Ferveur et polémique made in USA pour Rapinoe et ses coéquipières

FootballLes Américains se passionnent pour leur équipe. Un succès pimenté par une controverse déclenchée par Donald Trump.

Joie de supportrices américaines à Brooklyn après la victoire en demi-finale face à l’Angleterre.

Joie de supportrices américaines à Brooklyn après la victoire en demi-finale face à l’Angleterre. Image: REUTERS

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Samantha Baggett Bohon sera entourée de 300 adolescentes âgées de 12 à 14 ans dimanche pour regarder à la télévision les Américaines en finale de la Coupe du monde de football féminin en France. L’ancienne joueuse de la sélection nationale entraîne les équipes de juniors élite qui seront en camp d’entraînement dans l’Alabama (sud des États-Unis). «Cela va être très émouvant», glisse cette mère de trois enfants qui avait été présélectionnée dans l’équipe de 1999.

Cette année-là, les Américaines avaient remporté la Coupe du monde organisée aux États-Unis. Et Samantha Baggett Bohon avait joué avec les superstars de l’époque: Mia Hamm, Brandi Chastain et Julie Foudy. «En 1999, notre rôle n’était pas seulement de promouvoir l’équipe nationale, glisse Samantha Baggett Bohon. Nous devions aussi promouvoir le football féminin et les droits des femmes.»

Franchir un nouveau palier

Pour l’ancienne joueuse, l’équipe actuelle emmenée par la capitaine Megan Rapinoe et par la superstar Alex Morgan met à profit avec talent la «plateforme incroyable» dont elle a hérité des précédentes sélections. «Je suis vraiment fière du rôle que cette équipe joue aujourd’hui pour promouvoir l’égalité salariale entre hommes et femmes», poursuit-elle.

L’engouement pour l’équipe féminine de football aux États-Unis rappelle l’ambiance de la Coupe du monde masculine de l’année dernière. Des gens arboraient mardi des maillots de la sélection américaine et ont suivi dans les bars la demi-finale remportée face à l’Angleterre. Ce match a attiré plus de 7 millions de téléspectateurs en plein après-midi.

«Je suis vraiment fière du rôle que cette équipe joue aujourd’hui pour promouvoir l’égalité salariale entre hommes et femmes»

Ann Orrison Germain, une ancienne joueuse qui avait fait partie de la première sélection américaine en 1985, avait ressorti mardi son ancien maillot. «Les gens m’arrêtaient pour me parler du match, raconte-t-elle. Cette Coupe du monde a vraiment permis à l’équipe nationale américaine et au football féminin de franchir un nouveau palier aux États-Unis.»

Donald Trump accuse

Selon un récent rapport publié par le «Wall Street Journal» le mois dernier, l’équipe féminine de football a généré 51 millions de dollars entre 2016 et 2018 aux États-Unis, une somme plus élevée que celle de la sélection masculine sur la même période. Les ventes de maillots ont crû de 500% par rapport à celle de la dernière Coupe du monde en 2015 et éclipsé celles de la sélection masculine, selon des chiffres communiqués par l’équipementier Nike mercredi.

Les candidats démocrates à la Maison-Blanche ont applaudi la victoire des Américaines contre l’Angleterre. Ils n’ont cessé ces dernières semaines de réaffirmer leur soutien à la procédure légale entamée en mars par 28 joueuses pour obtenir une paie égale à celle des hommes. Donald Trump a pour sa part vivement réagi la semaine dernière aux déclarations de Megan Rapinoe, selon lesquelles la joueuse n’accepterait pas une invitation à la Maison-Blanche en cas de victoire à la Coupe du monde. Le président des États-Unis a accusé la capitaine de la sélection américaine de «manquer de respect» à son pays et lui a conseillé de «finir le travail» avant de parler. La capitaine a répondu à Donald Trump en marquant 2 buts en quarts de finale contre la France.

«Entre la revendication et la provocation, il y a une ligne ténue, soutient Samantha Baggett Bohon. Des joueuses comme Megan Rapinoe ont le droit de pouvoir prendre la parole et elles ne le font pas n’importe comment. Je suis très contente et fière de voir comment elles résistent à la pression sportive mais aussi aux pressions politiques.»

Créé: 03.07.2019, 21h10

Morgan à la fête pour son retour à Lyon

Une reprise de la tête pour redonner l’avantage aux États-Unis contre l’Angleterre (2-1) et les envoyer en finale: Alex Morgan a dignement fêté ses 30 ans et son retour à Lyon, où elle a joué en 2017, mardi en demi-finale. Depuis son quintuplé contre la Thaïlande (13-0) pour le premier match des États-Unis dans le tournoi, la footballeuse la plus suivie au monde sur les réseaux sociaux – elle rassemble 3,7 millions d’abonnés et même 7 millions sur Instagram – n’avait plus marqué. Son but, inscrit face aux Anglaises est toutefois bien plus important que tous les autres. Il a emmené son équipe en finale, où elle défendra son titre dimanche. Megan Rapinoe (5 buts), laissée au repos en raison d’une douleur aux ischio-jambiers devrait être rétablie. Chaud devant. AFP

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