Passer au contenu principal

Elise Chabbey: la jeune fille au kayak

A 19?ans, l’athlète du Canoë Club de Genève ira à Londres sans pression, mais avec passion.

Pierre Abensur

Parents, attention! Une balade sur l’eau peut vous emmener loin. On se laisse glisser sur le fil de la rivière. On se prend pour Yakari ou Arc-en-Ciel dans un coin d’Ardèche qui ressemble à un petit coin de paradis. Pour Elise Chabbey, tout a commencé comme ça. Des vacances en famille. Un papa et une maman qui préfèrent la fraîcheur de la Haute-Provence aux plages bondées de la Côte d’Azur. Et quinze ans plus tard, le résultat est là: on s’embarque pour Londres pour participer aux Jeux olympiques. Et entre-temps, il y a eu des week-ends et des week-ends où il a fallu charger le matériel sur la remorque, avaler des milliers de kilomètres pour aller disputer des compétitions aux quatre coins de l’Europe.

Une histoire de famille

«Je n’ai pas vraiment eu le choix, rigole Elise Chabbey. Dans la famille, on aime le kayak depuis plusieurs générations. Ça avait commencé avec mon grand-père. Puis mon père a pris le relais. Et il l’a logiquement transmis à ses enfants. Moi, j’ai donné mes premiers coups de pagaie à 2 ou 3?ans. A 8?ans, je m’y suis mise seule. Et deux ans plus tard, je disputais ma première course, que je gagnais.»

Quand la plupart de ses copines font de la danse, elle, danse avec les vagues. Mais qu’est-ce qui peut donc pousser une jeune fille à sortir des sentiers battus. «Outre le contexte familial, j’aime l’eau vive, le contact avec la nature. J’en ai besoin. C’est aussi un sport extrêmement ludique où il faut jouer avec le terrain, les rouleaux. Si ma vie est maintenant tournée vers la compétition et que j’évolue souvent dans des bassins artificiels, la descente sauvage est un plaisir qui demeure.»

Encore dans un rêve

En cet été 2012, Elise Chabbey met pourtant entre parenthèses ses envies d’évasion. Après avoir brillamment passé sa maturité au Collège de Saussure – «Avec mention», précise-t-elle non sans une certaine fierté – elle est totalement focalisée sur sa première participation à des Jeux olympiques. «Ça va juste être énorme, lâche-t-elle du haut de ses 19?ans. J’ai encore l’impression de rêver depuis que j’ai décroché ma qualification.» Il faut dire que le voyage pour Londres n’a tenu qu’à une toute petite goutte d’eau. Lors de l’épreuve de la dernière chance, elle a décroché le dernier ticket européen pour deux centièmes! «Après une première manche moyenne, j’ai tout donné dans la seconde, raconte-t-elle avec un large sourire. Mais en arrivant sur la dernière porte, j’ai fait une touche (ndlr: synonyme d’une pénalité de deux secondes) alors que je glissais tout droit vers la ligne d’arrivée. C’était une telle bêtise que j’ai bien cru que tout s’écroulait. Je crois n’avoir jamais juré aussi fort.» Pendant de longues minutes d’attente – «Les plus longues de ma vie» – elle voit ses concurrentes échouer les unes après les autres. Et le juron se transforme en cri de joie intense.

Le 30 juillet, elle s’élancera dans l’impressionnant bassin londonien. «C’est un superbe stade de 14?000 place, précise-t-elle. On y monte sur un tapis roulant et la vue d’en haut est spectaculaire. Sur le plan technique, c’est un plan d’eau très exigeant. On le surnomme «le Bassin aux mille rouleaux» et il est très difficile de garder de la vitesse. La clé de la réussite? Rester propre et éviter les pénalités.»

L’exemple Tony Estanguet

Car c’est bien là le secret du kayak. Ce n’est pas un sport qui est réservé à Popeye. Le sens de la glisse, l’endurance, le toucher de l’eau sont autant de paramètres aussi importants que la grosseur du biceps. La référence mondiale dans le milieu est un certain Tony Estanguet. Le Français, double médaillé d’or aux Jeux (2000 et 2004), tentera la passe de trois à Londres. «C’est un athlète fabuleux et quelqu’un d’adorable et accessible. J’ai eu la chance de souvent le côtoyer car le monde du kayak est très petit. Tout le monde se connaît et nous formons une famille. C’est un peu le Roger Federer de notre sport. Tout le monde l’adore. Et c’est sans doute un peu en le voyant porter le drapeau de son pays à Pékin que j’ai commencé à rêver d’une participation aux Jeux.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.