Le «bad boy» Kyrgios ferait fureur à Genève

TennisTalentueux et tempétueux, le joueur fait encore parler de lui avant Roland-Garros. Genève serait ravi de l’avoir, un jour.

Adepte de la capuche façon rappeur, Nick Kyrgios adore faire de la provoc et ne laisse personne indifférent.

Adepte de la capuche façon rappeur, Nick Kyrgios adore faire de la provoc et ne laisse personne indifférent. Image: GETTY IMAGES

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Il a été adoubé par le Maître. C’est donc qu’il ne doit pas être si méchant. Nick Kyrgios est de ces joueurs qui ne laissent pas indifférents. Le trublion, adepte des coups de sang et des coups de gueule sur les terrains et sur les réseaux sociaux, vient de réaliser un enchaînement digne d’un service-volée d’école. Après avoir «pété» les plombs à Rome, il a déguillé le tournoi de Roland Garros lors d’un live sur Twitter depuis Wimbledon, où il est allé s’entraîner. «Qui aime la terre battue? C’est tellement naze», a-t-il assené. Avant d’armer le coup de grâce. «Roland-Garros est merdique par rapport à cet endroit (ndlr: Wimbledon). C’est vraiment pourri.»

Visiblement, à Genève, on ne tient pas trop rigueur au jeune Australien. Que ce soit dans le public où chez les organisateurs du Banque Eric Sturdza Geneva Open, Kyrgios a la cote. Les gamins adorent ce bad boy, adepte de la capuche façon rappeur. «Il est plutôt sympa, explique Gustave. J’aimerais bien le voir un jour ici. Même si je préfère Stan Wawrinka.» Alexandre, le papa, fronce un peu les sourcils entre deux gorgées de bière. Les accès d’humeur, passe encore. «Mais que le gars quitte le terrain en plein match, c’est un manque de respect total pour le public.»

«Il est dans la provoc»

À ses côtés, Christophe, la quarantaine flamboyante, reconnaît les talents de l’Australien, mais en bon père de famille, lui aussi s’interroge sur «l’exemple donné à la jeunesse par le joueur». Ce sentiment est également partagé par Alain Tripod, président du TC Genève, qui prête son fabuleux écrin du parc des Eaux-Vives au tournoi. «Kyrgios, c’est un joueur à part qui possède un fabuleux tennis, dit-il. Pour ça, je le prends volontiers dans notre tournoi. Pour ce qu’il peut véhiculer, un peu moins. Mais de manière globale, je dirai que le tennis a besoin de joueurs dans son genre. Il met du piment dans un milieu qui est devenu très policé.»

Pour le directeur technique du tournoi, un certain Marc Rosset, Kyrgios est même une bouffée d’air frais. Il a ce grain de folie, ce franc-parler – quitte parfois à dire de grosses bêtises – que les fans, dans le fond, apprécient. John McEnroe, Jimmy Connors, Ilie Nastase et tant d’autres légendes ont aussi construit leur notoriété grâce à leurs aspérités. «Je ne le connais pas personnellement, dit Marc Rosset, mais je suis persuadé qu’il y a un immense décalage entre ce qu’il fait et ce qu’il est. À mon avis, il est complètement dans la provoc. Je l’imagine tout à fait balancer une grosse bêtise sur Twitter juste pour pouvoir ensuite se marrer en lisant les réactions avec ses potes.»

Pour le vainqueur du tournoi de Genève, il y a trente ans (!), Kyrgios est autant victime que partie prenante du tourbillon dans lequel il aime se perdre. «Tout prend tellement d’ampleur de nos jours, c’est hallucinant. Je me souviens d’un match de folie qu’il avait perdu contre Roger Federer en 2017 à Miami. Trois sets avec autant de tie-breaks. Tout au long du match il avait eu une attitude irréprochable, il avait sauvé des balles de set, des balles de match. Après la poignée de main, il était revenu vers sa chaise et avait fracassé sa raquette. Le lendemain, on ne parlait presque que de ça!»

Détesté par beaucoup de ses pairs, qu’il n’épargne pas, Nick Kyrgios n’est pas boudé par le public. «Car son jeu est spectaculaire et parce qu’il est imprévisible», apprécie Viviane, une jeune Vaudoise, juste avant de filer assister à la défaite de Stan dans les tribunes du Central. Une arène qui ne dirait vraiment pas non à la venue, lors d’une des prochaines éditions, du bad boy du circuit. «Déjà, s’il s’inscrit, un organisateur ne peut pas récuser un joueur, explique Thierry Grin, le directeur du Banque Eric Sturdza Geneva Open. Mais on serait évidemment ravi de l’avoir un jour dans le tableau. Sur le plan médiatique, ça ferait causer, c’est certain. Et sur le plan du jeu, c’est quand même un tennisman.»

Il faudrait juste qu’il se réconcilie avec la terre. Battue pour commencer.

(TDG)

Créé: 22.05.2019, 21h51

Wawrinka déjà éliminé

Il voulait jouer un maximum de matches. C’est raté. Stan Wawrinka n’a pas vraiment obtenu ce qu’il était venu chercher à Genève. Après un printemps mi-figue mi-raisin sur terre battue, le Vaudois voulait faire le plein de confiance avant de filer à la Porte d’Auteuil. Le hic, c’est qu’il est tombé sur un os en la personne de Damir Dzumhur, vainqueur en trois sets (3-6 6-3 6-4). Après une belle entrée en matière, Stan Wawrinka est apparu à court de souffle et d’idées. Alternant le bon et le très quelconque, il n’a jamais trouvé la solution dans les deux derniers sets. Son adversaire l’a passablement gêné à coup d’amortis toujours bien touchés et sentis. Au final, la déception était grande parmi les spectateurs qui espéraient que Stan Wawrinka puisse gagner un troisième titre au Geneva Open. «Ma seule déception c’est de ne pas pouvoir rejouer devant ce public, a-t-il avoué. Pour le reste, je ne suis pas inquiet. C’est une question de détail. Je suis encore parfois hésitant sur les points importants. je pense que le déclic peut avoir lieu à Paris.» G.SZ

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