael Palma.

Les joueurs d'Etoile Carouge devront attendre avant de savoir de quoi leur avenir sera fait.
Les joueurs d'Etoile Carouge devront attendre avant de savoir de quoi leur avenir sera fait.
Jean-Luc Auboeuf

Dans un monde normal, Etoile Carouge aurait eu un nouveau président le mercredi 25 mars. Mais plus rien n’est vraiment normal. Alors l’Assemblée générale extraordinaire a logiquement été déplacée à une date ultérieure. Cela ne devrait pas changer grand-chose: la succession de Michael Palma, président démissionnaire après un mandat de deux ans, devrait se jouer entre deux groupes. Il faut dire que certains appétits, venant parfois de l’étranger, ont été repus par l’impossibilité d’acheter un club qui n’est qu’associatif.

Il y a un favori: Olivier Doglia, qui a joué à Carouge dans les années 2000, et qui se présente avec d’anciens joueurs et entraîneurs du cru (Vitor Pereira, Jérôme Delahaye, Tiago Spencer et Jonathan Cohen). Ils peuvent compter sur le soutien de Pierre-Alain Brodard, président entre 2004 et 2018. De quoi leur donner une certaine légitimité. Mais en face, il y a d’autres personnes actives dans le football genevois. Elles se présentent sous le titre «Groupe Eleven» et sont représentées par le physiothérapeute du sport Simon Pidancet.

Une synergie entre les deux groupes est évoquée, sans qu’une solution ne soit pour l’instant trouvée. «Nous ne sommes pas bornés, éclaire Olivier Doglia. Notre but est de pousser Etoile Carouge dans la bonne direction. Mais pour qu’il y ait des synergies, il faut qu’il y ait une valeur ajoutée.» Les discussions se poursuivent. Dans l’attente de connaître les modalités de l’élection (voir ci-dessous), premier coup d’œil sur les deux candidatures.

Doglia, le choix de la base

Le projet du «Groupe Doglia» ne vient pas de nulle part. «Cela fait un moment que nous sommes prêts, confie son meneur. Lorsque Pierre-Alain Brodard avait démissionné, nous avions déjà tâté un peu le terrain. Mais nous n’étions pas assez solides, notamment financièrement, pour nous lancer. Nous avons eu deux ans pour nous préparer. Le projet est désormais bien ficelé.»

Premier sujet sensible, les finances. En décembre, lors de l’Assemblée générale ordinaire, Michael Palma avait estimé que le principal enjeu pour l’avenir d’Etoile Carouge concernait cet aspect. Doglia, lui, ne se cache pas, même s’il ne perd pas de vue l’impact que risque d’avoir le coronavirus sur l’économie: «Notre premier axe est d’assurer la pérennité du club, en garantissant la stabilité financière et en amenant de nouveaux partenaires. Nous avons un plan financier avec des valeurs sûres et de potentiels partenaires, grâce à un réseau bien développé à Genève.» A moyen terme, la transformation en SA est envisagée.

La licence pour la Challenge League déposée

Mais cela dépend du sportif. Olivier Doglia veut positionner Carouge comme «un très bon club formateur en Suisse, axée sur le joueur», en mettant à profit le partenariat GEF (avec Servette, Meyrin et l’Association cantonale genevoise de football). Et, pour la première équipe, la Challenge League est «un objectif à moyen-long terme, avec pour ambition de s’y établir.» À noter que le comité actuel a déposé une demande de licence pour évoluer en Challenge League la saison prochaine, sachant que les Stelliens pointaient au 4e rang de Promotion League avant l’arrêt des championnats.

Un deuxième groupe en retrait

Le Groupe Eleven se fait plus discret. Il refuse d’ailleurs d’exposer en détail son projet à l’heure actuelle: «Au vu de la crise sanitaire que traverse le monde actuellement et du fait que l'Assemblée générale a été repoussée, le groupe préfère pour l’instant rester en retrait tout en travaillant sur le projet. Il s'exprimera afin de se faire connaitre dès que la situation sera plus claire et que cela sera adéquat.» Simon Pidancet, ex-président du FC Versoix, se fait porte-parole d’un groupe pour lequel il a été approché dans un second temps afin de porter le projet et de se charger du côté organisationnel. À ses côtés, on sait tout juste que figure une personne déjà impliquée à Etoile Carouge, ainsi que le spécialiste de la formation Patrick La Spina. Ce dernier, qui travaille déjà avec de nombreux clubs en Suisse, porterait un concept qui se veut novateur en la matière, tout en respectant les principes de collaboration avec le GEF.

Les intentions financières et sportives, elles, doivent encore précisées concrètement, même si elles ne semblent pas s’éloigner complètement de celles portées par l’autre groupe en lice. Ainsi, d’ici à l’élection, le nombre de projets proposés aux membres d’Etoile Carouge demeure en question. Un ou deux tickets? Les jeux restent encore bien ouverts.

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Vers un vote électronique ?

Le président d’Etoile Carouge est donc toujours Michael Palma. Et son successeur n’est toujours pas désigné, sachant qu’il devait remettre ses fonctions au 30 juin. Même si le bon déroulement de la saison est grandement bouleversé et que son issue demeure très incertaine, Olivier Doglia souhaiterait que l’on puisse y voir clair.

À 40 ans, celui qui travaille à l’UEFA au développement des joueurs se dit prêt. Lui et son groupe veulent avancer. «Il s’agit pour nous d’être proactifs sur le côté humain, détaille-t-il. Une AG reportée, cela signifie que 25 joueurs de la première équipe ainsi que l’ensemble du club continuent à s’interroger sur leur avenir. C’est une responsabilité lourde et il existe des solutions qui permettraient de rassurer tout le monde. Nous avons proposé au comité actuel et au groupe Eleven de procéder à une élection par courrier électronique, qui serait démocratique et n’exposerait pas les membres à un danger sanitaire.»

Cela semble possible: les adresses mail des votants sont a priori connues du secrétariat. Michael Palma, lui, préfère temporiser: «L’idée est d’attendre la mi-avril, précise-t-il. Plusieurs possibilités s’offriront alors à nous: si le semi-confinement est maintenu, nous pourrions recourir à ce vote par correspondance. Autrement, je préférerais une AG plénière, où les candidats pourraient présenter leur projet en direct. Enfin, s’il n’y a pas de visibilité, je pourrais assurer la transition encore une année, afin de garantir une certaine stabilité.» Le flou règne encore.

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