Quand les sportifs prennent le vaccin en grippe

OmnisportsBeaucoup d'athlètes de très haut niveau jugent le vaccin contre la grippe inefficace. Ils lui préfèrent des méthodes alternatives.

Henrik Tömmernes (Genève-Servette) n'est pas convaincu par la pertinence de se faire vacciner contre la grippe.

Henrik Tömmernes (Genève-Servette) n'est pas convaincu par la pertinence de se faire vacciner contre la grippe. Image: Keystone

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Les footballeurs du Lausanne-Sport, les hockeyeurs de Genève-Servette et leurs voisins du LHC sont tous de grands professionnels prêts à tous les sacrifices pour être performants au plus haut niveau. Pourtant ils n’adoptent pas tous la même attitude pour se protéger du virus de la grippe en hiver. Certains se vaccinent par obligation (LS), d’autres par choix (GSHC) et d’autres encore ne se vaccinent carrément pas (LHC). «Nous proposons l’injection mais malheureusement peu de joueurs la sollicitent, nous renseigne le médecin du Lausanne HC, Vincent Chollet. J’insiste surtout auprès de ceux qui ont des enfants mais ils ne sont que cinq ou six personnes, staff compris, à accepter le vaccin chaque saison.»

Un chiffre qui «étonne» le directeur sportif du Lausanne-Sport, Pablo Iglesias. Ce dernier juge en effet le vaccin «indispensable. Un professionnel ne peut pas prendre le risque d’être absent le temps d’une grippe, auquel s’ajoute celui de la récupération. Il peut manquer jusqu’à trois ou quatre matches. C’est pour cette raison que tout le monde se fait vacciner chez nous, et sans discussion.» Entre les deux politiques de prévention lausannoises il y a celle du GSHC et du Servette FC. Concrètement, les clubs genevois n’imposent aucune règle mais recommandent fortement le passage à l’infirmerie. «Beaucoup de joueurs font le vaccin», nous dit-on aux Vernets alors qu’à la Praille on estime que les recommandations sont suivies à 80% par les footballeurs grenats.

Vestiaire désinfecté

Tous les dirigeants sont confrontés au même problème: ils aimeraient beaucoup que leurs joueurs acceptent de se faire vacciner mais ils ne peuvent pas les y contraindre non plus. «Éthiquement, on ne peut pas imposer. Notre rôle en tant que médecins est d’informer. Chacun est ensuite libre», concède ainsi le Dr Chollet. Pour que son message passe, il doit donc convaincre. Et ce n’est pas simple. Certains refusent purement et simplement d’offrir leur épaule à la science parce qu’ils estiment le vaccin inefficace. «Ça ne protège rien du tout», s’esclaffe le hockeyeur genevois Henrik Tömmernes, que la piqûre d’octobre dernier n’a pas immunisé contre une affreuse grippe cette saison. Sans parler du joueur grenat, Pablo Iglesias rappelle qu’on peut «vacciner le joueur mais pas son environnement», expliquant que certains de ses footballeurs ont été menés au score par les microbes malgré la piqûre du médecin. «Leurs enfants étaient malades et ils en ont souffert à leur tour.»

Pour garder la forme toute la saison, les sportifs savent bien que le seul recours à la médecine n’est pas suffisant. Ils doivent eux-mêmes prendre toutes les précautions pour limiter les échanges des mauvais fluides dans un environnement (vestiaire et terrain) propice aux interactions de toutes sortes. Les athlètes crachent par terre et se transmettent les gourdes. Ils sont très exposés aux virus aéroportés. Pour s’en prémunir, beaucoup choisissent de booster leur système immunitaire à grands renforts de vitamine C, de jus de baies ou de probiotiques. A La Chaux-de-Fonds, les hockeyeurs disposent de gels désinfectants «un peu partout, dans le vestiaire et dans la salle de massage», selon leur entraîneur Serge Pelletier, qui propose à ses hommes le vaccin ou une «procédure homéopathique». Aucun club ne sera de toute façon aussi efficace que Genève-Servette en matière d’extermination des microbes à grande échelle: voyant ses joueurs tomber malades en janvier, les Grenats ont carrément désinfecté la totalité du vestiaire.

Grippe 1 – Lulu 0

C’est que l’affaire est de haute importance. Certaines équipes ont perdu contre la grippe avant même de jouer. Comme les GCK Lions qui, faute de joueurs valides, ont carrément dû reporter leur match de championnat contre La Chaux-de-Fonds le 25 janvier dernier. D’autres formations se sont présentées sur le terrain en position de faiblesse. Comme le Borussia Dortmund face à Hoffenheim en Bundesliga. Le matin de la rencontre, Lucien Favre se présente grippé face aux joueurs pour la théorie. Constatant qu’il est au pic de sa contagion, les médecins du club laissent le coach vaudois terminer sa séance avant de lui demander de rentrer chez lui. «Lulu» est en quelque sorte placé en quarantaine. Il n’est pas sur le banc l’après-midi. Il n’est pas au bord du terrain pour replacer ses joueurs, les observer de près et les encourager de plus près encore. Sans doute est-il en contact direct avec ses adjoints mais ce n’est pas pareil et son équipe, qui menait 3-0 à la 75e, termine sur un match nul (3-3)…de malade.

Créé: 22.02.2019, 11h21

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