Olivier Keller revient aux Vernets pour aider «son» club

Hockey sur glaceL’ancien joueur est nommé conseiller technique sportif de Ge/Servette. Il fera le lien entre Chris McSorley et la direction.

Olivier Keller retrouve une patinoire qu’il connaît bien. Et un entraîneur-manager avec qui il entretient de bons rapports.

Olivier Keller retrouve une patinoire qu’il connaît bien. Et un entraîneur-manager avec qui il entretient de bons rapports. Image: GEORGES CABRERA

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Ge/Servette qui étoffe sa direction. Il n’en faut pas plus pour raviver certaines craintes. Mais que les supporters des Aigles se rassurent, l’armée canadienne n’est pas de retour aux affaires… Le nouveau venu se nomme Olivier Keller et il débarque avec une seule idée en tête: «Aider le club de mes débuts, qui est à un tournant de son histoire.» Ouf! Car à Genève, on se souvient que la fin des années Quennec avait coïncidé avec la multiplication des postes. L’organigramme développé par Mike Gillis et consorts avait tout du casse-tête chinois. Les soirs de match, il fallait voir le surveillant du surveillant rendre des comptes à l’adjoint de l’adjoint lui-même soumis à l’influence d’un obscur conseiller en communication…

Le résultat de ce salmigondis avait rendu le club ingouvernable et creusé un véritable trou béant dans les caisses. Les dirigeants actuels ne le cachent plus: «À une semaine près, c’était la faillite.» Cette urgence aura au moins eu le mérite de provoquer le sauvetage du club par la Fondation 1890. De quoi donner un grand coup de balai et clarifier la situation.

Un grand coup de balai

Éviction du coach, Craig Woodcroft, et retour de Chris McSorley à la bande. Exit Lorne Henning, Mike Gillis et Peter Gall. Départ du directeur, Pierre-Alain Regali. Avec, en point d’orgue, la démission d’un président, Hugh Quennec, qui cristallisait – un peu facilement, il est vrai – toutes les rancœurs et les craintes. Ce serait simple désormais.

Un propriétaire (la Fondation 1890) qui rassure. Un nouveau conseil d’administration, composé de Laurent Strawson (président), Paul Neury et Jacques Apothéloz, qui déborde d’énergie. Un directeur général, Christophe Stucki, qui retrouve son bureau comme au bon vieux temps. Et un entraîneur et directeur sportif, Chris McSorley, sanctifié par une grosse partie du public. Un tableau idyllique. Sans taches.

Mais la reconstruction du club, la reconquête du public, tout cela ne se passe pas sans soucis. Après un été calme, le début de saison, à l’extérieur, est calamiteux. Dans les coulisses, ça cause. Trop, sans doute. Ge/Servette est devenu un club comme les autres, en proie aux humeurs les plus diverses. «Et si Jésus Chris, qui n’est plus intouchable, n’était pas le Messie?» entend-on avec insistance. Dans les journaux, ça cause, aussi. Trop? L’interview du président du CA Laurent Strawson, parue dans la «Tribune de Genève» le jour du match contre Ambri aux Vernets (le 3 novembre), fait du bruit et dérange. «C’est qui ce président qui met les joueurs et l’entraîneur face à leurs responsabilités?» C’est un avocat de la place, passionné de hockey depuis plus de trente ans, amateur éclairé, qui donne de son temps et de sa personne pour un club qu’il aime, parfois au-delà du raisonnable. Aujourd’hui encore, il assume son coup de gueule que d’aucuns considèrent comme une grosse maladresse.

C’est beaucoup pour éviter ce genre de couac qu’Olivier Keller a été engagé par le club. Avec l’ancien défenseur international, Chris McSorley a trouvé quelqu’un à qui parler. «Je serai le tampon entre Chris et le conseil d’administration», explique l’ancien défenseur international. «Je suis très heureux de sa venue», avoue pour sa part l’entraîneur, sans faux-semblants, apparemment. Pour un peu, il nous dirait que «Keller travaille dans les deux sens de la patinoire…»

Un interlocuteur de qualité

«Cette situation n’a absolument rien à voir avec celle que nous avons connue lors des deux dernières saisons, poursuit Chris McSorley. Avec «Oli», j’ai un interlocuteur de qualité qui connaît parfaitement la ligue et son fonctionnement. Il va nous rendre meilleur et permettre au conseil d’administration de se concentrer sur l’immense travail qui lui incombe hors de la glace.»

Fort de son passé et de son vécu en ligue nationale (plus de 1000 matches), fort de son expérience en tant qu’entrepreneur (il est actif dans l’hôtellerie), Olivier Keller doit permettre à Chris McSorley de rebondir. Il possède tous les atouts pour prouver par les actes qu’il peut être cet interlocuteur capable de dire oui. Ou non! «Que l’on ne se trompe pas, je ne viens pas pour surveiller Chris. Je viens parce que le club va au-devant de projets passionnants et que c’est une incroyable opportunité qui m’est offerte. J’ai été joueur, entraîneur, et j’ai maintenant la chance de participer à la direction du club de ma ville. Ça ne se refuse pas.»

Ce nouveau duo sera-t-il gagnant? «J’ai connu le Chris entraîneur lorsque j’étais joueur, dit Olivier Keller. Et je connais aussi l’autre Chris, le manager sportif. C’est totalement différent. Il y a une bonne entente entre nous et je suis convaincu qu’on fera du bon boulot pour le bien du club.»

Sur plan purement organisationnel, Chris McSorley reste le maître à bord. Mais le capitaine n’est plus seul. Il pourra même bénéficier des bonnes adresses d’Olivier Keller, qui jouit d’une belle crédibilité dans le milieu du hockey suisse. «Si je peux donner un coup de pouce pour faciliter l’arrivée d’un joueur, pourquoi pas? La plupart des agents, comme Gaëtan Voisard ou Sandro Bertaggia, sont soit des anciens adversaires ou d’anciens coéquipiers avec lesquels j’ai gardé de bonnes relations.»

En contact avec les agents

Voilà qui pourrait bien être utile alors que Ge/Servette peine de plus en plus à attirer des joueurs suisses confirmés évoluant dans notre championnat. Le dernier gros poisson pêché en Suisse étant Denis Hollenstein en 2013. «Mais c’est aussi parce qu’il y a un vrai projet avec la jeunesse, qui va encore prendre de l’ampleur, que j’ai envie de m’impliquer. Je sais ce que ce club représente pour les Genevois. Avec les dirigeants actuels, avec les propriétaires, avec les entraîneurs, il y a de quoi faire de grandes et belles choses. Moi, ce dont je rêve, c’est que grâce à Ge/Servette, des gamins d’ici puissent un jour faire des belles carrières, qu’ils jouent en NHL et qu’ils participent à des Mondiaux ou à des Jeux.»

Ge/Servette qui étoffe sa direction. Il n’en fallait pas plus pour vendre du rêve.

(nxp)

Créé: 11.01.2019, 12h45

L'avant match

Ge/Servette-Rapperswil, vendredi 19h45 aux Vernets

L’équipe Retour au jeu d’Arnaud Jacquemet. Touché au visage face à Lugano, le Valaisan ne souffre d’aucune fracture de la mâchoire. Bouma, Fransson, Martinsson, Douay (qui a été opéré avec succès), Simek et Antonietti sont blessés.
Peluches La venue de Rapperswil coïncide avec la traditionnelle soirée des peluches. Rappel: au premier but grenat, les spectateurs envoient sur la glace les doudous qui seront ensuite distribués aux enfants hospitalisés ainsi qu’à diverses associations. G.SZ

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