Nicolas Brabeck-Letmathe, accro du Dakar et des nobles causes

Rallye-raidInstallé à Lausanne. il se présente volontiers comme un citoyen du monde. Il est aussi le seul motard suisse du Dakar 2020.

Nicolas Brabeck-Letmathe paie le rallye de sa poche et l’argent généré par sa participation va à l’association Leon, qui ouvre à des enfants défavorisés un accès à l’éducation.

Nicolas Brabeck-Letmathe paie le rallye de sa poche et l’argent généré par sa participation va à l’association Leon, qui ouvre à des enfants défavorisés un accès à l’éducation. Image: DR

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Dire qu’il a roulé sa bosse est un euphémisme. Ses (nombreux) passeports gardent les traces de passages dans près de 150 pays: Nicolas Brabeck-Letmathe est né au Chili, a suivi ses parents à travers le monde avant, lui aussi, d’exercer dans de nombreux endroits. Donc de connaître des cultures différentes et comprendre qu’«essayer de voir le monde et la justice en regardant selon nos perspectives, nos seules habitudes, est très compliqué».

On le devine, tous les participants au Dakar 2020, qui prend son envol dimanche à Jeddah (Arabie saoudite), sont confrontés aux mêmes questions, aux mêmes regards choqués: être au départ, n’est-ce pas cautionner un régime qui ne respecte pas les droits de l’homme (terme pris, bien sûr, dans le sens être humain)? «Bien sûr que la situation n’est pas idéale. Mais connaissez-vous beaucoup d’endroits sur la planète où tout le monde a les mêmes droits, où il n’y a pas de pauvres, personne en situation précaire? Le pays essaie de s’ouvrir; depuis une année, on peut obtenir assez facilement un visa pour le visiter. Si le rallye devient un vecteur d’ouverture, il faut l’encourager. Il y aura des femmes au départ de la course, qui porteront le casque, pas la burqa. Lors de la conférence de presse de présentation, on trouvait sur la scène trois femmes en t-shirt; une fois encore, il est impossible de mesurer avec nos yeux ce que cela représente comme choc culturel pour les Saoudiens. Il n’y avait aucun lien entre le Qatar et l’Arabie saoudite, aujourd’hui un dialogue est ouvert, via la présence de Nasser al-Attiyah (le vainqueur de l’an dernier en auto et grand favori cette année). Le tourisme est un moyen d’échange idéal. Nous, les concurrents, partons pour une épreuve sportive, nous ne sommes pas là pour valider ou non un gouvernement. Personne de sensé ne peut accepter ce qui s’est passé en 2018 avec l’assassinat commandé d’un journaliste opposant au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. Je ne l’accepte pas, mais je me réjouis de ce que je vais découvrir dans les déserts et les canyons saoudiens.»

Et de cinq

Ce sera le cinquième Dakar de Nicolas Brabeck-Letmathe (trois fois à l’arrivée, respectivement aux 68e, 59e et 38e places): «Le virus des sports mécaniques est quelque chose de particulier, je n’ai pas résisté. Honnêtement, si l’épreuve était restée en Amérique du Sud, je faisais l’impasse. Mais là, je sais que nous allons trouver un terrain de jeu hallucinant et que le côté nouveauté, allié à la volonté des organisateurs d’être beaucoup plus sévères envers ceux qui auraient envie de tricher, c’est un peu un retour à l’esprit fondateur de la course. Après dix ans d’Amérique du Sud, il fallait trouver autre chose. Les organisateurs sont liés pour cinq ans avec l’Arabie saoudite, ce n’est pas seulement, comme le croient certains, pour encaisser des millions de dollars, c’est qu’il faut pérenniser un tel événement sur la durée pour pouvoir consacrer plus de temps à la qualité sportive de l’épreuve», reprend le Lausannois.

Des surprises? «Forcément. Qui dit nouveau pays, nouveau terrain, dit aussi challenge supplémentaire pour l’organisation et, bien sûr, pour les concurrents.»

Créé: 03.01.2020, 19h47

Le défi d’Alexandre Pesci

Dans le championnat du monde d’endurance (WEC) actuel, son team Rebellion est une valeur référence, le seul à pouvoir inquiéter l’équipe officielle Toyota. Dans l’endurance de demain, celle des «hypercars», la voiture à battre pourrait bien être la future Peugeot-Rebellion. Au Dakar 2020, le patron, Alexandre Pesci, prendra part... à sa première course officielle. Aux commandes d’un buggy (Rebellion, bien sûr) développé à Alès dans la structure de Romain Dumas, sur la base du châssis de la Peugeot 3008, dans lequel a été installé un V8 Ford Cosworth très fiable: «Je rêvais du Dakar depuis longtemps. Mais quand on est jeune, on n’a pas d’argent. Je me suis alors dit: ok, fais-le avant tes 30 ans, puis avant tes 40. Et m’y voici enfin», sourit le Lausannois Alexandre Pesci. Signe particulier: le Dakar 2020 sera sa première course. «Les gens pensent que je suis fou. Mais quand je me lance dans un projet, je ne fais jamais les choses à moitié.» Ainsi, son prof ès dunes a été un certain Nasser al-Attiyah, tenant du titre. Un de ses coaches, Mathieu Baumel, l’équipier d’al-Attiyah. «Pour nous, chaque étape terminée sera une victoire.» Précision: le copilote d’Alexandre Pesci, Stephan Kuhni, est lui aussi un débutant: «Pour vivre 15 jours dans un environnement aussi étroit, il est préférable d’avoir un vrai ami à ses côtés. C’est le cas.»

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