Sébastien Steigmeier décortique un ogre

Volley-ballAvant la venue d’Amriswil, samedi à Sous-Moulin (18 h), le jeune retraité genevois évoque l’hégémonie de son dernier club. Et croit tout de même en Chênois!

Avec Amriswil, Sébastien Steigmeier a tout gagné.

Avec Amriswil, Sébastien Steigmeier a tout gagné. Image: Keystone

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Samedi, Amriswil déboulera en force à Sous-Moulin (18 h). Invaincu, le leader du championnat n’a lâché que trois sets en huit matches et il vient de balayer Groningen en Coupe d’Europe CEV. Attention les dégâts! «Oui, c’est du costaud. Je pense toutefois que Chênois a les moyens de lui donner du fil à retordre. Ici, on a souvent eu du mal…» affirme Sébastien Steigmeier.

Le Genevois parle en connaissance de cause. S’il a fait ses classes sur le parquet de Thônex, c’est à l’autre bout de la Suisse qu’il a cassé la baraque. Pour lui, Amriswil est un modèle de réussite sportive et économique. Interlocuteur très avisé, il n’est pourtant plus dans le coup. À 26 ans, le «pointu» genevois, à qui on promettait une belle carrière internationale, s’est retiré du jeu pour entrer à l’école de police. «Je signe mon contrat ce vendredi», se réjouit-il.

D’Amriswil, où il a passé trois saisons, «Steig» ne garde que de bons souvenirs. Avec le club thurgovien, il a presque tout gagné, sauf le dernier titre, chipé par le LUC. «Dommage, une cascade de blessures a coupé net l’élan de l’équipe au moment des play-off. Mais je pense que c’est surtout Chênois qui a raté le coche. Selon moi, il avait tout pour décrocher la timbale.» On sent son cœur qui balance. À qui iront ses préférences samedi? «Au jeu, ça peut être une belle bataille», répond-il sans se mouiller.

Pour l’ancien international, l’hégémonie d’Amriswil tient autant à sa stratégie d’entreprise qu’à sa nature humaniste. À l’entendre, c’est en dorlotant ses joueurs que le club en a fait des guerriers! «Là-bas, le volley est au centre de tout. Les joueurs sont tous pros, ils peuvent s’y consacrer pleinement. Pour eux, les bénévoles sont aux petits soins, les conditions de vie excellentes et les salaires ponctuels. Forcément, de tels avantages attirent les meilleurs, à commencer par les Suisses…»

Cette saison, malgré la retraite de «Steig», Amriswil a bétonné son effectif en s’appuyant sur ses tauliers – le passeur canadien Howatson, le libero français Clément, le MVP suisse Djokic et le capitaine Ljubicic, fidèle au club depuis sept ans. Et, bonne pioche, il a engagé quatre nouveaux mercenaires étrangers, dont l’oppo autrichien Thomas Zass, le meilleur joueur de LNA selon l’ancien titulaire du poste. Pour cette équipe de haute volée, la stabilité reste un maître mot, même si elle a aussi changé d’entraîneur en enrôlant le Néerlandais Thomas Klok, un ancien grand joueur. «Il y a là-bas une véritable culture de la gagne. Mentalement, l’équipe est programmée pour vaincre. Tout le contraire de Chênois, plutôt habitué ces dernières saisons à perdre…»

Bien sûr, avec un budget estimé à un million de francs (trois à quatre fois supérieur à celui de Chênois), on ne fait pas dans la bricole. «Mais l’argent ne tombe pas du ciel, souligne Sébastien Steigmeier. Les dirigeants draguent les sponsors loin à la ronde. Les résultats de l’équipe et son exposition médiatique sont ses meilleurs arguments de vente.» Ambitieux, Amriswil investit aussi dans une «talent school» qui tarde à révéler une vraie relève locale. «Par boutade, on dit qu’Amriswil a une école mais pas de talents», sourit Steig. Si c’est son seul défaut… (TDG)

Créé: 05.12.2018, 18h31

Futur policier droit dans ses bottes

Sébastien Steigmeier a disputé le dernier match de sa carrière il y a huit mois. Un clap de fin symbolique, une victoire 3-2 en petite finale des play-off contre… Chênois. Depuis, aucun regret n’a remis en cause sa décision. «C’était un choix de vie mûrement réfléchi», affirme l’aspirant policier. Amriswil espérait prolonger son contrat, des clubs européens lui avaient fait des avances, Chênois rêvait de le rappeler à Sous-Moulin. Et pourtant, le Genevois est resté droit dans ses bottes. «C’est sûr qu’il aurait été plus simple de rester volleyeur. Pour intégrer l’école de police, le processus de recrutement a démarré en mars et j’ai passé mon dernier test physique en novembre», sourit-il. Le volleyball ne lui manque-t-il pas? «Je le pratique différemment, en entraînant l’équipe féminine U17 à Versoix. Je dois bien ça au PEPS, mon club formateur, et à Pierrot Belardi, mon premier entraîneur il y a dix-neuf ans. J’apporte mon expérience, c’est une autre satisfaction.» Et l’adrénaline de la compétition? «Je la retrouve un peu à l’aéroport, où je travaille comme agent de sécurité avant de commencer l’école de police en avril. Mais non, je plaisante!» P. B.

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