Coupe du monde des clubs, une belle partie de cash-cash

FootballPortée par Gianni Infantino, président de la FIFA, la compétition devrait rapporter 12 milliards de dollars.

Pour Gianni Infantino, le projet «Mondial des clubs» revêt une importance cruciale en vue d’une réélection en 2019.

Pour Gianni Infantino, le projet «Mondial des clubs» revêt une importance cruciale en vue d’une réélection en 2019. Image: REUTERS

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Ce samedi soir, la Ligue des champions s’offrira à Liverpool ou au Real Madrid, dans un summum de football que tous les fans attendent avec fébrilité.

À Nyon, à l’UEFA, on se félicitera de gérer une compétition sans égale. À Zurich, le président de la FIFA, Gianni Infantino, sera, lui, conforté dans son idée de mettre en place une Coupe du monde des clubs à 24 équipes dès 2021. Il sait que le public sera ravi. Mais pas forcément la Confédération européenne qui a aussi dans ses tiroirs un projet de Champions League élargi. D’ailleurs, l’intensité de la bataille des milliards, commencée il y a quelques mois, s’intensifie. La preuve par les déclarations d’Aleksander Ceferin, cette semaine à Bruxelles. Le patron de l’UEFA a affirmé devant l’Union européenne qu’il n’acceptera jamais que «l’âme du football soit à vendre». Comme si, en la matière, il n’était pas déjà trop tard.

Neuf milliards pour les clubs

Le projet de Gianni Infantino a déjà fait couler beaucoup d’encre, passant de suppositions en hypothèses. Mais le scénario qui recueillerait la plus grande adhésion est une Coupe du monde à 24 clubs, dont douze Européens, répartis en huit groupes de trois. Ce Mondial des clubs aurait lieu tous les quatre ans, comme sa grande sœur, la Coupe du monde. Une périodicité qui conférerait un côté rare, donc plus lucratif, à la compétition. La preuve par les projections effectuées par les experts. Selon une source interne à la FIFA, les quatre premières éditions (2021, 2025, 2029 et 2033) ne rapporteraient pas moins de 12 milliards de dollars! Dont 75% seraient reversés directement aux clubs.

Autrement dit: les participants à ces quatre éditions recevraient 9 milliards de dollars, soit plus qu’en prenant part à la déjà «très lucrative Ligue des champions». Les 3 milliards restants, une fois les frais d’organisation payés, devraient être distribués aux fédérations nationales.

De Chine et d’Arabie saoudite

La commercialisation de l’événement serait assurée par une société tierce, pas encore créée, détenue conjointement par la FIFA – qui garderait la majorité – et un consortium mené par une banque japonaise qui rassemble des investisseurs venus de Chine et d’Arabie saoudite. Un modèle qui a déjà fait ses preuves, puisqu’il a été utilisé par l’UEFA au moment du lancement de la Ligue des champions version moderne, en 1994, avec la création de la société TEAM.

Reste à convaincre. Un défi lorsque les enjeux dépassent le jeu et se déplacent dans les comptabilités. Depuis l’annonce du projet, la bataille des mots est rude. Pour Gianni Infantino, sa réalisation est primordiale. Car il lui permettrait de faire d’une pierre deux coups: augmenter de manière conséquente les recettes financières de la FIFA qui dépendent aujourd’hui essentiellement de la Coupe du monde et ont tendance à stagner. Mais aussi de se défaire de deux compétitions désuètes, qui n’ont jamais réussi à trouver leur public et leurs sponsors: la Coupe des Confédérations et la Coupe du monde des clubs actuelle à huit. Un changement gagnant, selon Zurich, qui aurait l’avantage de ne pas surcharger le calendrier, un reproche récurrent dans les critiques.

Discussions en coulisses

Quant aux clubs, ils restent discrets. Les discussions en direct menées par la FIFA indiquent que certains «mammouths», comme le Real Madrid, Barcelone ou Manchester City, font preuve d’un intérêt très concret. D’autres, du moins publiquement, la jouent profil bas, histoire d’attendre de voir la direction prise par le vent, histoire de ne froisser personne.

D’autant plus que des éléments politiques primordiaux doivent encore être mis sur la table. En particulier, le mode de sélection des clubs qui auraient la chance de participer à cette compétition «jackpot» qui rapporterait, par édition, une moyenne de plus de 100 millions de dollars à chaque participant. Sensible, surtout si l’on songe qu’il s’agit aussi d’une perte de pouvoir pour les six Confédérations, alors qu’une approbation renforcerait politiquement Gianni Infantino.

Début juin, les discussions en coulisses qui précéderont la Coupe du monde en Russie vont être animées. Le projet n’est pas à l’ordre du jour du congrès, le 13 juin. Mais son ombre pourrait bien peser sur les décisions prises par l’assemblée générale du football mondial. Notamment lorsqu’il s’agira de décider qui du Maroc ou du trio États-Unis-Canada-Mexique organisera la Coupe du monde 2026. À Moscou, avant les festivités du terrain, les maîtres du jeu vont esquisser les contours du football des deux prochaines décennies.

Les participants à ces quatre éditions recevraient neuf milliards de dollars, soit plus qu’en participant à la déjà «très lucrative Ligue des champions»

Créé: 25.05.2018, 22h59

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Mort de Moubarak
Plus...