Servette relance la machine, mais le moteur ne ronronne pas encore

FootballFace à un Vaduz vite réduit à dix, puis à neuf, les Grenat assurent l’essentiel. Reprise réussie. Mais Geiger attend mieux. Il a raison.

Stevanovic a servi Duah: le 2-0 n’est tombé qu’à la 85e, face à un Vaduz réduit à neuf.

Stevanovic a servi Duah: le 2-0 n’est tombé qu’à la 85e, face à un Vaduz réduit à neuf.

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Vertu de l’insatisfaction: ne jamais se contenter d’un acquis, d’une réussite, demeurer conscient de la fragilité d’une situation par-delà le contentement passager qu’elle procure. L’état d’insatisfaction, c’est très exactement le sentiment qui doit habiter le Servette FC dans les semaines et les mois à venir. Au lendemain d’un succès contre Vaduz qui replace les Grenat sur les bases de leur fin d’année 2018, il est des vérités qui dépassent le simple plan comptable et Alain Geiger ne s’y est pas trompé.

Le succès 2-0 est une chose. Les circonstances et la manière en sont une autre. Servette a d’abord profité à la 20e minute d’une expulsion sévère du portier Hirzel pour une faute de dernier recours hors de sa surface alors que Kone l’avait devancé (main ou pas?). La double peine version Anthony Sauthier: le capitaine plaçait un magistral coup franc dans la lucarne d’Ospelt, qui venait d’entrer. Il aura ensuite fallu attendre la 85e minute, quand Vaduz jouait alors à neuf depuis dix minutes (Sülüngöz ayant rejoint Hirzel au vestiaire pour une nouvelle faute de dernier recours sur Kone), pour que les Grenat s’offrent enfin le but de la sécurité.

Entre deux? Encore bien des approximations, qu’il faut sans doute mettre sur le compte de la reprise, mais qui laissaient Servette encore loin de ses performances collectives de la fin d’année passée.

Le manque de rythme

C’est sur le plan du rythme et de l’intensité que les Grenat n’y étaient pas vraiment. Ou alors pas avec la même assurance qui les portait avant la trêve. C’est Wüthrich qui ne trouve pas les décalages parce qu’il y a peu de mouvement; c’est Stevanovic qui se complique la tâche et qui ne virevolte pas sur son flanc droit, qui décroche d’ailleurs souvent; c’est Maccoppi (préféré à Cespedes) qui touche beaucoup de ballons sans casser les lignes; c’est Rouiller pas aussi impérial qu’à l’habitude; c’est Mfuyi, remplaçant d’un Routis blessé, qui cherche ses repères; c’est Schalk très brouillon ou encore Cognat pas assez percutant sur la gauche, au début.

Une multitude de détails qui n’ont pas empêché Servette de dominer un Vaduz très défensif (5-3-2 au début), mais jamais dangereux si ce n’est quand Servette lui a offert des cadeaux (Rouiller à la 18e, merci Frick, Mfuyi en fin de match).

C’est aussi la vertu de l’insatisfaction que d’en vouloir toujours plus, pour progresser. Dans l’inconscient collectif grenat, il y avait sans doute cette idée que la dynamique qui portait le groupe pousserait encore les Servettiens dès la reprise. En un sens, ce fut le cas, la victoire est là pour le démontrer. Mais ils auraient tort de se contenter d’une performance qui manque encore de liant.

L’avantage psychologique

Rien de grave dans le fond. Mieux: avec ce succès, les Grenat ont désormais 10 points d’avance sur Lausanne, au repos en raison d’une Pontaise enneigée. L’avantage psychologique est là, les Vaudois, à la vue du classement, savent qu’ils n’ont pas le droit à l’erreur, y compris avec un match en retard.

Pour le reste, Geiger a profité de l’occasion pour lancer sa nouvelle recrue, Dennis Iapichino. Il offre une solution de rechange intéressante sur la gauche. Surtout, il permet un 4-4-2 à plat ou un 4-2-3-1 qui laissera dans les deux cas Cognat à son poste de prédilection, dans l’axe au milieu. Une piste explorée par l’entraîneur quand Servette perdait le fil du match vers la 60e.

«On avait la possibilité de faire bien mieux, dira Geiger. On manquait de rythme dans le jeu de transition, c’était trop lent. On va en parler.» L’insatisfaction, comme une exigence.


Cognat s’adapte

L’infatigable Timothé Cognat est essentiel au milieu de terrain grenat. La question, c’est de savoir où précisément. Il a souvent évolué sur la gauche l’automne passé, Geiger cherchant à cet endroit la même percussion que sur la droite avec Stevanovic. Sans perdre en replacement défensif. Une solution qui a fonctionné, mais le Français est davantage un No 8 axial, percutant. «C’est là où je suis le plus à l’aise, oui, mais je m’adapte si je suis sur la gauche», explique-t-il. Axial, Cognat peut être cette première projection vers l’avant, en direction de Wüthrich (dans un 4-2-3-1) ou en percussion pour créer le surnombre. C’est un peu ce qui a manqué samedi soir contre un Vaduz regroupé en défense. «Il nous a manqué sans doute du rythme, c’est vrai, admettait-il. Mais les trois points sont là et c’était important de recommencer avec une victoire en 2019. Nous, nous ne regardons pas derrière, nous avançons, c’est tout.» Servette a le potentiel au service de ses ambitions. (nxp)

Créé: 03.02.2019, 16h01

Servette - Vaduz2-0 (1-0)

Stade de Genève, 2076 spectateurs.
Arbitre: M. Fähndrich.
Buts: 23e Sauthier 1-0; 85e Duah 2-0.
Servette:Frick; Sauthier, Mfuyi, Rouiller, Séverin; Maccoppi (67e Imeri); Stevanovic, Wüthrich (65e Iapichino), Cognat (84e Duah); Kone, Schalk (79e Alphonse).
Vaduz: Hirzel; Sülüngöz, Wieser, Göppel; Von Niederhäusern, Muntwiler (70e Tadic), Gajic, Prokopic, Antoniazzi (70e Dossou); Sutter (23e Ospelt), Coulibaly (77e Puljic).
Avertissements: 20e Puljic (réclamations depuis le banc), 50e Von Niederhäusern (jeu dur), 62e Sauthier (antijeu).
Expulsions: 20e Hirzel (main de dernier recours hors de sa surface), 75e Sülüngöz (faute de dernier recours).
Notes: Servette sans Routis, Lang et Busset, blessés. Et sans Sarr (étranger surnuméraire).

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