Les schémas se précisent, Servette sait où il veut aller

FootballLes Grenat frôlent le meilleur et évitent le pire contre Sion. Un joli derby, avec de nombreux enseignements, malgré le 0-0.

Le public comme l'équipe ont répondu présent pour ce premier match à domicile en Super League de la saison.

Le public comme l'équipe ont répondu présent pour ce premier match à domicile en Super League de la saison.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Aux points, on méritait de gagner. Mais dans le foot, c’est avec des buts qu’on s’impose.» Quelques instants seulement après un Servette-Sion qui n’a laissé personne dans les cordes (0-0), Alain Geiger boxait une punch line qui faisait mouche. Une poignée de secondes plus tôt, Christian Constantin s’était engouffré dans le vestiaire valaisan l’œil noir, visiblement contrarié. Sans doute ruminait-il davantage la prestation globale des siens que cette ultime occasion de Lenjani qui aurait offert la victoire aux Sédunois si Frick n’avait pas joué les sauveurs. La vérité est là, diffuse mais présente: entre le néopromu grenat et ce FC Sion richement doté de grandes ambitions, le plus rassuré en ce début de saison n’est pas celui qu’on croit.

Ne pas s’emballer

Entre les promesses de Berne (1-1 contre YB) et le sérieux de la performance du Stade de Genève, samedi soir, les assurances de Servette grandissent presque plus vite que prévu. Les Genevois ne doivent pas s’emballer: le groupe est resté stable, les certitudes dans le jeu, issues d’une promotion sans accroc, conduisent toujours l’équipe, ce terreau-là supposait bien que les Grenat ne seraient pas perdus à l’échelon supérieur, là ou tant YB que Sion cherchent encore des automatismes. Mais enfin, si ce n’est pas totalement une surprise, la belle confiance dont fait preuve le contingent de Geiger ouvre des perspectives.

Il était question de l’adaptation au rythme de la Super League. Servette répond présent. Et pas n’importe comment: en modulant ses schémas, preuve qu’il sait réagir. Contre YB, le 4-2-3-1 densifiait l’axe au milieu, les espaces laissés par des Bernois portés vers l’avant ouvraient des possibilités de transitions à Cognat, qui se projetait vers l’avant avec le bonheur que l’on sait. Face à Sion, ce même 4-2-3-1, plus rigide, servait à prendre la mesure de Valaisans très regroupés en défense avec le 5-2-3 d’Henchoz. Pas question de se jeter dans la gueule du loup: Sion aime contrer, il fallait un Cognat bien positionné près d’Ondoua, en première période.

Le problème, samedi, c’était Tasar. Brillant à Berne, en délicatesse à la Praille (offensivement et défensivement), le transfuge d’Aarau est passé à côté de son match. Pas grave, il a le potentiel pour trouver ses repères. Mais Geiger a rapidement réagi. L’entraîneur des Grenat est dans l’action, pas dans la passivité. Face au bloc défensif bas des Sédunois qui le lui permettait, il a repositionné les siens en 4-1-3-2 après la pause. «C’est par le jeu que nous gagnerons des matches, relevait Koro Kone, heureux de voir Tasar se hisser à sa hauteur en seconde période. Le coach a pris la bonne décision.» Elle a coïncidé avec les meilleurs moments de Servette. Deux poteaux qui auraient pu faire basculer la partie (une tête de Rouiller et une frappe de Schalk), une domination nette. Et son corollaire: cette prise de risque qui isole un seul No 6 (Ondoua d’abord, sorti sur blessure à la cheville, puis Cespedes) induit des contres plus «faciles» pour qui joue comme Sion.

Un attaquant en vue

Servette a failli tout perdre à la 94e minute quand Fortune a filé pour décaler Lenjani: Frick a joué les sauveurs, admirable. Mais les Grenat ne s’y sont pas trompés: ils ont plus sûrement frôlé la victoire que risqué la défaite et c’est bien cette certitude qui doit les guider. Geiger et ses joueurs savent où

ils vont, c’est leur meilleur enseignement après deux journées seulement.

