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«Tout d’un coup, un simple coup de barre et le bateau décolle»

Alan Roura, le navigateur genevois tient une chronique régulière dans nos colonnes.

Départ du Vendée Globe aux Sables d'Olonne le 6 novembre 2016. (photo d'archives)
Départ du Vendée Globe aux Sables d'Olonne le 6 novembre 2016. (photo d'archives)
JEAN-GUY PYTHON

Savez-vous ce qu’est un foil? Un appendice de forme étrange qui permet au bateau de se soulager de la surface de l’eau et de «voler». Et bien, voilà ma première course avec «La Fabrique» à foils derrière moi. C’était d’ailleurs ma dernière course avant le grand départ de la Route du Rhum, le 4 novembre.

Vous connaissez sans doute la sensation d’un avion qui décolle au bout d’une piste de l’aéroport de Genève: cette petite boule au ventre que l’on sent, lorsqu’on s’accroche au siège discrètement, sans laisser son voisin soupçonner qu’au fond de soi on n’est pas super à l’aise de faire un truc pour lequel l’humain n’est pas conçu: voler. Imaginez un bateau, qui est censé flotter, qui se laisse glisser sur les flots, toutes voiles dehors. Entendre le doux bruit de l’eau glisser sous la coque. Et tout d’un coup, un simple coup de barre, le foil accroche, et voilà la même sensation qu’en avion.

On passe d’un bateau suave à un avion de chasse en pleine guerre, bombardé par des tonnes de vagues

Sauf que là, il n’y a pas d’hôtesse de l’air pour vous aider à vous détendre et vous donner un petit café afin de pouvoir penser à autre chose. Là, vous êtes seul sur un bateau qui vole. Qui saute les vagues et vous offre des sensations absolument incroyables. Impossible de marcher sur le pont sans se cogner, difficile de manger sans s’en mettre partout sur le ciré. On passe d’un bateau suave à un avion de chasse en pleine guerre, bombardé par des tonnes de vagues qui viennent s’écraser sur le pont. C’est bien à ça que ressemble la voile d’aujourd’hui.

Alors je n’ai pas encore trouvé les manettes à 100%, mais je commence à comprendre comment faire décoller et faire avancer «La Fabrique». Le Défi Azimut le week-end dernier, avec les meilleurs bateaux et skippers, avec les premières conditions musclées de la saison, n’avait rien d’une promenade de santé. Pas facile de se faire une place quand on est un des derniers bateaux mis à l’eau de l’année… Mais une belle dixième place malgré tout à l’arrivée. Avec des pointes de vitesse à plus de 24 nœuds, une journée entière de vol sur un bateau: bref, du bonheur en barre!

Maintenant, préparation intensive pour «le Rhum». «La Fabrique» est aujourd’hui en dernière phase d’optimisation et moi de réglages avec un enchaînement de belles navigations avant le jour J!

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