Les Roura, père et fils, se lancent à l’assaut des flots de l’Atlantique

VoileAlan embarque Georges, son papa, dans l’aventure de la Transat Jacques Vabre. Départ en novembre.

Georges et Alan Roura feront la paire à bord d’«Exocet» lors de la prochaine Transat Jacques Vabre.

Georges et Alan Roura feront la paire à bord d’«Exocet» lors de la prochaine Transat Jacques Vabre. Image: DR

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Il fallait bien qu’il paie l’addition. Quand on embarque sa famille pour une virée autour du globe, c’est rarement sans conséquence heureuse. Georges, ferblantier de métier, marin amateur éclairé, a lâché les amarres, un jour. Emmenant avec lui son plus jeune fils. Alan, capitaine un jour, pirate toujours, a grandi sur la Ludmila. «Nul doute que cette expérience lui a donné ce sens marin qui est évident lorsqu’on le voit sur un bateau aujourd’hui.»

Rassemblée durant une dizaine de jours dans le chalet familial, à Versoix, la famille Roura prépare la saison d’Alan. Une saison qui doit lui faire oublier une année 2014 qui s’est achevée dans la douleur d’une Route du Rhum beaucoup trop courte. «L’échec à Saint-Malo a été difficile à surmonter, dit le jeune homme. Je voulais absolument traverser, je suis à peine parti.»

Mettre la main à la coque

La faute à ce bateau, Exocet, qui s’est fissuré un peu partout. Il lui en a voulu, un peu. Et Alan Roura s’est ensuite remis au boulot. Trois mois de chantier cet hiver. La bête est désossée, auscultée, colmatée, bichonnée. Lors de ses longs week-ends, Georges «monte» à Lorient pour mettre la main à la coque.

C’est sans doute lors de ces moments-là que l’idée germe. Elle mûrit dans le coin de la tête des deux baroudeurs. Et au début du mois de février, l’évidence jaillit. Ils la feront ensemble cette Transat Jacques Vabre, la seule classique de la saison au programme. Ça tombe bien, elle se court en double du Havre à Itajaj, au Brésil.

«Pour moi, ce sera une première et je n’imaginais pas un baptême à 52 ans, se marre Georges. J’ai déjà régaté, j’ai déjà traversé des océans, mais là, ce sera différent. Je compte bien être à la hauteur. Mon rôle? Je m’occuperai de la «bouffe» et Alan fera le reste. Non, plus sérieusement, je ferai une vraie préparation cet été et nous allons naviguer au maximum. Il connaît le bateau, moi pas. Nous allons former un beau duo père-fils, c’est sûr. Mais nous serons surtout complémentaires puisque notre binôme sera composé d’un skipper et d’un marin.»

Cette Transat Jacques Vabre ne sera pas un remake de la traversée du Pacifique qu’ils avaient faite à l’époque de la Ludmila. «Nous étions partis sans pilote automatique, rappelle Alan. On s’était relayé à la barre pendant plus de vingt jours. De cette aventure nous gardons la certitude quant à notre capacité à bien gérer le sommeil. Mais cette fois, nous serons en mode 100% course. Et, réparé et éprouvé ce printemps, mon bateau a démontré un beau potentiel que nous comptons bien exploiter.»

Recherche de sponsors

Pour l’exploiter au mieux, le cœur et l’esprit légers, Alan et Georges cherchent des sponsors pour habiller le bateau. Sollicité, le Canton de Genève n’a pas été séduit par le projet des Versoisiens. Espérons que d’autres instances seront plus réceptives ou tout du moins attentives. Et qu’elles ne répondront pas dans un courrier édifiant qu’elles regrettent de ne pas accompagner Alan pour sa Route du Rhum (sic!) 2015.

Georges préfère en sourire. «On a bossé dur cet hiver. Quoi qu’il arrive, nous courrons sur nos fonds propres. Mais il est important d’avoir des partenaires.» Pour alléger l’addition qui se monte à 40 000 euros, c’est mieux… (TDG)

Créé: 02.07.2015, 21h15

Pas de Vendée Globe, pour le moment

Rêve repoussé Depuis qu’il s’est pris d’amour pour la course au large, Alan Roura a un rêve: être au départ du Vendée Globe. Il espérait être de la partie lors de la prochaine édition. Mais, faute de temps et de moyens, il y a déjà renoncé. «Pour le moment, dit-il. Cette course mythique reste mon objectif à moyen et long terme. En attendant, il y a de belles choses à faire en Classe 40 avec Exocet.»

Transat Jacques Vabre C’est une épreuve qui se classe en deuxième rideau en termes de renommée et d’importance. Loin derrière un Vendée Globe ou une Route du Rhum. Toutefois, accrocher cette course en double à son palmarès reste un must. Le 25 octobre, quatre?catégories de bateaux s’élanceront en direction d’Itajaj, au Brésil. On y découvrira les nouveaux maxi-multicoques et les derniers 60 pieds dotés de foils.

La classe qui monte Les monocoques de 40 pieds (12,18m) ont le vent en poupe. Ils seront les plus nombreux au départ du Havre (ils étaient 26 en 2013). Après une formation en Mini, le Classe 40 est l’étape idéale qui mène ensuite aux 60 pieds Imoca, les fameux bateaux du Vendée Globe. Avec ses règles de jauge relativement strictes, la Classe 40 parvient à limiter les budgets. G.SZ

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