Raphaël Nuzzolo et Julien Sprunger ont un autre but en tête

Football/hockeyÀ l’arrêt, les buteurs de Xamax et de Gottéron ne sont pas en manque de goals. Ces temps, il y a plus important pour eux.

Raphaël Nuzzolo va droit au but. Ces temps, l'important n'est pas de faire tremblee les filets mais de gagner le match contre le coronavirus.

Raphaël Nuzzolo va droit au but. Ces temps, l'important n'est pas de faire tremblee les filets mais de gagner le match contre le coronavirus. Image: Olivier Allenspach

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Bien sûr, la question est futile et Raphaël Nuzzolo tout comme Julien Sprunger pourraient la botter en touche. Alors que le monde du sport est à l’arrêt, le buteur qui sommeille en eux ne se retrouve-t-il pas en panne d’émotions et de sensations fortes? Plus aucune cage à forcer, plus aucun gardien à mystifier, plus aucun bras à lever, plus aucune foule à soulever. Les stades ont fermé boutique et les filets ne tremblent plus. «Franchement, dans cette situation de crise sanitaire majeure, la priorité est ailleurs», réagit l’attaquant de Neuchâtel Xamax. «Croyez-moi, cette question ne m’a vraiment pas traversé l’esprit. J’ai bien d’autres préoccupations en tête», sourcille la fine gâchette de Fribourg Gottéron. Non, les goals ne taraudent pas l’ego du footballeur et du hockeyeur romands.

Depuis quelques semaines, leur vie est devenue une autre vie, confinée, réduite à l’essentiel. Ils la vivent au plus près de leur famille, très loin de la surface de réparation ou du slot, leur habituel terrain de chasse, là où les guide leur instinct, là où l’obsession du but gouverne leurs actions. Le footballeur neuchâtelois a mis son compteur en mode pause et il ne se soucie guère de savoir s’il pourra encore nettoyer la lucarne ce printemps. Ou alors oui, «parce que rejouer, ça voudrait dire que le monde va mieux, qu’il a gagné son match contre le coronavirus», confie-t-il.

Pour Julien Sprunger, tout s’est arrêté d’un coup, aux portes des play-off, dans un silence de cathédrale. Fin de saison à huis clos. Cela fait déjà plus de cinq semaines et un match contre Rapperswil qu’il n’a plus allumé la petite lumière rouge. Et alors! C’est au cœur de l’hiver, bredouille durant treize parties, que le Fribourgeois avait clamé sa frustration. Le buteur en avait marre. Mais là il éprouve d’autres sentiments, poursuit un autre but. Protecteur, il s’occupe de ses enfants, joue au maître d’école avec le plus grand. «Par rapport à d’autres, qui doivent continuer de bosser et qui prennent le risque de s’exposer, j’ai de la chance», reconnaît-il. Et le hockey dans tout cela? «Ce qui me manque, c’est l’effort, la compagnie de mes coéquipiers», répond-il.

Du côté de la Maladière, Raphaël Nuzzolo a lui aussi la nostalgie du vestiaire, des discussions entre potes. Non, il ne joue pas au baby-foot pour soigner son sens du but. Ni à la PlayStation, comme d’autres footeux désœuvrés qui se défient en tournoi. «Je profite de cette pause forcée pour me reposer, pour me soucier de mes proches et prendre du recul. Et si cette crise nous permettait de réfléchir à un monde différent, à une société meilleure, plus solidaire, où le résultat et la victoire ne s’obtiennent pas à la vie à la mort», dit-il.

Le sage à crampons a 36 ans. Il ne sait pas encore s’il vit une étrange fin de carrière, sans le goût inoubliable d’un dernier but jubilatoire. «Je prendrai la décision en avril, mais la situation actuelle va peut-être changer la donne, confie-t-il. Un jour, Alexandre Rey m’a dit qu’avant de m’arrêter il faudrait que je profite de mes derniers ballons qui giclent au fond des filets. Ils déclenchent, paraît-il, un bruit, une explosion particulière, une intensité unique.» Raphaël Nuzzolo a encore envie de jouer. Après, quand le monde ira mieux.

Créé: 23.03.2020, 21h45

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