La Suisse à l’assaut de la Youth America’s Cup

VoileLe régisseur genevois Nicolas Grange a inscrit son équipe Okalys Youth Project pour la prochaine édition à Auckland en 2021

Arnaud Grange, qui tient ici la barre de son D35, fera équipe avec Mathieu Ravussin qui mouline à ses côtés.

Arnaud Grange, qui tient ici la barre de son D35, fera équipe avec Mathieu Ravussin qui mouline à ses côtés. Image: Loris Von Siebenthal

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Nicolas Grange aime les défis. Barreur ou régisseur, il n’a pas peur de se lancer dans de belles aventures. Sa dernière «folie» en date? Il a inscrit une équipe suisse pour la prochaine Coupe de l’America des jeunes qui aura lieu à Auckland en février 2021. En même temps que la Coupe des grands, qui réunira ces incroyables monocoques géants volants choisis par Team New Zealand, le tenant du titre du plus vieux trophée sportif du monde. Pays de voile par excellence, la Nouvelle-Zélande ne pouvait organiser la 36e édition de la Cup sans proposer à la jeunesse sa propre compétition. Comme à San Francisco en 2013, comme aux Bermudes en 2017, il y aura donc une Youth America’s Cup dans la baie d’Hauraki. Un plan d’eau mythique sur lequel Alinghi était allé signer le plus bel exploit de l’histoire moderne de la voile suisse en 2003.

Dix-huit ans plus tard, ce sont véritablement les enfants d’Alinghi qui auront la chance de retourner sur les lieux du crime pour se mesurer aux meilleurs marins de moins de 25 ans du monde. Enfants d’Alinghi, certes. Mais surtout enfants d’Okalys, le Team de Nicolas Grange, puisque l’équipe a pris le virage de la jeunesse depuis deux ans. Le «patron» a laissé la barre de son D35 à son fils Arnaud, un vrai talent précoce qui a pris notamment une incroyable 2e place lors du Bol d’Or 2018 .

«Je viens d’acquitter la première tranche de la finance d’inscription, lance Nicolas Grange, enthousiaste. La Suisse aura donc son défi au couleur d’Okalys Youth Project qui représentera la Société Nautique de Genève. A ma connaissance c’est le seul club de notre pays qui pouvait inscrire une équipe car les prétendants doivent s’accorder avec le fameux Deed of Gift de la Cup qui stipule que les clubs doivent organiser au moins une régate en mer chaque année pour prétendre participer à la Coupe. Et c’est ce que fait la SNG qui met sur pied une régate de 8mJI en mer.»

Equipage mixte

Si le défi est donc basé à Genève, il aura toutefois une vraie portée régionale puisque les régatiers seront issus des clubs lémaniques. «Il y aura des garçons et des filles d’un peu partout se réjouit Nicolas Grange. Cette compétition se déroulera en équipage mixte, deux filles et deux garçons, sur des monocoques à foil de 8 mètres. J’ai vraiment été séduit par le format proposé par les organisateurs. C’est une épreuve qui sera assez ramassée dans le temps puisque des qualifications auront lieu en Chine au mois de novembre et que la phase finale durera un mois, du 12 février au 12 mars 2021. On ne part pas sur une campagne de presque trois ans comme l’avait fait Team Tilt lors des deux précédentes éditions.»

Le Royal New-Zealand Yacht Squadron a choisi de mettre tout le monde sur la même ligne. C’est lui qui fournira les bateaux pour cette Youth America’s Cup. Sept monocoques seront construit et seront mis à disposition des équipages en Chine, lors des qualifications, et lors des phases finales, à Auckland, bien sûr. Pas question de cumuler les heures de navigation sur ces bateaux volants en amont. «Il y aura une vraie égalité des chances, se félicite Nicolas Grange. Et l’équipe qui gagnera sera sans doute celle qui saura s’adapter le plus vite possible à la navigation si particulière en monocoques à foil.»

Une deuxième équipe?

En attendant de toucher la barre de ces bateaux en Chine, les équipes ne vont pas se tourner les pouces, bien sûr. Et chacune d’entre-elles va essayer de travailler sur des machines qui ressemblent le plus possible aux bateaux de la Cup. «Dans la région lémanique, nous avons la chance incroyable d’avoir à disposition plusieurs monocoques volants. A commencer par le «Banque Gonet» d’Eric Monnin, qui est l’un des précurseurs de ce type de bateau. On devrait pouvoir utiliser ce magnifique outil, ainsi que deux monocoques italiens 69F à foil de toute dernière génération.»

Avant de voir filer sur l’eau son fils et ses équipiers, Nicolas Grange entre désormais dans la phase de concrétisation de son projet. «J’ai discuté avec énormément de monde et je sens un bel enthousiasme. Que ce soit chez les jeunes, chez les entraîneurs, au sein de mon club. Je dois maintenant tout mettre en place et définir clairement les programmes et le cahier de charges. J’ai bon espoir que tout se mette en place assez rapidement. Dans l’idéal on aimerait commencer les entraînements au mois d’août et il n’est pas impossible qu’on lance même une seconde équipe.»

Nicolas Grange aime vraiment les défis.


Une belle tradition qui se perpétue

C’est une nouvelle génération de régatiers suisses qui va avoir la chance de réaliser sinon le rêve d’une vie, tout du moins de vivre une sacrée expérience. Tous ceux qui ont été des éditions de 2013 et 2017 en gardent un souvenir assez flamboyant. Sous les couleurs de Team Tilt, la Suisse avait fait très belle figure, se classant 4e à San Francisco avant de grimper sur le podium aux Bermudes.

Pour cette campagne 2020-2021, Nicolas Grange a bon espoir de constituer un projet compétitif. L’entrepreneur envisage même deux équipes avec au total une douzaine de marins. «Cela créerait une belle émulation lors des entraînements sans pour autant générer énormément de coûts supplémentaires, hormis celui des billets d’avion», estime-t-il.

Pour l‘instant, le premier équipage serait confié à Arnaud Grange et la barre du second pourrait échoir au Vaudois Maxime Bachelin, grand spécialiste de foiling. Les équipages réuniront les meilleurs régatiers et régatières suisses de moins de 25 ans. Matthieu Ravussin le fils d’Yvan, Nils Theuninck, Greg Siegwat, Maud Jayet, Amanda Björk, Marie Van der Klink ont déjà fait part de leur intérêt et d’autres noms pourraient suivre...

Mais avant d’embarquer tout ce petit monde dans cette belle aventure, Nicolas Grange doit juste finaliser son budget. Il table sur une enveloppe de 700 000 francs pour un projet «bien ficelé» qui comprendrait donc les frais de voyage, d’inscription à la compétition (100'000 francs), de coaching et d’hébergement. «J’espère fédérer un maximum de monde autour de ce projet, dit-il. Outre un investissement financier personnel important, je vais faire appel à des sponsors,l à des amis, des fondations et créer un club de soutien.»

Sauf cataclysme, la tradition suisse se perpétuera à Auckland.

Créé: 04.02.2020, 20h02

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