Il n’y a pas de place pour le hasard, les marins intelligents se protègent

Voile – Red Bull Youth America’s Cup Le Team Tilt, en lice en finale mardi et mercredi, dévoile le dispositif de sécurité mis en place.

Avant de monter sur un AC45, Jocelyn Keller et les marins de Tilt doivent enfiler un équipement complet pour naviguer en toute sécurité. Couteau, bonbonne d’oxygène, gilet renforcé et casque font désormais partie de l’attirail du marin moderne.

Avant de monter sur un AC45, Jocelyn Keller et les marins de Tilt doivent enfiler un équipement complet pour naviguer en toute sécurité. Couteau, bonbonne d’oxygène, gilet renforcé et casque font désormais partie de l’attirail du marin moderne. Image: JEAN-GUY PYTHON

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Il a commencé à naviguer à huit ans. Il avait un short, un gilet, des tongs et déjà le sourire. Au large de Lutry, il n’imaginait pas qu’un jour il serait harnaché comme un policier anti-émeutes sur un plan d’eau des Bermudes. Toujours avec le sourire. «La voile a tellement évolué depuis mes débuts. On ne peut plus s’engager à la légère au niveau de la sécurité.» Equipier sur Team Tilt, Jocelyn Keller a vu les choses changer. «On se souvient du drame qui avait frappé Artemis lors d’un entraînement de la Coupe de l’America de 2013 (ndlr: Andrew Simpson, un équipier, était mort noyé, coincé sur le filet après un chavirage). Au sein de notre équipe, la sécurité est la priorité absolue. Alex Schneiter insiste énormément sur le sujet.»

Un médecin sur l’eau

Le Vaudois en est à sa deuxième Red Bull Youth Cup. Et pour l’instant, tout se passe bien tant pour lui que pour toutes ces équipes de jeunes qui en décousent lors de régates en flotte. «Les organisateurs ont pris des mesures, dit-il. Sur le plan d’eau, un Zodiac embarque une unité médicale mobile et peut se rendre sur le lieu d’un éventuel accident très rapidement. Il y a un médecin à bord. Il est également exigé de chacun des marins qu’il ait suivi une formation de premier secours. Et au début de l’année, nous avons effectué un stage de sécurité à Oman. Nous étions en piscine pour apprendre à utiliser la bonbonne d’oxygène ainsi que la communication sous l’eau, comme le font les plongeurs.»

Sur le dock de la Red Bull Youth America’s Cup, à la veille du début des finales, Jocelyn Keller nous détaille l’équipement que chaque marin espère n’avoir jamais à utiliser. Cela commence par des chaussures avec semelles antidérapantes. Le pantalon est renforcé aux genoux. Le gilet, lui, a des aspects de bouclier une fois enfilé. Sur le dos de la chasuble, le nom du marin est inscrit. Pour des questions de lisibilité lors des retransmissions télévisées. Mais aussi pour identifier rapidement un éventuel naufragé. «La chose a éviter absolument, c’est de tomber du bateau, dit Jocelyn Keller. Une fois dans l’eau, c’est là que nous sommes le plus vulnérable. Et en plus du danger, cela signifie la disqualification de l’équipe.»

Un autre accident illustre les propos du sympathique navigateur vaudois. Ce sont les mésaventures de Franck Cammas, qui ont elles aussi marqué le milieu. Le barreur du Défi français avait glissé de Groupama lors d’un entraînement. Il avait subi une profonde coupure et une double fracture tibia-péroné, en heurtant l’un des safrans. «Ces appendices sont le vrai danger», confirme le jeune marin de Lutry.

Descente brutale

Pour l’instant, il n’y a pas vraiment de solution miracle qui existe. En revanche, depuis la mort d’Andrew Simpson, plus personne n’embarque sur un catamaran volant sans un couteau et une bonbonne d’oxygène. «La lame, c’est pour pouvoir se dégager du filet du trampoline. Et l’oxygène, c’est pour avoir le temps de le faire en attendant les secours.»

Depuis qu’il a pris son envol, Jocelyn Keller n’a jamais connu de grave souci. «Je n’ai jamais chaviré, sourit-il. On s’est déjà fait des frayeurs, notamment au lac de Garde sur notre GC32. L’autre vrai danger avec ces bateaux qui volent, c’est lorsqu’ils redescendent d’un coup. L’arrêt peut être brutal et on est parfois projeté à l’autre bout du bateau. C’est bien sûr pour ça que le port du casque est obligatoire. J’ai eu droit à quelques jolis bleus jusqu’à présent. Mais rien de plus. Les collisions entre bateaux sont rares. Les équipages maîtrisent bien ces engins et se respectent. Quant à nous, nous savons que nous avons tous une responsabilité vis-à-vis de chacun de nos coéquipiers. La confiance est la base de la sécurité.»

Pour que la voile reste un plaisir. Comme au bon vieux temps de l’Optimist.


Team Tilt prêt pour la lutte finale

Le moment de vérité Le projet de Team Tilt pour participer à la Red Bull Youth America’s Cup a pris corps il y a trois ans. Il s’est accéléré depuis un an et demi. Il s’est concentré depuis un mois aux Bermudes. Après des qualifications compliquées, les sept marins suisses de moins de 24 ans sont prêts pour la lutte finale.

L’adversité La Youth, c’est une compétition qui regroupe les meilleurs jeunes de la plupart des meilleures nations de la voile mondiale. Suède, Suisse, France, Nouvelle-Zélande, Bermudes, Allemagne, Espagne et Angleterre: impossible d’établir une hiérarchie claire. «Six des huit équipes peuvent gagner, selon Tanguy Cariou», directeur sportif de Tilt. Parmi lesquelles la Suisse, bien sûr.

Le format Mardi et mercredi, les équipes disputent trois régates par jour entre 14 h et 16 h.

Suivre en live Les courses sont retransmises et commentées en live sur www.redbull.tv G.SZ

(TDG)

Créé: 19.06.2017, 22h24

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.