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La pelouse du Stade de France serait-elle en train de mourir?

Il y a des drôles de traces sur le terrain où s’est déroulé le match d’ouverture. Pierre-Yves Bovigny parle des surfaces de l’Euro.

La luminothérapie – des rampes lumineuses qui se déplacent – permet d’éclairer les pelouses 24h sur 24 comme si elles étaient en plein soleil.
La luminothérapie – des rampes lumineuses qui se déplacent – permet d’éclairer les pelouses 24h sur 24 comme si elles étaient en plein soleil.
AFP

La pelouse du Stade de France, qui accueillera aussi la finale le 10 juillet, est-elle pourrie? Comme constaté lors du match d’ouverture, ainsi que le révélait L’Equipe sur son site, il y a en effet de curieuses bandes de couleur plus claire que le vert pelouse, perpendiculaire aux lignes de touche. Comme l’a dit un jour Raymond Devos, «un jardinier qui sabote une pelouse n’est rien d’autre qu’un assassin en herbe!» Selon plusieurs sources, ces bandes jaunâtres résulteraient d’une erreur technique du «greenkeeper», après le France - Angleterre de rugby du 19 mars! Il se serait trompé dans le mélange du produit utilisé pour enlever le marquage des lignes à la fin du Tournoi des Six Nations. «Heureusement, les racines n’ont pas été brûlées et l’amélioration des conditions météo depuis le début du mois de juin a favorisé la régénération», soupire une personne proche de l’organisation.

Recruté en Angleterre, où il y a des écoles de «greenkeepers», James Calderwood est pourtant un jardinier professionnel réputé dans le milieu, qui prend soin de sa pelouse comme la prunelle de ses yeux. L’entretien annuel s’élève tout de même à 150 000 euros, soit deux fois plus qu’en Suisse, où c’est souvent le concierge qui s’en occupe, mais une peccadille par rapport à l’Angleterre (un million de livres à Arsenal). Un beau billard a un coût!

«Tout le monde sait faire une bonne pelouse, après, la garder en bon état, c’est autre chose», remarque Pierre-Yves Bovigny, 52 ans, qui forme des spécialistes en gazon de sport depuis 2002. «Il y a mille analyses par terrain, mille valeurs pour comprendre», explique ce professeur à l’Hepia (Haute école du paysage d’ingénierie et d’architecture de Genève) et responsable à l’ASF du contrôle des pelouses.

Lors de cet Euro, sept pelouses sur dix, dont le Stade de France, sont hybrides avec un renforcement synthétique. Les deux seuls qui ne le sont pas, Lille er Lens, ont un système de sable pur. Et Nice en roche volcanique. Il faut savoir qu’il n’y a plus un gramme de terre dans un stade de football moderne depuis près de quarante ans! «Pour éviter des problèmes de boue et d’arrachement du gazon», précise ce spécialiste genevois.

A l’Euro, on trouve un système de pelouse Air-Fibr: soit un mélange de sable extrêmement fin qui comprend 20 milliards de fibres 100 fois plus fines que des cheveux (comme de la ouate et des billes de liège pour créer de la souplesse). Les pelouses sont posées avec ce procédé français et le gazon ne s’arrache plus. Elles bénéficient de la luminothérapie – des rampes lumineuses qui se déplacent 24 h sur 24 – pour les éclairer avec des ampoules de 1000 watts comme si on était en plein soleil. Tous les stades de l’Euro sont chauffés par-dessus et au sol. Sauf à Nice.

A Marseille et à Lille, il y a un système de ventilation dans la pelouse: un jet d’oxygène dans le sol pour aérer le substrat, plus compact, et des ventilateurs à la surface de la pelouse tondue, comme toutes celles de l’Euro, à 24 mm, jusqu’à deux fois par jour. «Un terrain hybride reste naturel, rappelle Pierre-Yves Bovigny. Mais l’herbe peut tout de même mourir s’il n’y a pas une bonne lumière ou de mauvaises conditions.»

Comme au Stade de France?

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