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À Elgg, Steve Guerdat a trouvé le paradis et le bonheur dans les prés

Depuis qu’il s’est installé dans ses nouvelles écuries, c’est un Jurassien serein et ambitieux qui sera cette semaine à Genève.

À Elgg, dans son nouveau royaume, Steve Guerdat et Hannah rayonnent. Ils sont prêts à briller à Genève.
À Elgg, dans son nouveau royaume, Steve Guerdat et Hannah rayonnent. Ils sont prêts à briller à Genève.
Pierre Maillard

Le paradis équestre existe, on l’a rencontré. Il se situe à une demi-heure de l’aéroport de Kloten. Bienvenue à Elgg, à une quarantaine de kilomètres de Zurich. Quand il a vu toute cette belle verdure et ces espaces de liberté, Steve Guerdat a tout de suite pensé à ses montures, pour en faire son domaine. Le Jurassien a alors quitté les écuries de Herrliberg de son ancien propriétaire Urs Schwarzenbach, où il était installé depuis dix ans, pour s’offrir ce coin exceptionnel de quinze hectares. C’est l’ancien grand champion Paul Weier qui lui a vendu ses paddocks et tout ce qui va avec.

«Je suis chez moi!»

Depuis qu’il a pris la clé des champs dans cet endroit de rêve, au début de février, le Jurassien vit sur un nuage dans sa maison du bonheur. «C’est exactement ce que je voulais, s’emballe le champion olympique de Londres 2012. Comme j’avais envie de rester dans la région par rapport à mes propriétaires, mes sponsors ainsi que tous les liens que j’ai noués ici, je suis content d’avoir trouvé cette étendue pour moi et mes chevaux. En plus, maintenant je suis chez moi et je peux faire ce que je veux!»

Désormais, le Jurassien décide seul si ses cracks ont l’autorisation de sortir ou pas, s’ils vont aller brouter dans un parc ou pas. «Même si les gens m’ont toujours aidé, je n’ai plus besoin de demander quelque chose à qui que ce soit. Pour mes grooms aussi, il y aura moins de tension. Désormais, leur seul intérêt, ce seront nos chevaux.» Et de se réjouir de bénéficier aujourd’hui de plus belles structures encore, avec un manège de 70 m sur 30 plus grand (un des plus spacieux de Suisse) ainsi que de nombreux terrains en herbe à côté, qui comblent de joie ses cracks.

«Nino», le chef de la maison

«Avec la forêt à proximité, on passe des heures à galoper avec les chevaux, ce n’est que du plaisir!» Il y a longtemps que le cavalier originaire de Bassecour, qui a fêté ses 35 ans en juin, n’avait plus été aussi souriant et détendu. Aussi serein que son Nino des Buissonnets, qui passe une retraite dorée dans les prés après un dernier tour de piste émouvant l’an dernier à Palexpo. «C’est lui le chef de la maison, assure son maître, qui continue de le monter régulièrement. Comme je ne suis pas un fan pour marcher des heures en balade, d’autres le font. Je préfère trotter avec lui une fois par semaine dans les bois et m’amuser tout en travaillant. Il arrive qu’on galope et qu’on effectue deux à trois petits sauts avant de retourner au parc, il aime toujours autant ça.» Depuis août, il a une flamme dans les yeux et le poil brillant, si content de partager ses journées avec Chico, un poney devenu son ami. Les concours ne lui manquent plus.

«Si au début il réagissait quand nous partions avec les camions, je crois qu’il a passé le cap, affirme Steve Guerdat. Même si on a réduit nos soins pour qu’il devienne moins dépendant, on continue à s’en occuper presque autant qu’avant. On ne passe plus cinq heures autour de lui pour le monter, le nettoyer, le brosser, le faire marcher et tout ce qui va autour de ces athlètes, mais seulement une heure, ce qui lui convient.»

S’il a dû revendre quelques cracks pour financer son somptueux royaume, entre deux concours, le cavalier s’occupe, malgré tout, d’une bonne vingtaine de chevaux, dont quelques nouveaux en provenance du Mexique. Des montures prometteuses qui lui ont d’ailleurs permis de se hisser dans le top 10 sans qu’il n’ait éprouvé le besoin de participer à des compétitions du Global Tour qu’il n’apprécie pas trop. «C’est génial de figurer dans les dix premiers, pour autant que la finale se déroule à Genève, sourit le Jurassien. Avec mon installation et mes nouveaux chevaux, beaucoup de gens imaginaient que j’aurais trop de choses en tête pour que cela aille aussi bien en concours, mais mon équipe a été géniale. On a tous bien travaillé.» Avec dix succès en Grand Prix et dix sans-faute en Coupe des Nations, il est leader de la Coupe du monde. À Elgg, le bonheur est dans le pré, au paradis…

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«Genève reste Genève avec des moments très forts»

Steve, vous revoilà au CHI de Genève, là où vous aimez briller. Quelles seront vos ambitions?

Genève reste Genève, avec des moments très forts et toujours incroyables pour moi. Comme Aix-la-Chapelle ou Calgary, c’est le concours que j’aime, que je veux gagner. Il n’y aura plus les adieux de Nino, encore heureux. Mais je serai présent avec d’autres chevaux dans leur meilleure forme. Je devrais monter Hannah dans la finale du top 10 alors que Bianca sera en lice vendredi pour l’épreuve qualificative du Grand Prix Rolex et dimanche si on se qualifie. J’emmènerai également Cayetana parce qu’il me faut un cheval rapide jeudi et samedi.

Quels sont les chevaux qui ont le plus progressé cette année?

Ce sont tous des chevaux différents. Si Bianca a confirmé un potentiel qui ne demande qu’à s’améliorer, Hannah, elle, a surpassé mille fois ce qu’on espérait quand elle est arrivée dans nos écuries. Elle ne sautait que des épreuves de 1,40 m au Mexique et je l’avais vraiment prise pour rendre un service à un ami. Mais elle a été incroyable. Avec trois succès en Grand Prix cinq étoiles, je pense que je n’ai jamais eu un cheval ainsi lors de ces quinze dernières années qui s’est autant amélioré. C’est un bonheur incroyable de vivre une si belle histoire. Cayetana a également connu une énorme progression alors que Corbinian a très bien commencé en gagnant avant de se blesser au box. Je n’ai pas eu une seule mauvaise surprise cette année. J’ai six chevaux sur neuf qui ont gagné un Grand Prix. Ce sont des choses assez rares en une saison.

Vous étiez toutefois déçu après votre 8e place en finale de la Coupe du monde…

De temps en temps, il faut aussi se satisfaire d’une 8e place en Coupe du monde, même si je n’avais pas dormi pendant deux semaines. Il faut savoir aussi apprécier le moment où la jument a été fantastique. Et accepter, comme aux championnats d’Europe, que les autres ont aussi de bons chevaux, qu’ils sont tout aussi forts, qu’ils méritent aussi de gagner. Et qu’on fera mieux la prochaine fois… C.MA.

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