Cette ambition de jeu, qui se dessine comme une philosophie, suppose encore des améliorations. Ondoua, à la peine dans la lecture du jeu jusqu’à sa blessure (58e), doit encore progresser. Le flanc gauche doit trouver plus d’assurances. Et si Servette savait tirer profit de sa domination en Challenge League, il sait déjà qu’il aura moins d’occasions dans l’élite et qu’il faudra se donner toutes les chances d’être efficace. Kone a beaucoup bossé, il est précieux, il ne pourra pas toujours, seul, faire le boulot devant. C’est pour cela que Geiger veut un renfort offensif.

Selon nos informations, un attaquant serait dans le «pipeline», en provenance d’un club français de L1 et en prêt (Monaco? Rennes?). La preuve que la direction est attentive et réactive elle aussi, le chef du recrutement, Gérard Bonneau, est justement sur le dossier.


Le derby vu des deux cages

La maman de Jeremy Frick, le portier du Stade de Genève, est née à Zermatt, origine valaisanne contrôlée. Kevin Fickentscher, préféré par Stéphane Henchoz au Russe Anton Mitryushkin, a vu le jour à Nyon; ses premiers souvenirs de football devaient donc être teintés de grenat… Si les choses semblent claires – mais attention, rien n’est jamais acquis! – dans l’esprit d’Alain Geiger à propos de son numéro 1, la situation est plus complexe à Tourbillon, où Henchoz a d’abord joué la carte Mitryushkin, avant qu’une bourde et un match moyen ne coûtent sa place au jeune Russe. Résultat final: 0-0, les deux hommes ont donc fait le travail. Jeremy Frick a été moins mis à contribution que son vis-à-vis, mais il a réussi deux interventions décisives. La première à la 58e, lorsqu’il a plongé dans les jambes de Lenjani, et la seconde, qui a permis à Servette de marquer ce point supplémentaire, dans les ultimes secondes des arrêts de jeu, lorsqu’il a fait barrage de son corps face au même Lenjani. Le Nyonnais de Sion, Kevin Fickentscher, a eu plus à faire, parce que Servette a plus attaqué. Deux fois, il a été sauvé par l’un de ses montants. À la 68e, après avoir rebondi sur le bois, le ballon est revenu comme par miracle dans ses bras et à la 76e, Fickentscher n’a été qu’un spectateur soulagé quand il a vu l’envoi de Schalk s’écraser sur la base d’un poteau. Auparavant, il y avait eu manchette, puis réflexe (16e, face à Wüthrich), avant deux très bonnes sorties sur Kone, puis Cognat. 0-0, le derby a aussi été celui des gardiens. Jean-Claude Schertenleib

La tournée du «patron» Rouiller

Il y avait, pour lui aussi, un goût particulier à ce derby: Steve Rouiller, Valaisan d’origine, avec un passé au FC Sion, rayonne aujourd’hui au cœur de la défense servettienne: «Quand on ne prend pas de buts, c’est qu’on a fait le travail», sourit le No 4. «Nous avons de plus en plus d’automatismes avec Sasso, qui est très à l’aise; on s’entend bien, ce qui est essentiel à ce poste. La force de cette équipe, c’est sa stabilité, cette volonté du directoire de ne pas vouloir tout chambouler. Corollaire, l’intégration des quelques nouveaux se fait naturellement», reprend Rouiller. Dont le tir de la 68e minute, à quelques centimètres près… «Bien sûr qu’il restera toujours quelques regrets, parce que nous avons eu des occasions. Mais je crois que l’on peut être satisfait de ce match. On a montré des choses intéressantes et chacun peut, doit encore s’améliorer.» Si c’est le «patron» qui le dit. J.-C. S.

Créé: 28.07.2019, 19h48

Servette- Sion 0-0

Stade de Genève, 11 142 spectateurs.
Arbitre: M. Tschudi.
Servette: Frick; Sauthier, Rouiller, Sasso, Gonçalves; Ondoua (58e Cespedes), Cognat (82e Imeri); Stevanovic, Wüthrich, Tasar
(64e Schalk); Kone.
Sion: Fickentscher; Maceiras, Kouassi, Ndoye, Abdellaoui, Lenjani; Behrami, Zock; Itaitinga (64e Luan, 84e Kasami), Toma (72e Grgic), Fortune.
Avertissements: 33e Cognat (jeu dur), 62e Toma (simulation), 89e Kouassi (jeu dur), 91e Fortune
(jeu dur).

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.