Wanders se remet au cross pour étoffer son palmarès

Cross-countryLe Genevois ne peut pas se contenter de records. Il participera aux Européens pour tenter de cueillir ses premiers lauriers internationaux.

Julien Wanders a digéré sa désillusion des Mondiaux sur piste à Doha. Et il s’est bâti de nouveaux défis.

Julien Wanders a digéré sa désillusion des Mondiaux sur piste à Doha. Et il s’est bâti de nouveaux défis. Image: KEYSTONE

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Pour lui, la récréation est terminée. Fini de soigner son swing et son bronzage sous le ciel d’Espagne. Après deux semaines de vacances, Julien Wanders a retrouvé Iten, ses pistes d’entraînement et son régime spartiate. «Une pause, j’en avais bien besoin. La saison a été longue, très longue. Ce n’est pas tant le corps qui était en souffrance, il résiste bien. C’est plutôt la tête qui devait souffler. À Doha, elle a été mise à rude épreuve», confie le Genevois. Au bout du fil, on le sent remonté à bloc. Les échecs le secouent mais ne l’ont jamais détruit, bien au contraire.

Alors, le Stadiste s’est bâti de nouveaux défis. Infatigable, jamais vraiment rassasié, il a décidé de prolonger sa saison jusqu’au 8 décembre, date des championnats d’Europe de cross-country. À Lisbonne, il est déterminé à cueillir ses premiers lauriers internationaux. L’hiver dernier, dans le kiosque des Bastions, où les deux amis parlaient à bâtons rompus, le conseil de Tadesse Abraham n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. «Les records, c’est bien, mais un palmarès, c’est ce qui compte», lui avait dit le marathonien, trois podiums européens à son actif. «Il a raison, il faut que je gagne ma première médaille, c’est dans mes cordes», affirme aujourd’hui le détenteur du record d’Europe du semi-marathon, également recordman du monde du 5 km sur route.

Plus un chien fou

Le cross-country, c’est un peu le mariage forcé entre ses premières amours et ses vieux démons. Une discipline exigeante, qui forge le caractère, mais qui le met aussi à mal. «J’ai eu longtemps de la peine à gérer le stress, à satisfaire mes ambitions», reconnaît-il en rappelant ses campagnes infructueuses de Samakov, Guiyang et Hyères. La dernière surtout lui laisse un goût amer. «En 2015, je visais le titre européen U20, j’étais favori et j’ai craqué», regrette-t-il encore. Depuis, il a beaucoup travaillé sur le plan mental et gagné en maturité. Si Wanders n’est pas encore une bête de compétition, il n’est plus ce jeune chien fou qui aboyait en laissant filer la caravane.

«J’ai eu du mal à me relever»

Aux Mondiaux de Doha, éliminé en série du 5000 m et contraint à l’abandon sur 10 000 m, il a pourtant connu une nouvelle désillusion. Lui reste-t-elle en travers de la gorge? «Sur le moment, ça m’a plombé, avoue-t-il. C’était l’incompréhension. J’avais fait de gros progrès sur piste, je ne m’attendais pas à échouer ainsi. J’étais déprimé, j’ai eu du mal à me relever. Heureusement, il y a eu ma participation au marathon record de Kipchoge, à Vienne, pour me changer les idées et plusieurs discussions avec Marco Jäger, mon entraîneur, pour mieux comprendre. En fait, à Doha, je suis arrivé en surrégime. Mentalement, j’étais cuit, je n’avais plus assez d’envie et de niaque pour me battre.» Il saura en tirer la leçon. L’été prochain, aux JO de Tokyo, il n’aura que 23 ans.

En attendant, Julien Wanders refait du foncier à Iten pour être d’attaque sur les pavés de l’Escalade (avancée au 1er décembre), puis une semaine plus tard dans le Parche Bela Vista. Le Marché de Noël des Bastions lui a fait un joli cadeau. Il pourra défendre son titre à Genève et briguer celui de Lisbonne! «C’est une aubaine, à moi d’en profiter», dit-il. Le cross, c’est quelques cachets en moins sur la route mais l’occasion pour lui de casser une certaine routine. «Mes sponsors ont renforcé leur soutien et se faire un palmarès, c’est valoriser de futurs contrats», calcule le Genevois. À lui de jouer.

Créé: 08.11.2019, 08h14

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