Les femmes ont déjà gagné leur match contre les clichés

Football Les joueuses du Mondial ont mis un gros tacle à tous les préjugés. En voici quatre qu’elles ont fait tomber.

L'engouement que suscite la Coupe du monde en France fait tomber un des nombreux préjugés sur le football féminin.

L'engouement que suscite la Coupe du monde en France fait tomber un des nombreux préjugés sur le football féminin.

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«Elles n’intéressent personne»

En réalité, les footballeuses intéressent tout le monde. Partout les audiences battent des records. En France, le match d’ouverture entre les Bleues et la Corée du Sud a attiré près de 10 millions de téléspectateurs (contre 5,1 millions pour les garçons champions du monde, le lendemain contre la Turquie sur la même chaîne); au Royaume-Uni, le derby Angleterre-Écosse a passionné plus de 6 millions de personnes; en Italie enfin, 3 millions et demi de tifosis ont encouragé la Squadra azzurra contre les Australiennes. L’intérêt est tel que TF1 a revu ses tarifs publicitaires à la hausse. La FIFA, elle, espère franchir la barre du milliard de téléspectateurs en direct. Cet intérêt grandissant se vérifie aussi dans les stades. Les footballeuses évoluent devant des tribunes souvent bien garnies, voire pleines. Deux jours avant le début du tournoi, plus de 70% des billets disponibles avaient été vendus. Le surplus part désormais comme des petits pains bien chauds. Les 6000 places restantes pour France-Norvège à Nice se sont vendues en une journée.


«Les gardiennes sont nulles»

En juillet 2017, le quotidien «Libération» posait la question sans prendre de gants: les gardiennes sont-elles nulles? Le journaliste pointait du doigt les bourdes grossières et les sorties aériennes manquées des joueuses devant leur filet.

Il n’était pas le seul. La FIFA avait fait du poste de gardienne un objet de préoccupation dans son rapport technique au lendemain du Mondial 2011. Les acteurs eux-mêmes déploraient la faiblesse du niveau devant les buts, regrettant le manque de formation proposé aux gardiennes. Mais les choses bougent. «Peut-être pas au Mondial 2019 mais au prochain Euro, on verra des spécialistes formées en tout point, prophétisait il y a deux ans Aurélien Plet, responsable des gardiennes à Juvisy, dans «Libé». Elles ne seront pas l’égale des hommes, physiologiquement elles ne peuvent pas, mais en termes de technique et d’appréhension du poste, cela sera identique.» Les filles évoluent déjà plus haut, parfois devant la surface de réparation, n’hésitant pas à participer comme premier relanceur.


«Elles n’ont pas le physique»

Les femmes se dépensent plus que les hommes, le jeu étant moins perturbé par les contacts fautifs dans les duels, les réclamations ou les astucieux gains de temps en fin de rencontre. On a même été surpris, l’autre jour, alors que la Seleção menait 3-0 contre la Jamaïque, de voir une Brésilienne quitter la pelouse en courant plutôt qu’en marchant. «D’un point de vue statistique, la plus grande différence entre les hommes et les femmes, c’est le temps de jeu effectif. Et il est bien plus important chez les femmes», assure Harry Couvin dans «Le Huffington Post», évoquant le chiffre de 15% de temps de jeu supplémentaire. Ce journaliste de «Onze Mondial» voit dans cette statistique un aspect militant: «Les filles se disent que le foot est un sport de contacts et qu’on va faire avec, sans se plaindre. C’est le contrecoup d’avoir entendu pendant des années que le football n’était pas un jeu de filles.»


«Il n’y a pas de stars dans le foot féminin»

De nombreuses joueuses sont devenues ultra­populaires. Parmi elles, la Française Amandine Henry, qui enchaîne les dribbles comme les interviews, les séances photo et les reportages télé. Le «New York Times» et «Forbes» lui ont consacré des articles. La joueuse est si réclamée qu’elle a dû recourir à un agent d’image, Farid Boumkais, qui refuse poliment les sollicitations. Alex Morgan est elle aussi bien occupée, et pas seulement sur le terrain, où elle a claqué un quintuplé contre la Thaïlande. L’Américaine est suivie par 3,5 millions d’abonnés sur Twitter, ce qui, à titre de comparaison, est trois fois plus que Virgil van Dijk (Liverpool), devenu l’hiver dernier le défenseur le plus cher de l’histoire. Enfin, impossible d’oublier Marta, que les Brésiliens surnomment affectueusement «la Pelé au féminin». Elle est si douée qu’après les deux affreux matches nuls des garçons aux Jeux olympiques 2016 (contre l’Afrique du Sud et l’Irak), les internautes ont réclamé qu’elle remplace Neymar. Le hashtag #saineymarENTRAMARTA (sors Neymar, entre Marta) était même devenu viral au Brésil. La No 10 a déjà laissé une marque indélébile dans le monde du football, au propre comme au figuré, puisque l’empreinte de ses pieds est figée dans le ciment du Maracanã.

Créé: 13.06.2019, 21h51

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