Tibert Pont: «Tôt ou tard, je reviendrai à Servette»

Football genevoisÀ 35 ans, il défend les couleurs de Carouge dans sa course aux finales pour la Promotion League. Il parle de sa vie actuelle et de son avenir.

Tibert Pont se voit bien devenir entraîneur, sans brûler les étapes.

Tibert Pont se voit bien devenir entraîneur, sans brûler les étapes. Image: Jean-Luc Auboeuf

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Plus de vingt ans sous le maillot de Servette, autant de raisons d’avoir le cœur grenat. Tibert Pont a tout connu de ce club qu’il aime, le pire comme le meilleur. Mais parce que toutes les histoires ont une fin, il enfile depuis deux ans d’autres t-shirts. On a d’abord retrouvé ce clubiste à Nyon, où on l’a perdu aussi, après cinq mois. Avant de le revoir à Carouge depuis plus d’un an désormais.

À 35 ans, Tibert est toujours vaillant. Que vit-il aujourd’hui avec cet Étoile Carouge qui vient de perdre 2-1 à Bulle? L’occasion de faire le point avec lui, qui est entré pour le dernier quart d’heure sans réussir à faire basculer le match du bon côté, malgré son expérience.

Tibert, malgré la défaite, on a l’impression que Carouge file vers les finales de promotion, non?

Il y a un beau projet à Carouge, des ambitions claires avec la nouvelle présidence. Donc c’est intéressant, oui. J’espère bien sûr que Carouge disputera ces finales, cela semble bien parti. Mais il faudra surtout gagner sa promotion durant ces finales, où l’on sait par expérience que tout est toujours compliqué.

On vous retrouve à Carouge, mais vous aviez rebondi à Nyon en 2017 après toutes vos années servettiennes. Que s’est-il passé?

Je ne sais pas, franchement. Après cinq mois, Oscar Londono et Stéphane Guex, ainsi que le directeur sportif, m’ont fait savoir qu’ils ne comptaient plus sur moi. Et je ne sais pas pourquoi. Mes performances? Je ne sais pas, j’avais plutôt l’impression de répondre présent. J’ai été surpris, mais ma foi, c’est comme ça, cela fait aussi partie du foot que l’on ne veuille plus de toi. Ensuite, Piero Costantino m’a approché (ndlr: le directeur sportif de Carouge). Le projet m’a plu, tout s’est fait naturellement, Nyon n’a pas fait problème pour me prêter à Carouge.

Et quelles sont les ambitions personnelles du Tibert Pont d’aujourd’hui, qui n’est plus joueur professionnel?

Je viens d’obtenir mon diplôme B + d’entraîneur. Cela m’intéresse beaucoup, je donne déjà des entraînements avec l’école de foot, le mercredi. Mais j’ai dans l’idée de passer le diplôme A, puis l’UEFA pro. Je me vois bien un jour entraîneur professionnel, je veux en tout cas me donner cette chance. Tôt ou tard, eu égard à mon passé, il semble dit que je reviendrai à Servette. Peut-être pour entraîner des jeunes ou des élites. Mais je n’en suis pas encore là. Pour l’instant je joue encore. Et je ne peux donc pas passer le diplôme A puisqu’il faut entraîner une équipe durant deux ans. Je sais ce que cela demande en termes d’efforts et d’investissements. Je ferai le nécessaire le moment venu.

Un joli projet, qui commence en faisant ses preuves avec les jeunes, c’est ça?

Oui. Je ne veux pas brûler les étapes. Rien n’est automatique. Ce n’est pas parce que tu as été joueur pro que tu dois automatiquement franchir des paliers plus rapidement. D’autant plus que le fait d’avoir été pro sur le terrain ne garantit nullement que tu sois un bon entraîneur.

Avant, quand vous étiez pro à Servette, il y avait le physio, une certaine diététique, des entraînements le matin ou l’après-midi, voire les deux, des physios, des soins, des siestes prévues: que faites-vous aujourd’hui de votre temps libre?

Eh bien je travaille! J’ai des parts dans le Village du Soir, juste derrière le Stade de Genève. Nous sommes une dizaine d’actionnaires qui nous connaissons, dont Matias Vitkieviez aussi. C’est un projet intéressant et je travaille pour le développer.

En buvant des coups le soir venu pour promouvoir l’endroit?

(rires) Non, rien de tout ça. En fait, le succès des nuits du Village se prépare la journée. J’aide en qualité de community manager. Mais pas de folies le soir, promis. Non, je suis employé, je peux ainsi voir autre chose que le foot. Et, surtout, cela me permet de gagner ma vie, en tant que salarié. Cela me fait bizarre. Mais en fait, c’est être footballeur pro qui est bizarre. Là, je suis dans la vie réelle, avec des horaires de bureau.

Et si Carouge monte, tout cela sera-t-il compatible avec une équipe en Promotion League?

Je ne sais pas. Pour l’instant, nous devons nous concentrer pour être qualifiés pour ces finales. Ensuite, il faudra les gagner pour être promus. Moi, je ne sais pas. Je sais que j’ai 35 ans. Je me suis sérieusement blessé juste avant la trêve: cela m’a pris deux mois et demi pour revenir et ce n’était pas simple, parce que tu n’as pas les mêmes structures qu'un club professionnel, ce qui est normal, même si elles sont excellentes à Carouge. Alors il faudra que je regarde cet été avec le staff et les dirigeants: les jambes, la motivation, il y a plein de questions dans l’air. Mais un jour j’arrêterai de jouer. Et je cesserai aussi mes activités au Village du Soir, pour me donner la chance d’être entraîneur. On verra bien quand je franchirai ce cap.

Et d’ici-là, vous allez encore crapahuter sur la pelouse de la Fontenette…

Oui. Comme tous joueurs, il y a toujours la volonté d’avoir plus de temps de jeu, d’aider. Mais tout est clair entre Jean-Michel Aeby et moi. Il peut compter sur moi comme il le veut, je donnerai toujours mon maximum. (nxp)

Créé: 15.04.2019, 17h40

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