Chaud devant, chaleureux derrière

14e Genève MarathonSi la 14e édition n’a pas enflammé les chronos, elle a mis les cœurs en joie. Sans trop de casse malgré la fièvre du thermomètre.

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L’ambiance est à la fête. Sur les pelouses du Jardin anglais, elle prend les allures d’une joyeuse garden-party. Sur le pont du Mont-Blanc, c’est une communion, une effusion. La délivrance des corps, longtemps en souffrance, et la jouissance des âmes, béquilles salvatrices lorsque les jambes se mettent à flancher. Le marathon est une épreuve à part, un défi, une introspection à forte valeur symbolique. Et pourtant, il n’y a pas effort plus terre à terre!

Genève n’échappe pas au mythe. Il le célèbre à sa façon, avec beaucoup de chaleur humaine. Il faut écouter le pouls du peloton pour s’en convaincre. Venus parfois de loin, les éloges fusent, même quand la foulée est traînante. Malgré des crampes, Thomas et Zou Ying sont tombés sous le charme de cette course «qui marie si bien nature et ville, où l’ambiance est stimulante». Le Norvégien travaille à Oslo pour Implenia, le Chinois est employé chez Nestlé à Vevey. L’universalité du marathon n’est pas une fake news.

Histoire belge

C’est au pied du Jet d’eau que Stobbie et Sébastien, deux joyeux lurons venus de Belgique, avaient décidé de fêter leur baptême du marathon. «On connaissait le Salon de l’auto. Ici, il y a de belles bagnoles et de jolies filles. Il devait forcément y avoir un superbe parcours! On n’a pas été déçu.» La chaleur, celle qui a mis les organisateurs sur des charbons ardents, ne les a pas trop tourmentés. «Ce n’est pas pire que le froid de canard que l’on a supporté cet hiver en s’entraînant le long de la mer du Nord», s’exclament-ils. Pour se rafraîchir, ils avaient un bon plan. Un rade où ils se réjouissaient d’aller «écluser quelques trappistes avec des frites».

C’est vrai, il a fait chaud, comme en été. «Voilà ce que c’est de brûler un cierge pour implorer le beau temps. On avait pourtant aussi convoqué quelques nuages mais ils ont déclaré forfait», sourit Benjamin Chandelier. Le directeur de course ne pleure pas trop le record parti en fumée (lire ci-contre). Cette édition noire de monde, sur la route comme au bord du parcours, le comble d’aise. Pour lui, faire courir 18 000 personnes de tous âges est plus un bonheur qu’une gageure. «Quand on peut compter sur 1000 bénévoles, on peut tout se permettre», dit-il

Le semi a eu plus chaud

Plus loin, Jean-Marc Guinchard, le président de l’Association Genève Marathon, est surtout rassuré. Malgré un thermomètre fiévreux, le pire a été évité. Pas d’hécatombe comme à Londres où 700 malaises avaient été recensés. «On n’a enregistré que trois cas graves, dont une hyperthermie sévère, qui ont exigé une évacuation à l’hôpital et qui ont heureusement pu être traités sans dommage», note-t-il. Sinon, la cinquantaine de samaritains, infirmiers et médecins de service a surtout dû remettre d’aplomb de nombreux coureurs victimes de coup de chaud et de déshydratation. «En majorité des semi-marathoniens, pourtant partis à la fraîche», précise Jean-Marc Guinchard. Étonnant? «Non, le marathon est une discipline qui fait peur et pour laquelle on s’entraîne donc plus méthodiquement. Le semi, certains s’y engagent parfois un peu à la légère.»


Yegon fond sur le succès

Le marathon n’est pas une science exacte. Souvent, les humeurs du ciel contrecarrent les plans les plus sophistiqués. À Genève, le fantasme d’un chrono sous les 2 h 10 est à nouveau tombé dans la rade. Après la bise, le cagnard! «Trop chaud», analyse sobrement William Yegon. Récidiviste, le Kényan a défendu son titre sans flinguer le chrono (2 h 12’10) malgré un pointage tip top à mi-course (1 h 05). Malin, il a préféré attendre son heure pour fondre sur son compatriote Joseph Amperumoi et rafler la prime. Le marathon est tout de même une science du calcul. Boudée par les meilleurs Suisses, cette 14e édition a au moins ravi deux revenants genevois. Après quatre mois d’arrêt forcé, Thomas Huwiler a renoué avec le succès en remportant le 10 km nocturne. Après deux récents marathons avortés, à Zurich et Düsseldorf, Julien Lyon a quant à lui enlevé le semi-marathon, main dans la main avec l’Éthiopien Yazew, son camarade d’entraînement. «J’étais prêt à tout arrêter l’an passé. Là, je suis soulagé, mon horizon se dégage», dit-il. P. B.

(TDG)

Créé: 06.05.2018, 19h18

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