Sébastien Reichenbach ou l'art de la descente

CyclismeLe Valaisan est le coureur qui monte. Paradoxe: ce grimpeur, 14e du Tour de France, doit progresser en descente.

Thibaut Pinot est protégé par sa garde suisse: Steve Morabito (à droite) et Sébastien Reichenbach.

Thibaut Pinot est protégé par sa garde suisse: Steve Morabito (à droite) et Sébastien Reichenbach. Image: Keystone

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La FDJ souffle ses vingt bougies dans le peloton pro. Directeur du pôle performance de l’emblématique formation française, Fred Grappe accomplit sa 18e saison («Je fais presque partie des meubles», rigole-t-il). Steve Morabito, lui, entame son 12e exercice parmi l’élite. Lié avec l’équipe au trèfle jusqu’en 2018, Sébastien Reichenbach, pro depuis 2013, épaulera Thibaut Pinot sur le prochain Giro. En août, le Valaisan s’alignera pour la première fois à la Vuelta. «J’avais envie de changer de programme. Avant le Giro (du 5 au 28 mai), je prendrai part en principe au Tour du Trentin.»

Reichenbach (27 ans) avait pesté contre lui-même et frustré ses supporters lors du dernier Tour de France qu’il termina bon 14e. «Dommage qu’il soit faible techniquement et qu’il descende si mal. Sans quoi…», nous soufflait Christian Prudhomme, le directeur de course, lors du jour de repos à Berne. En écho, Laurent Dufaux louait les qualités du Martignerain («Il a confirmé le talent qu’on lui prête») tout en soulignant ses lacunes dès lors qu’il s’agit de dévaler les pentes. «Il a su se mentaliser pour le Tour, juguler le stress inhérent à l’épreuve. Las pour lui, s’il avait été meilleur descendeur, il aurait pu prétendre à la victoire à Culoz (4e de la 15e étape).»

Ces lacunes en descente, l’intéressé tente de les combler sous la férule d’Oscar Saiz. «Le vététiste espagnol est un consultant précieux. Il effectue un travail individuel auprès de neuf coureurs. Suivant ses conseils, Seb a sensiblement amélioré sa technique, commente Fred Grappe. Il a appris à mieux négocier ses virages, plus exactement à mieux les appréhender, à corriger sa position sur le vélo. Cet enseignement qui lui a été prodigué, il peut le travailler seul désormais. Au besoin, il peut aller en Espagne finaliser des détails.»

Au récent Tour d’Andalousie, Reichenbach a fait une sortie de route en descente pour éviter des coureurs tombés devant lui sur une chaussée mouillée. Résultat des courses: un arrêt forcé dans un pierrier, un casque cassé en deux, une hanche meurtrie et, en prime, des hématomes et des contusions. Fred Grappe retourne là-haut sur la montagne. «Les grimpeurs sont de mieux en mieux préparés. La course est devenue stéréotypée en montée, les meilleurs restent ensemble. Il est difficile de creuser des écarts. On prend plus de temps en descente.» A témoin, celle vertigineuse de Chris Froome, dans un style peu orthodoxe, en direction de Luchon. Reichenbach poursuit son apprentissage, fidèle à sa devise: «Travailler dur, en silence, laisser le succès faire du bruit.»

Depuis le 14 juillet 2016 et son abandon sur le Tour, Pinot est resté plus de six mois sans compétition. Coureur hors pair et simple supporter du PSG, le Franc-Comtois enchaînera Giro et Tour. N’est-ce pas trop? «Si on fait un bon Giro, on peut faire un bon Tour de France si on en a envie. C’est comme le Loto. Quand on a deux tickets, on a deux fois plus de chances de gagner», a expliqué le manager Marc Madiot. Vu de la sorte…

La parole à Fred Grappe: «Il était important que Pinot ne reproduise par chaque année le même modèle, qu’il n’ait pas que le rendez-vous de juillet en tête. Thibaut peut se découvrir sur le Giro et réaliser un beau Tour. C’est extrêmement difficile de faire le général sur les deux mais pas incompatible. Le plus compliqué est la récupération au plan mental.» Où il est question de la capacité à se reconcentrer. «Mais qu’on ne s’y méprenne pas, le Giro est son objectif principal. Sur le Tour, la FDJ sera articulée autour d’Arnaud Démare à 70%, Cette fois l’équipe possède un train susceptible de placer notre sprinter maison dans les meilleures conditions.»

Carte de sécurité

Steve Morabito (34 ans) disputera-t-il son 6e Tour de France? «Steve est notre capitaine de route, notre carte de sécurité. Mais c’est trop tôt pour dire s’il sera présent au Grand Départ à Düsseldorf le 1er juillet.» Tour de Valence bouclé, et avant le Tour d’Andalousie, où il est engagé jusqu’à dimanche avec Pinot et Reichenbach (3e de la 1ère étape), Morabito s’est adonné aux joies du ski de randonnée. «C’est très complémentaire avec le vélo. On encourage cette pratique, souligne Grappe. Pinot a progressé dans le chrono grâce au ski de fond. D’une manière générale, on s’oriente vers un entraînement diversifié.»

Papa d’une petite Abigaelle depuis le 20 décembre, Steve Morabito apprécie aussi le hors-piste. Le 26 novembre, sur Twitter, il évoquait sa soirée épicurienne passée chez Didier de Courten, le grand chef sierrois.

(TDG)

Créé: 15.02.2017, 17h24

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