Contrairement à la FIFA, le CIO déclare sa flamme à la Suisse

OlympismeÀ quelques jours du 125e anniversaire du Mouvement olympique, Thomas Bach ne voit pas son avenir ailleurs qu’à Lausanne.

Thomas Bach: «Beaucoup de pays, beaucoup de villes seraient très heureux d’accueillir le siège du CIO.»

Thomas Bach: «Beaucoup de pays, beaucoup de villes seraient très heureux d’accueillir le siège du CIO.» Image: Reuters

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En hôte attentionné, le président Thomas Bach reçoit dans sa nouvelle demeure. L’impressionnant pavillon olympique, sorti de terre à côté du château de Vidy, sera inauguré ce week-end. L’Allemand y a convié une poignée de médias romands à une rare table ronde.

L’occasion pour lui de déclarer – en français bien sûr – sa flamme à la capitale olympique, à l’approche du 125e anniversaire du CIO. «Nous espérons que ce sera notre maison au moins pour les cent vingt-cinq années à venir, s’est-il enthousiasmé. Cette nouvelle maison olympique démontre notre dévouement pour Lausanne.» Un renouvellement des vœux, chiffré à 145 millions de francs, qui doit inscrire le Mouvement olympique sur la durée dans la région.

Le président s’est ensuite fait plus intime. «Je suis tombé amoureux de Lausanne, et des Lausannois, depuis que j’ai eu la chance de m’y installer (ndlr: après son élection en 2013). Vous pourriez penser que ce ne sont que des mots, mais ce n’est pas le cas. Le CIO est d’ailleurs passé de la parole aux actes avec ce nouveau siège. Les relations avec la Ville de Lausanne n’ont jamais été aussi bonnes. Nous avons toujours collaboré de manière très étroite avec les autorités, mais aussi avec les habitants.»

FIFA, la tentation parisienne

Ces mots doux de l’homme fort du CIO n’ont rien d’anodins. Qui plus est à l’heure où la FIFA verse dans le louvoiement, en faisant du pied à Paris. Début juin encore, son président, Gianni Infantino, roucoulait avec Emmanuel Macron à l’Élysée, évoquant de nouveau l’idée d’un déménagement de la Fédération internationale de football dans la capitale française.

Au-delà du charme de la Ville Lumière, la FIFA serait surtout attirée par un statut fiscal privilégié, dont bénéficie notamment l’Unesco.

Lorsqu’on le lance sur la question, Thomas Bach se montre catégorique: «J’ai rencontré le président Macron plusieurs fois ces derniers temps. Notre dernière entrevue remonte à une semaine seulement à l’Élysée. Je peux vous assurer que la question du siège du CIO n’a été soulevée dans aucune de nos discussions, ni par lui ni par moi.»

Si la France n’est visiblement pas sur les rangs, la promise olympique attire forcément les prétendants les plus robustes. «Beaucoup de pays, beaucoup de villes seraient très heureux d’accueillir le siège du CIO chez eux, se félicite son président allemand derrière un sourire. Peut-être encore plus maintenant, quand on pense à cette nouvelle maison olympique. Cela dit, nous n’avons jamais donné suite aux éventuelles approches que nous pouvons recevoir. On se contente de décliner poliment les avances.»

Sion 2026 n’y change rien

Un ton affirmatif qui n’a pas toujours été de mise ces dernières années. L’installation des services olympiques de radio-télévision (OBS) à Madrid en 2016 n’avait pas été le meilleur des signaux pour un avenir inscrit sur les bords du Léman.

Depuis, les refus populaires des Valaisans et des Grisons pour les Jeux olympiques d’hiver de 2026 ont marqué une autre anicroche dans l’idylle. Alors, l’amour du CIO pour la Suisse n’est-il pas réciproque? «Tout d’abord, ce n’est pas le peuple suisse qui a voté, mais seulement certains cantons. Ensuite, le refus de Sion 2026 n’a eu aucun impact sur nos relations avec Lausanne ou les autorités vaudoises.» L’histoire est donc partie pour durer.

Créé: 17.06.2019, 22h41

Des candidatures chamboulées

La semaine prochaine, le Comité olympique attribuera les Jeux d’hiver 2026, pour lesquels Sion avait été un temps candidat. Les membres de l’institution devront ainsi choisir lundi entre l’Italie (Milan–Cortina) et la Suède (Stockholm-Åre).

Mais ce 134e Congrès du CIO – organisé au Swiss Tech Convention Center de l’EPFL – devrait également être le théâtre d’une petite révolution dans le processus d’attribution des JO à l’avenir. Plusieurs changements sont avancés, notamment par Thomas Bach. «Jusqu’à maintenant, le système a produit trop de perdants, et le CIO en fait partie. La nouvelle procédure sera plus ciblée.»

La première modification concerne l’agenda. Jusque-là, la ville hôte était habituellement connue sept ans avant le début des Jeux. «La décision pourra être prise avant, ou après», a avancé l’Allemand. Soulignant le besoin d’une plus grande «flexibilité».

L’idée même d’un vote final devant le Congrès olympique pour l’attribution des Jeux, comme ce sera le cas la semaine prochaine, est remise en question. «Une ville unique pourrait être proposée par la commission exécutive si elle est jugée au-dessus du lot durant le processus, a précisé le président du CIO. Au final, le but n’est pas d’avoir le plus grand nombre de candidats finalistes, mais de trouver la meilleure ville hôte.» Un nouveau paradigme qui pourrait changer l’avenir du Mouvement olympique.

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