Le double effet de la promotion servettienne

FootballAvec son équipe en Super League, le club grenat a enfin retrouvé un crédit sportif auprès de ses propres jeunes.

Imeri (au centre), international M19, poursuivra sa progression en Super League avec Servette.

Imeri (au centre), international M19, poursuivra sa progression en Super League avec Servette. Image: Eric Lafargue

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Derrière le bonheur brut, par-delà l’émotion d’un succès qui vient de remettre Servette à sa place, en Super League, il y a toutes les conséquences heureuses de cette superbe promotion. Symbole de la formation grenat qui place tant de jeunes dans les équipes de Suisse élite de l’ASF, Kastriot Imeri, No 10 des M19 helvétiques, incarne le succès permanent de l’académie servettienne, lui qui a inscrit le magnifique 3-1 contre Lausanne. Il sera peut-être titulaire ce jeudi soir, pour la première sortie en champion de Servette, contre Rapperswil, au Stade de Genève. Mais le jeune milieu de 18 ans voit maintenant un réel avenir se tracer devant lui, à Servette.

Ce n’était pas le cas avant. Il est sans doute impossible de mesurer les dégâts causés par dix années de gestion désastreuse, mais on parle assurément d’un manque à gagner de plusieurs millions de francs pour Servette. Kastriot Imeri, qui intéresse d’autres clubs, même en Italie, est Grenat et fier de l’être, avec un contrat qui court jusqu’en 2021.

Des millions envolés

«Avoir la possibilité d’évoluer en Super League avec Servette est une suite logique, j’ai toujours vu mon avenir avec ce club, dans l’élite, explique-t-il. Pour un jeune, c’est évidemment important d’avoir cette perspective, c’est une motivation. Cette promotion est belle pour tout le monde, mais pour moi peut-être encore plus, en tant que jeune joueur de 18 ans.»

Le contre-exemple, sans que les dirigeants actuels ne soient en cause, est Denis Zakaria. Le Genevois du Borussia Mönchengladbach, pépite issue de l’académie servettienne, a filé à Young Boys dans un premier temps, en 2015. Avec un Servette alors en Challenge League, finalement relégué en Promotion League dans la foulée, impossible de régater avec YB et sa proposition sportive (sans parler de l’intérêt financier). Zakaria avait la possibilité de jouer dans l’élite, Servette ne pouvait pas lui offrir cette progression. Éclatant à Berne, il est ensuite parti en Allemagne. C’est bien sûr YB qui s’est frotté les mains avec un transfert à 13,5 millions de francs (à peu près le budget de Servette pour la saison prochaine…). Les Grenat ont touché un dédommagement qui avoisinait le million de francs: dix fois moins que si Zakaria avait été Grenat au moment du transfert.

C’est tout ce qui se joue en marge du premier bonheur de la promotion. Il faut bien sûr relever la qualité de la formation genevoise, qui n’a pas baissé durant les années sombres (de la faillite de 2005 à 2015, pour le dernier sauvetage et la nouvelle ère enfin sereine). Mais il faut considérer ce qui s’est passé, puisque Zakaria n’est pas le seul à avoir quitté Servette sans lui rapporter ce que valait son réel potentiel. On peut lui ajouter Kutesa ou Guillemenot, à Saint-Gall aujourd’hui. Bua, à Bâle. Dominguez, à Lausanne. Rodrigues, à Thoune. Becir Omeragic, à Zurich. On pourrait même penser qu’un Jean-Pierre Nsamé ne serait pas parti, comme Le Pogam. Ou se demander si Jankewitz, passé à Southampton à 16 ans, aurait pu rester. Ce sont ces dégâts collatéraux que Servette va peut-être avoir la possibilité d’éviter désormais, à tout le moins de minimiser.

Valoriser le patrimoine

Cela passe aussi par une gestion irréprochable des contrats en cours, une anticipation des prolongations à effectuer, autrement dit la protection du patrimoine grenat. Pour évoluer dans l’antichambre de l’élite, le Servette de Challenge League n’avait pas le crédit sportif de cette politique. Celui de Super League va enfin pouvoir mettre en avant de nouveaux arguments. Sans oublier de donner une chance à ses meilleurs jeunes, comme Imeri. «Bien sûr qu’un jeune veut toujours plus de temps de jeu, sourit-il. Mais je suis là pour progresser et c’est l’entraîneur qui décide.»

(TDG)

Créé: 15.05.2019, 19h36

En direct du vestiaire

Le match Servette - Rapperswil, Stade de Genève ce jeudi soir (20 h).
Le contingent Servette sera privé de Maccoppi (genou), Schalk (adducteur), Busset (cheville), Séverin (cuisse), Iapichino (petit soucis musculaire) et Lang (convalescence).
Le contexte C’est la première sortie, à Genève qui plus est, de Servette depuis qu’il est officiellement champion de Challenge League et promu. Les Grenat méritent un soutien populaire. On n’imagine pas 20 000 spectateurs, bien sûr, mais pour la joie offerte contre Lausanne, les Servettiens attendent de fêter sans pression la promotion avec un maximum de spectateurs. En face, il y aura un Rapperswil qui se bat contre la relégation et comme les Grenat n’ont pas dans l’idée de «solder» leurs trois derniers matches, cela promet un bel affrontement.
Les mots de Geiger «Nous avons encore trois rencontres et nous voulons finir en beauté.» D.V.

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