Dusan Mladjan est un sacré tireur d’élite, le shoot, c’est sa drogue

BasketballL’ex-capitaine des Lions et de l'équipe de Suisse est de retour à Genève, aux Vernets, où il va être l’arme fatale de Fribourg Olympic samedi en finale de Coupe contre Lugano.

Dusan Mlajdan peut marquer dans n’importe quelle position. Son père était déjà un des meilleurs shooteurs en Europe.

Dusan Mlajdan peut marquer dans n’importe quelle position. Son père était déjà un des meilleurs shooteurs en Europe. Image: KEYSTONE

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Cela ne se voit pas au premier coup d’œil, mais ses mains sont spéciales. Il y a de l’or invisible tout autour de ses doigts. Dans le ventre de sa maman, déjà, il n’était pas comme les autres. C’était plus fort que lui. Il fallait qu’il joue des coudes, qu’il tire tout le temps. Dusan Mladjan (30 ans) est ce qu’on appelle un tireur d’élite, un joueur capable de marquer dans n’importe quelle position. Même les yeux fermés, il devient l’arme fatale. Son shoot, c’est sa drogue.

Après deux magnifiques saisons au Pommier du Grand-Saconnex, c’est, depuis 2016, à Fribourg que l’ex-gâchette des Lions sévit. Or le Serbe n’oublie pas non plus que c’est à Lugano qu’il a inscrit ses premiers paniers. Le hasard a voulu que «Dule» retrouve les Tessinois à… Genève, pour un match particulier: la finale de la Coupe suisse de basket, c’est samedi aux Vernets, à 17 h 30.

Dusan, comment devient-on un tireur d’élite?

Je pense qu’il y a une part de génétique. Mon père, Milan, capitaine de l’équipe de Yougoslavie dans les années 80, était déjà un des meilleurs shooteurs en Europe. Mais c’est aussi beaucoup d’heures d’entraînement. J’ai commencé très jeune à shooter: entre 200 à 300 fois par jour, avec mon père, toute la semaine. Je pense que cela m’a beaucoup aidé. Après, il faut aussi du caractère.

Du caractère?

Oui, car il y a beaucoup de shooteurs qui s’arrêtent de tirer dès qu’ils manquent trois à quatre essais d’affilée. Mais c’est au moment du cinquième ou du sixième que tu dois montrer ton caractère et te dire qu’il s’agit de ta première tentative. Si tu marques le seizième, décisif, on se souviendra de toi. C’est dans la tête que cela se joue. Depuis que j’ai 7-8 ans, j’ai toujours été habitué à prendre ces responsabilités, des tirs difficiles. Le dernier shoot a toujours été pour moi.

Est-ce qu’aujourd’hui vous tirez toujours autant lors des entraînements?

Disons que je m’astreins à deux à trois séances hebdomadaires de 100 à 200 shoots. J’ai une part d’expérience qui m’aide aussi. Je me connais, je sais ce dont j’ai besoin pendant les matches.

Vous pourriez tirer et marquer les yeux fermés…

Il est vrai que dans ma carrière, j’ai marqué beaucoup de paniers importants!

Vous vous souvenez du premier?

Je devais avoir 3 à 4 ans quand mon père m’a offert mon premier ballon. Mais mon premier panier, je ne m’en souviens pas.

Milan, votre fils de 3 ans, a-t-il déjà commencé à tirer?

Il aime le ballon et commence à le toucher. J’espère que lui ou son frère, Branko (8 mois), feront du sport, peu importe que ce soit le basket ou autre chose. C’est important pour leur développement physique et mental qu’ils apprennent la notion de succès et de défaite. Mais aussi la confrontation avec d’autres garçons plus grands ou plus petits. Le sport est une école de vie aussi importante que d’aller en cours.

Y a-t-il eu, à part votre père, un modèle?

Outre Djordjevic et Danilovic, les deux meilleurs joueurs yougoslaves de mon époque, comme tout le monde de ma génération, j’ai admiré Michael Jordan. Avec un ballon, il réussissait des choses incroyables. C’était quelqu’un de magique.

A Lugano, vous avez joué avec Derek Stockalper. Son oncle, Dan, était aussi, comme vous, un tireur incroyable. En avez-vous parlé ensemble?

Vous savez quoi? Dan Stockalper avait joué contre mon père... qui évoluait à Bellinzone comme étranger à l’époque! Le monde est petit, non?

La finale de Coupe de Suisse aura lieu aux Vernets avec d’autres paniers. Est-ce un problème pour vous?

En Suisse, c’est un problème, car toutes les salles sont différentes. Certaines sont moins larges de deux à trois mètres, d’autres plus courtes. À Fribourg, c’est une vraie halle de basket, où il n’y a pas mille lignes sur le parquet. Il est vrai que ce n’est pas facile de changer toutes les semaines, mais on finit par s’habituer.

Y a-t-il des salles et des paniers que vous préférez?

J’apprécie beaucoup le Pommier à Genève, l’Elvetico à Lugano et Fribourg, bien sûr. Mais je n’ai pas à vrai dire une salle préférée. J’ai toujours la main un peu partout!

Avez-vous la clé du succès dans vos mains en or?

Peut-être, mais pour ouvrir une nouvelle porte du succès, on va devoir stopper les contre-attaques et le jeu rapide de Lugano, parce que c’est une équipe qui compte aussi quatre à cinq bons shooteurs dans ses rangs qui peuvent marquer chacun 20 points. Il va falloir une bonne défense et gagner les rebonds.

Avez-vous fait le compte du nombre de trophées que vous avez remportés en Suisse?

J’ai douze titres à mon palmarès, dont trois Coupes de Suisse avec Lugano. C’est une compétition difficile à gagner, où il est indispensable d’avoir aussi un peu de chance… (TDG)

Créé: 17.04.2018, 21h29

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